Cyclisme Sport en Nord

Graine de Pistard : de la passion et du talent

Hier après-midi, après une matinée dédiée à la catégorie master, la jeunesse a pris possession du vélodrome de Roubaix à l’occasion de la deuxième manche de Graine de Pistard. Cet évènement réparti sur 5 manches regroupe les différentes disciplines du cyclisme sur piste. Le but premier étant de détecter les talents de demain et d’après-demain afin de forger des futurs cyclistes professionnels.

Une découverte de la piste pour les minimes

Départ d’Axel Demandrille, jeune coureur d’Isbergues. Crédit photo: Hugo Saez

Si certains se spécialisent déjà sur l’anneau, les minimes le foulent à peine. Ils sont nouveaux dans cet univers particulier qu’est la piste. On entend le ronronnement des vélos sur les rouleaux d’échauffement, les informations du speaker résonnent sous le toit du vélodrome, les clés tintent au stand de réparation… Ils ne connaissent pas encore parfaitement les règles, ont du mal à rester entre les bonnes lignes et à rester vigilants tout au long de la course. Les tours sont très longs et l’acide lactique est rapidement ressenti : c’est pour eux une découverte. C’est notamment le cas d’Axel Demandrille, du club d’Isbergues. Son entraîneur Sébastien Sautejean nous explique : « Sur la première manche, ils ont pu découvrir la piste et en ont été très contents, ça les change de la route qu’ils pratiquent de mars à septembre. L’hiver ils peuvent découvrir autre chose. Ils ne sont pas encore sur des circuits de cyclo-cross ou de vtt. »

Avec un peu plus d’expérience: les cadets et cadettes

Cliché de la zone d’échauffement. Crédit photo: Hugo Saez

Les cadets ont aussi assuré le spectacle lors de la vitesse individuelle. Contrairement à ce que l’on peut voir dans les catégories supérieures, il n’y a eu que très peu de temps d’observation, à l’exception de quelques courses. De fait, nous avons assisté à des sprints parfois longs d’un tour et demi. Notre attention s’est ensuite portée sur les cadettes. Lilou Ledeme, la championne de France du 500m départ arrêté (DA) était très attendue et redoutée aujourd’hui à Roubaix. On distingue son impressionnant maillot tricolore à l’extrémité du parc d’échauffement. C’est cependant Prudent Farrah qui l’a emporté cet après-midi en 37 secondes 554. Après un départ plutôt manqué qui a rendu le début de course difficile, elle a su garder la tête froide et faire abstraction de la présence de la championne de France. Elle nous a même expliqué être confiante avant de monter en selle, et ainsi garder pour objectif les championnats de France l’été prochain.

La course aux points juniors

Vient ensuite une épreuve spectaculaire, la course aux points. Sur une distance de 15kms, soit 60 tours, 12 coureurs disputent un sprint tous les 10 tours. 5, 3, 2, et 1 points sont attribués aux 4 premiers de chaque sprint. De plus, les coureurs qui parviennent à prendre un tour d’avance sur le peloton se voient attribués 20 points supplémentaires. Ceux qui, au contraire, se font doubler par le groupe perdent 20 points.

Dès les premiers tours, les coureurs jouent des coudes afin de bien se placer. Ils passent ensuite quelques relais rendant le rythme de la course saccadé. Le bruit des boyaux sur le bois de l’anneau est semblable à un bourdonnement, le peloton se déplaçant tel un essaim d’abeilles. Les concurrents se regardent, discutent. Déjà 9 tours ; le premier sprint approche. La cloche retentit une première fois et les applaudissements se multiplient. On assiste au premier jeté de guidon sur la ligne : les premiers points sont distribués. La course est ensuite durcie par le coureur de tête. Un petit groupe de trois se détache de la masse, mais est vite repris. Un coureur se fait rattraper puis absorber par le peloton ; la course au point est une épreuve cruelle. Déjà le deuxième sprint. Les points sont précieux et la vitesse augmente. Ceci n’est pas sans danger ; un coureur de l’US Métro chute à près de 60 km/h, brulant sa peau sur le parquet lisse. Courageux, il remonte immédiatement sur sa machine et parvient à réintégrer le groupe au prix d’un effort coûtant. Après quelques tours, il abandonne, la douleur certainement trop grande et l’énergie laissée dans cette remontée trop importante.

En début de course, il était important pour les coureurs de bien se placer. Crédit photo: Hugo Saez

Un concurrent se détache, il prend un quart de tour d’avance et empoche 5 points avant de reprendre sa place dans l’essaim toujours bourdonnant. Les tours deviennent longs et font mal aux jambes, au point qu’il soit parfois nécessaire de se dresser sur les pédales pour rester au contact des plus costauds. Plus que 20 tours. Le sprint est à nouveau lancé, le peloton s’effile et atteint une vitesse hallucinante. Il ne reste que deux sprints à disputer et on se bouscule. Le pack se reforme avant de parcourir les 10 derniers tours menant au sprint final. La concentration est à son comble ; on ne parle plus dans le groupe. Les tactiques se mettent en place. Une attaque est portée à 4 tours de la fin, mais elle n’est pas assez franche et est insuffisante. La dernière cloche sonne; il ne reste qu’un tour. Les encouragements fusent jusqu’à devenir des hurlements dans certains coins du vélodrome. On assiste à un dernier sprint violent : spectaculaire.

Alexandre Grignon à l’échauffement avant sa course aux points. Crédit photo: Hugo Saez

Alexandre Grignon, Junior 2 et troisième de la course à répondu à quelques unes de nos questions après sa course :

  • Quel est ton ressenti après la course ? On a vu que tu avais gagné beaucoup de points.

« J’ai pris des points sur chaque sprints. C’est ma reprise sur piste. Ça permet de me mettre en confiance à la sortie de cette saison sur route. On verra lors de la suite de la saison sur piste si je peux gagner certains maillots. »

  • Quels sont tes objectifs cette saison et tes intentions en participant à Graine de Pistard ?

« L’objectif de cette saison sur piste est de me préparer à la prochaine saison sur route. Mes années précédentes étaient focalisées sur la piste, mais cette année en junior je me concentre sur la route. Mon objectif est les championnats de France sur piste au mois d’août. »

  • Depuis combien de temps est-ce que tu participes à cet évènement ?

«  Je participe à Graine de Pistard depuis sa création, depuis que je suis en minime 1. Je l’ai toujours fait, ce système de manche et de prime est super, ça permet à tout le monde de faire de la piste »

Crédit photo: Thierry Thorel/La Voix du Nord
Matthieu Delour

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