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Tottenham – Manchester City : José Mourinho remporte le choc face à Pep Guardiola

Déjà bien distancés au classement de Premier League, les Citizens laissent Liverpool s’échapper de plus en plus suite à la défaite concédée hier après-midi à Tottenham. D’une efficacité redoutable, les Spurs ont su conclure leurs rares occasions pour gagner (2-0) et empocher les trois points.

Dans le choc de cette 25ème journée de championnat anglais entre non seulement deux grands clubs, mais également entre deux grands entraîneurs et rivaux depuis des années, c’est bien le «Mou» qui sort vainqueur de ce duel face à Pep. Malmenés pendant près d’une heure de jeu, Lloris et ses coéquipiers ont su se montrer patients jusqu’à porter le coup de grâce en 8 minutes. Réduit à 10 après l’exclusion de Zinchenko (60’), Manchester City n’a pas eu un brin de réussite et perd pour la sixième fois de la saison, se retrouvant distancée par Liverpool de 22 points.

Bien que le score soit amplement en faveur de Tottenham, ce duel a sensiblement fait écho au match de la 24èmejournée entre Chelsea et Arsenal (2-2). Pourquoi ? Parce qu’on a encore eu droit à un match que l’on peut qualifier digne de « Fifa » : comme Arsenal avant eux, les Spurs ont réussi l’exploit de marquer 2 buts sur leurs 2 premiers tirs cadrés, et cela en 2 tirs (même si une troisième tentative par Son arriva en toute fin de match dans le temps additionnel). Ces deux frappes intervinrent à la 63èmeet la 71èmeminute. Le premier but fut la réalisation exceptionnelle du nouvel arrivant de la maison londonienne : le jeune Néerlandais Steven Bergwijn, transféré en provenance du PSV Eindhoven pour environ 30 millions d’euros, a démontré tout son talent et souhaite laisser de son empreinte en Premier League. En s’arrachant au duel face à Walker sur son côté gauche, l’attaquant parvint à obtenir le corner, joué en deux temps avant d’atterrir dans les pieds de Lucas. Le Brésilien réalisa une sublime passe à l’aveugle dans le cœur de la surface, avec à la réception un Bergwijn bien inspiré qui enchaina contrôle poitrine et demi-volée. Ederson n’arriva pas à lire la trajectoire à temps : ouverture du score pour les Spurs contre toute attente (63’) !

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Hugo Lloris de retour avec un clean sheet face à Sterling et l’attaque Citizen. Crédit photo : independant.uk

Lo Celso et les siens ne s’arrêtèrent pas là. Toujours en supériorité numérique et face à au bloc de Manchester de plus en plus reculé dans sa moitié de terrain, Mourinho en profita pour envoyer deux nouveaux éléments offensifs. Aux sorties de Dele Alli et du héros Bergwijn s’accompagnèrent les rentrées de Lamela et Ndombélé (70’). Et des deux rentrants, c’est bien le dernier qui s’illustra à la minute suivante en éliminant deux Citizens dans les 30 mètres adverses, avant de trouver d’une superbe passe verticale le Coréen Son. Après une bonne touche de balle, l’attaquant se retourna et enchaina d’une frappe puissante du pied droit : légèrement déviée par Fernandinho, le ballon se logea dans le but au premier poteau, suffisant pour tromper une seconde fois Ederson. Break Tottenham confirmé, un deuxième but qui vint sceller la victoire et les trois points, plongeant City dans de nouvelles incertitudes cette saison.

City inefficace, un problème trop récurrent ?

Les champions en titre sont bien loin de leur standing des années passées. L’actuel deuxième de Premier League compte seulement 51 points, contre 68 lors de la saison 2017-2018 (à la 25ème journée) et 59 points la saison passée : deux saisons rappelons-le clôturées par deux titres. Mise sous pression ces années-là, l’équipe de Pep Guardiola semblait s’en sortir bien mieux et notamment face à ses concurrents directs. Alors que l’ogre Liverpool est toujours invaincue et n’a concédée qu’un seul match nul jusqu’à présent (face à Manchester United 1-1), City compte désormais 22 points de retard et des résultats décevants. 3 matchs nuls, mais surtout et avant tout 6 défaites qui font perdre un grand nombre de points, rendant bientôt le titre quasiment assuré aux Reds. Faut-il y voir un manque de remise en question dans un système qui fonctionnait jusqu’à présent ?

Toute équipe européenne rêverait du collectif dont dispose l’entraineur espagnol, et pourtant la qualité individuelle indiscutable de chacun des joueurs de son groupe ne semble pas si bien prendre cette saison. Quelques nouveaux venus au mercato ont eu jusqu’à présent quelques difficultés à se trouver une place dans l’équipe-type, Rodri étant tout de même parvenu à s’installer. Mais avant tout, Guardiola reste grandement pénalisé à chaque journée de championnat avec des absences de rang. Aymeric Laporte et John Stones en défense centrale ne sont pas remis de leurs pépins physiques, ce qui oblige le coach à descendre Fernandinho sur le terrain. Plusieurs autres titulaires indispensables ont été absents plusieurs semaines : Aguero entre fin Novembre et fin Décembre, De Bruyne quelques semaines en Octobre ou encore Leroy Sané qui a vu son transfert avorter en août après une rupture des ligaments croisés. Ces blessures, pas présentes les saisons précédentes, n’ont pas aidé le groupe dans son objectif de rester accolé au leader Liverpool. Mais un fait reste bien plus marquant : tout en étant dominateurs pendant 90 minutes, Manchester City perd des points. Cette équipe qui aime tant la possession n’arrive plus à concrétiser aussi bien ses occasions, cela malgré quelques matchs aboutis de temps à autre.

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Aymeric Laporte manque cruellement à la défense de Manchester City. Crédit photo : goal.com

Sur 4 de leurs 6 défaites, l’équipe affichait plus de 65% de possession (69% contre Norwich, 72% contre United, 76% contre Wolverhampton au match aller et 67% hier contre Tottenham) et des stats aux tirs bien supérieures sur ces mêmes confrontations. Mais en Premier League, dominer ne signifie pas gagner, loin de là. Et ces défaites sont là pour le prouver. Mais pourquoi City perd ? Comme dit plus haut, la charnière centrale est profondément déstabilisée et manque d’un cadre stable et serein. De plus, Benjamin Mendy sur le côté gauche n’arrive pas à enchainer (si ce n’est les blessures) et les choix tactiques doivent sans cesse être bouleversés. Ce déséquilibre est l’une des probantes raison à l’origine de ces contre-performances puisque le plus souvent il ne suffit que de quelques frappes cadrées pour que l’adversaire prenne les devants. Norwich l’avait emporté 3-2 en 3 frappes cadrées, les Wolves 2-0 à l’Ethiad Stadium en autant de frappes cadrées ou encore Tottenham hier (2 buts en 3 tirs).

Néanmoins, il reste 13 matchs à jouer et de nouveaux matchs importants à venir, dont le choc retour face à Liverpool lors de la 32èmejournée. Bien que le titre semble un rêve cette année, les places européennes coûtent cher en Angleterre et louper la Ligue des Champions n’est nullement dans les plans de la direction. La compétition européenne va s’avérer l’enjeu majeur. Mais pour se faire, Manchester doit se défaire en 8èmes de finales du Real Madrid. Affaire à suivre.

Crédit photo : cartilagefreecaptain.sbnation.com
Adrien Fedeli

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