Tennis

Serena peut-elle encore gagner ?

Quelques minutes après sa défaite en demi-finale de l’Open d’Australie, Serena Williams quitte le court remplie d’émotions. Son bourreau et admiratrice Naomi Osaka, ne lui a laissé aucune chance de se qualifier pour sa 34ème finale en Grand Chelem. Et si l’heure ne semble pas encore à la retraite, on peut se demander si l’Américaine remportera d’autres succès majeurs. Atteindra-t-elle un jour le record de 24 titres en Grand Chelem, détenu par Margaret Court?

Tout pour triompher

Inutile de rappeler à quel point Serena Williams est une joueuse exceptionnelle. Déjà recordwoman du nombre de Grand Chelem remportés dans l’ère Open (23), l’Américaine est considérée pour beaucoup comme la meilleure joueuse de l’Histoire. Et elle mérite largement ce statut. Si elle en est arrivée là, ce n’est pas pour rien. Née dans une famille de tennismen, le clan Williams en est pour beaucoup dans la réussite de la sœur de Vénus. Sans oublier son entraineur et précieux mentor, Patrick Mouratoglou. La coalition entre son talent inné et son travail acharné lui a permis d’atteindre un niveau épatant. Et puis sa surpuissance de frappe et sa niaque font d’elle une adversaire redoutable au mental d’acier.

Serena Williams s’offre son 23ème titre du grand chelem à l’Open d’Australie 2017. Crédit photo: l’équipe.fr

C’est simple, Williams peut battre n’importe qui et il est difficile de la bousculer quand elle joue à son meilleur niveau. Elle l’a d’ailleurs montré pas plus tard que mardi, lors de son quart de finale face à Simona Halep. Une démonstration de puissance tout en maitrise. La Roumaine, certes pas dans son meilleur jour, ne pouvait rivaliser en face de la grande Serena.

L’expérience face à la fougue de la jeunesse

L’expérience, c’est ce qui a aidé la joueuse dans ses victoires ces dernières années. L’ex-numéro 1 mondial connait les courts mieux que quiconque, et son impressionnante vision du jeu fait qu’elle arrive souvent à retourner la situation à son avantage. Pour celle qui a tout gagné, pas question de laisser la place à la nouvelle génération du circuit féminin. Alors qu’elle semblait perdue d’avance dans cet Open d’Australie, Serena Williams a surpris tout le monde avec ses performances et sa bonne forme. Bien partie pour aller au bout?

Possible, oui. Mais c’était sans compter sur le seul obstacle pouvant lui barrer la route: Naomi Osaka. La Japonaise de 23 ans est LA tête de file de cette jeunesse grandissante. Révélée en 2016, la troisième joueuse mondiale est inarrêtable. Après avoir enchainé deux titres à l’US Open 2018 et l’Open d’Australie 2019, elle confirme fin 2020, à New York. Ce samedi, suite à sa nette victoire contre Brady, la jeune femme signe son deuxième succès à Melbourne et empoche un 4ème titre en Grand Chelem. Plus tôt dans la semaine, Osaka retrouvait celle qu’elle avait battu en finale de l’US Open 2018. Un goût de revanche pour l’Américaine. Mais la fougue et l’explosivité ont parlé et la jeunesse s’est imposée. Une Williams dans le match, mais qui a lâché quelques fautes directes cruciales.

Osaka heureuse d’avoir battu son idole. Crédit photo: Eurosport.fr

La pression d’un record historique

Cette dernière marche qui la sépare du titre, Serena n’arrive pas à la franchir. Depuis janvier 2017 à l’Open d’Australie, la championne ne s’est plus imposée sur un des quatre tournois majeurs. Ce titre a d’ailleurs marqué la fin de sa saison, une pause maternité de près d’un an. Et pourtant éliminée en 16ème à Roland Garros 2018, théâtre de son grand retour sur les terrains, elle s’est hissé en finale de Wimbledon, puis de l’US Open. Rebelote l’année d’après: pas brillante sur la première partie de la saison et étincelante sur les deux derniers Grand Chelem. Quatre finales malheureuses en 2 ans. 2020 a été plus catastrophique (comme pour beaucoup de joueurs), avec au mieux un quart de finale sur les 3 tournois disputés. Ce mois de février marquait donc le retour de Williams au plus haut niveau, mais encore une fois, la victoire finale lui a échappé.

Ce blocage, Serena Williams le connait donc bien. Depuis sa trêve de grossesse, la joueuse peine à se montrer décisive comme elle l’était avant et n’est plus intouchable. Et pourtant déjà détentrice du record de Grand Chelem dans l’ère Open (période depuis 1970), elle n’est qu’à une unité du record absolu de l’Australienne Margaret Court. Un objectif si proche et à la fois si difficile d’accès. Notamment à cause de l’arrivée de nouvelles joueuses prometteuses sur le circuit sans doute plus régulières. La pression du record est certes indéniable, mais le niveau global du tennis féminin est aussi une des raisons pour lesquelles Serena coince.

La fin du voyage ?

La grande question est : Serena Williams parviendra t-elle à empocher un ultime Grand Chelem avant de prendre sa retraite ? Il faudrait être optimiste pour penser que l’Américaine peut y parvenir. En effet, plusieurs signes laissent croire que le règne de Williams est bel et bien terminé. À l’image de Roger Federer, Serena prend de l’âge. Avec ses 39 ans, elle est l’une des plus âgées du circuit tout comme Venus, son ainée d’un an. La longévité des sœurs Williams est exceptionnelle, mais leur fait sûrement défaut dans certains matchs. Si Serena peut encore espérer atteindre le carré finale d’un grand tournoi, Vénus failli généralement lors des premiers tours.

L’élément peut être clé dans la chute progressive de la championne, est sans doute son long congé maternité. Après plus d’an d’arrêt total du tennis, Serena a eu du mal à retrouver tous ses anciens automatismes. Elle a fait un choix primordial en devenant maman et l’a toujours assumé, ce qu’elle considère comme l’une des plus belles choses de sa vie. Plusieurs contraintes comme le manque de vitesse, l’explosivité et la vivacité dans les déplacements que la légende du tennis féminin peine donc à trouver. Williams peut encore gagner, mais pour cela il faudra se surpasser et proposer un tennis proche de la perfection.

Mais si certains doutent de sa capacité à s’imposer, ne parlez surtout pas à Serena Williams de sa retraite. L’Américaine ne répondra pas. Elle gardera le silence jusqu’au bout.

« SI JE FAIS MES ADIEUX UN JOUR, JE NE LE DIRAI À PERSONNE. »

Cette phrase, la joueuse l’a prononcé dans sa douloureuse conférence de presse d’après match. Un discours très dur envers elle même, écourté par des pleurs. On ne peut que souhaiter à Serena Williams d’achever son immense carrière avec ce dernier titre qu’elle désire tant. Quoiqu’il arrive, Serena est un modèle et une inspiration pour des générations entières que ce soit en tant que joueuse ou en tant que femme.

Crédit photo: parismatch.com
Mila Buchet

(1 commentaire)

  1. Serena peut encore gagner
    Elle fait son meilleur classement depuis son retour de grossesse et tout est possible. Elle rejoue un tennis Champagne et c’est possible qu’elle nous surprenne en regagnant cette année 2021.
    Beaucoup de courage en tous cas, tu vas y arriver !!!

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