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Charles Caudrelier remporte la Route du Rhum 2022

Charles Caudrelier passe la ligne d’arrivée en vainqueur après 6 jours 19 heures 47 minutes et 5 secondes de course. Suivi de prêt par François Gabart, il a tenu la pression jusqu’à Pointe-à-Pitre et inscrit enfin son nom à la Route du Rhum pour sa première participation. C’est sa première victoire en solitaire sur une transatlantique.

Charles Caudrelier, vainqueur de l’édition 2022 de la Route du Rhum. Crédit Photo : Twitter @RouteDuRhum

A bord du Maxi Edmond de Rothschild, il s’impose dès le départ. Il est suivi par Thomas Colville et par François Gabart qui lui a mis une forte pression tout le long de la course. Trois heures et seize minutes séparent leurs arrivées. Thomas Colville prendra la troisième place. Charles Caudrelier se confie à l’arrivée :

« J’en rêve depuis que je suis gamin et je n’avais jamais pu la faire. »

Il bat le précédent record établi par Francis Joyon en 2018 (7 jours, 14 heures, 21 minutes). Il souligne aussi le travail d’équipe qui lui a permis d’obtenir la victoire. Il possède ce qui pourrait être le bateau volant le plus moderne et perfectionné de la flotte grâce au travail de son équipe.

Une course emblématique

Un homme, une femme. Face à la mer pour 3.543 milles nautiques (6 562 kilomètres). Des règles simples : une seule ligne de départ à Saint-Malo, le premier en Guadeloupe gagne. Dès la première édition la course fait rêver qu’on soit proche de la mer ou non. Le nom même de la course nous fait apparaître l’image de l’Homme face à la mer, ce marin fort qui dompte les flots seul. Le mythe de la Route du Rhum existe aussi grâce aux hommes et aux femmes qui ont marqué son histoire en défiant les mers. Lors de la première édition, Mike Birtch devance Michel Malinovski de seulement 98 secondes. En 1990, Florence Arthaud « La petite fiancée de l’Atlantique » est la première femme à gagner la course. On pense aussi aux disparitions d’Alain Colas et de Loïc Caradec. La sécurité de la route du Rhum est aujourd’hui améliorée par l’usage du routage (assistance à terre pour anticiper météo et trajectoires) ainsi que par l’amélioration constante des communications en mer.

La course bat son record de participations avec 138 participants en 2022. Le succès du sprint Atlantique est aussi dû à son ouverture: les amateurs peuvent désormais participer à la course. Lors de la première édition en 1978 sur les 38 concurrents, un quart sont sur des bateaux de course. Aujourd’hui, la Class40 est une porte ouverte, elle permet de participer avec un budget raisonnable. La Rhum Mono est aussi une opportunité pour tous les amoureux de la mer, des bateaux construits pour certains en 1967 participent. On y retrouve notamment le kriter V, anciennement le bateau de Michel Malinovski battu de 98 secondes lors de la première édition. Ainsi que le « Cigare Rouge » de Jean-Luc den Heede, un voilier très étroit d’où son surnom. Il a participé maintes fois au Vendée Globe et est aujourd’hui sur la Route du Rhum suite à son achat par Jean-Marie Patier, un passionné. La course attire toujours, il n’y a jamais eu autant de participants ni de sponsors.

Le cigare rouge rénové par Jean-Marie Patier alors prêt pour la route du Rhum 2022.

Quand innovation va de paire avec la Route du Rhum

La Route du Rhum est témoin depuis sa création des évolutions des bateaux et du milieu marin. A ces débuts toutes les catégories présentes n’existaient pas. La course est témoin de la professionnalisation du milieu : les skipper venaient avec un projet qu’ils proposaient à un sponsor. Ils devaient gérer leur équipe ainsi qu’une grande part de l’administratif. Aujourd’hui, le skipper navigue. Son sponsor s’occupe de la communication et une équipe est engagée pour construire, préparer et entretenir le bateau. Le professionnalisme grandissant permet l’élaboration de bateaux de plus en plus sophistiqués. Les multicoques s’annonçaient dès le départ comme les grands meneurs de la course au large.

Le Maxi Edmond de Rothschild volant, foils apparant.

La révolution technologique qui frappe le milieu de la voile est le foil. Il a été démocratisé par Eric Tabarly et son trimaran Paul Ricard construit en 1979. Le foil est une aile positionnée de façon à exercer une force de portance sur le bateau, à grande vitesse il s’envole et gagne alors d’avantage de vitesse. Ainsi, le foil diminue les frottements et permet un gain de vitesse considérable. Cette technologie est synonyme de « tout carbone ». En s’inspirant de l’aéronautique, l’industrie nautique imagine des bateaux plus légers grâce à ce nouveau matériel. L’aérodynamisme et la traînée hydrodynamique sont de plus en plus travaillés. Maintenant, les bateaux volent. Le Maxi Edmond de Rothschild est donc une illustration parfaite des innovations récentes qu’a connu le milieu marin.

Crédit photo: Twitter @RouteDuRhum
Pol Blanchard

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