Football

Le Barça resserre « Xa » vis

Douze matchs sans défaite, 32 buts marqués depuis leur dernier échec le 20 janvier, une presque « manita » face au Real Madrid il y a deux semaines : le Barça est en forme olympique. Séville est prévenu. Alors que les dauphins du Real s’affrontent ce dimanche en Liga, le club catalan (3ème) accuse un retard de seulement 3 points sur l’équipe andalouse (2ème), avec en prime un match de retard. Un conseil : réservez votre dimanche soir.

En quelques mois, le FC Barcelone aura été fortement bousculé. Si le départ de Leo Messi en août dernier n’avait qu’empiré la situation déjà instable du club, les autres transferts et changements d’entraineurs auront été bénéfiques. Car du positif, les Blaugranas ont en leur dose depuis quelques semaines. Dimanche 3 avril, ils joueront face au deuxième du championnat national. Un match qui pourrait venir confirmer leur excellente dynamique, synonyme d’un Barça en train d’être retrouvé.

Les travaux de Xavi

Difficile de faire l’éloge de cette équipe ressuscitée sans d’abord évoquer leur coach déjà salvateur. Inutile de présenter Xavi Hernandez, milieu mythique du FC Barcelone, l’un des meilleurs de l’histoire. Dans son club formateur, l’ex footballeur est très certainement l’homme de la situation. Depuis le départ de Luis Enrique en 2017, les managers se sont succédés en Catalogne, sans grand succès. Ernesto Valverde, au commandes entre mi-2017 et début 2020, s’est vu remplacé par Quique Setién. Ce dernier n’a pas fait long feu puisque dès le mois d’août de la même année, c’est le Néerlandais Ronald Koeman qui a pris la tête du club. Finalement, les mauvais résultats, ajoutés à la situation financière très critique du club, ont eu raison du tacticien. Xavi est donc revenu sur ses terres dans un moment crucial pour le Barça.

Le coach Xavi. Crédit photo : eurosport

Et si les débuts ont été quelque peu compliqués, l’espoir renait chez les fans barcelonais. Arrivé le 7 novembre dernier, Xavi a disputé 25 matchs sur le banc rouge et bleu. Bilan : 14 victoires, 7 nuls et 4 défaites (dont aucune défaite à l’extérieur). Pas si impressionnant dit comme ça. Mais ce qui est intéressant c’est que depuis le 23 janvier, le Barça n’a plus perdu. Et puis même avec le meilleur entraineur qui soit , il serait difficile de ne pas céder face à des Real et Bayern en pleine forme quand son équipe est à l’inverse, en grande souffrance. 9èmes de Liga au moment de l’arrivée de Xavi (fin de la 13ème journée), les Barcelonais sont maintenant sur le podium (avant la 30ème journée).

La méthode Xavi se met donc en place petit à petit. L’Espagnol a un plan de jeu clair, une tactique bien définie. Cette dernière pourrait être résumée par trois principes : la possession, la supériorité numérique et le pressing haut. Dans l’ADN de Barcelone depuis le passage de Pep Guardiola entre autres, la possession du ballon est un aspect essentiel du foot catalan. Le jeu de position est donc largement favorisé. Pour y parvenir, Xavi opte très souvent pour le 3-4-3, système permettant de récupérer le ballon assez haut et presser. Avec des pistons aidés et dédoublés par des attaquants excentrés et rapides sur les ailes, le pressing offensif se met en place. Le Barça joue comme un bloc resserré, un domaine qui lui faisait défaut depuis quelques années, dû à l’étirement voire éclatement du bloc. Avec l’occupation des intervalles adverses, les joueurs parviennent à casser les lignes et créer des jeux en triangles/carrés. Une tactique offensive payante car on le voit, le Barça marque beaucoup.

Project Barça. Crédit photo : instagram FC Barcelona

Une équipe qui mélange expérience et jeunesse

Cette bonne spirale, le groupe y est évidemment pour quelque chose. Ces derniers temps, la direction a fait des choix forts : les départs de Suarez, Griezmann et Messi par exemple. Comment imaginer le Barça sans l’enfant du club, son joueur légendaire, le Goat au 7 Ballons d’or ? Le projet de reconstruction d’une équipe sans Messi est au centre des préoccupations. Pour palier à son absence et à la dette économique importante, pas d’autre choix que de baisser la charge salariale de ses joueurs, et de ne pas trop dépenser dans l’achat de nouvelles stars. Un pari plutôt réussi. Cette saison, Barcelone s’est offert Luuk de Jong (Prêt), Adama Traoré (Prêt), Eric Garcia (Libre), Sergio Aguero (Libre), Memphis Depay (Libre), Aubameyang (Libre), Demir (Prêt), Emerson Royal et Ferran Torres pour moins de 70 millions d’euros combiné.

Un grand ménage, c’est ce qu’il fallait aux Blaugranas. Cependant, garder les cadres comme Piqué, Ter Stegen, Alba et Busquets semblait indispensable pour conserver de la stabilité et des bases solides. Les jeunes pépites insérées dans le XI principal en provenance de la Masia (Gavi, Pedri, Araujo, etc), se sont parfaitement adaptées au plan de jeu recherché. Sans oublier le retour de Dembele au plus haut niveau (8 passes décisives en 8 matchs) et l’arrivée de son compère de Dortmund Aubameyang (9 buts en 11 matchs disputés). Un autre élément frappant de cette équipe, c’est la grande diversité de buteurs. Si les attaquants marquent la plupart des buts, les milieux Gavi/Pedri et même les défenseurs comme Alba, Alves et Aurajo se mêlent souvent aux festivals offensifs. Le FC Barcelone est un groupe soudé, en osmose et bien équilibré dans tous les secteurs de jeu.

Torres, Busquets, Gavi, Dembele et Pedri. Crédit photo : goal.com

Et maintenant ?

Quand on se penche sur les grandes échéances du Barça ces prochaines semaines, il n’y a pas de quoi s’affoler. Les rendez-vous les plus importants sont les rencontres de dimanche et de jeudi prochain, contre Séville en championnat puis face à Frankfort en quart de finale d’Europa League. Barcelone ne sera pas champion cette année (sauf dégringolade du Real Madrid), mais peut s’offrir la seconde place, ce qui serait déjà une belle prouesse vu sa situation particulièrement délicate. Et puis les Catalans ont « fait le plus dur ». Outre des équipes de milieu et bas de classement (Rayo, Levante, Majorque, Cadiz, Getafe et Vigo), seuls le Betis (5ème), la Real Sociedad (6ème) et Villareal (7ème) pourraient poser problème au Barça.

Niveau européen, si les hommes de Xavi sont cette année, privés de Ligue des Champions, ils ont toujours la possibilité de s’imposer en Ligue Europa. Une compétition certes moins prestigieuse, mais qui serait un bon tremplin pour leur retour parmi les meilleures équipes du monde. Leur adversaire en quart est largement à leur portée. Face à Frankfort (8ème de Bundesliga), ils auront deux matchs pour se qualifier en demi-finale et espérer remporter un trophée cette saison. Ce qui est sûr, c’est que cette équipe qui renaît de ses cendres, a tout à envier à son équipe féminine qui rafle tout sur son passage. Un bel exemple à suivre pour Xavi & cie pour gagner à la clé, de beaux moments de joie partagés.

Le Barça dans son vestiaire après le Clasico contre Madrid (4-0). Crédit : instagram fcbarcelona
Crédit photo : youtube
Mila Buchet

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