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Dans les Jeux d’Hélène Lefebvre

Les Japonais ont tenu leur promesse. Malgré un contexte sanitaire instable, les Jeux de Tokyo se sont déroulés. Avec des règles strictes à respecter certes, mais qui n’ont « pas freiné l’ambiance au sein du village olympique » se réjouit Hélène Lefebvre, spécialiste du deux de couple en aviron. Athlète de la délégation tricolore, la pensionnaire de l’Encou de Nogent-sur-Marne a accepté de revenir sur son expérience tokyoïte pour Les Olympistes.

Judokate dans sa jeunesse, on dirait bien qu’Hélène Lefebvre a fait le bon choix en s’initiant à l’aviron au collège avec l’UNSS. Puisqu’aujourd’hui elle excelle dans sa discipline. Associée à Élodie Ravera-Scaramozzi en deux de couple, les filles ont terminé cinquième de la finale à Rio avant de devenir championnes d’Europe à Glasgow en 2018. La dynamique était donc bonne et laissait envisager de bons présages pour le bateau français aux Jeux de Tokyo.

Une médaille dans le viseur

En tout cas, cela fait longtemps que Tokyo trotte dans la tête des deux rameuses. « On a commencé à préparer les Jeux de Tokyo le lendemain de notre finale de Rio. C’est-à-dire qu’après Rio, on étaient déjà parties sur l’optique de performer à Tokyo« , nous confie Hélène Lefebvre. Heureusement, les camarades de jeu n’ont pas été ralenties dans leur préparation par les différentes mesures de confinement. « On a eu la chance d’avoir des dérogations avec notre fédération et le gouvernement pour que les sportifs de haut niveau puissent continuer à s’entraîner de manière pratiquement normale. On a pu partir en stage, s’entraîner« , ajoute la Parisienne.

Hélène Lefebvre et Élodie Ravera-Scaramozzino n’avaient qu’un rêve: la breloque. Crédit photo: Leah Millis/Reuters

Autant dire que l’objectif de l’embarcation tricolore était clair: ramener une médaille des ces Jeux de Tokyo. « C’était pour cela qu’on s’entraînait et on avait déjà fait la finale à Rio, c’était grandiose. Mais là on ne voulait pas se contenter d’une finale, on y allait vraiment pour passer l’étape supérieure de la médaille« , précise Hélène. La couleur était annoncée et leurs concurrentes, prévenues.

« Ce n’est pas ce qu’on attendait »

La course à la médaille est souvent un parcours semé d’embuches. Et notre embarcation française s’est pris les pieds dans le tapis. Performant en séries, le duo Lefebvre-Ravera s’est trouvé impuissant en demi-finale. En effet, les filles terminent quatrièmes de leur course derrière les Pays-Bas, le Canada et les États-Unis. Malgré une prestation solide (l’une des meilleures de leur saison), les deux compères sont tombées sur plus fortes qu’elles et la déception est grande. Elles viendront tout de même arracher la seconde place de la finale B quelques jours plus tard. Une place d’honneur qui ne suffira pas à effacer la frustration des rameuses.

Impuissantes, les Françaises n’ont pu faire mieux qu’une quatrième place en demi-finale. Crédit photo: Piroschka Van De Wouw

Après son retour de Tokyo, Hélène Lefebvre dresse le bilan. « Avec le recul, on se rend compte qu’il nous manquait 4-5 secondes pour rivaliser avec les meilleures. Le plus frustrant en fait, ce n’est même pas de se dire qu’on n’a pas été médaillées. C’est de se dire que de toute façon, avec toutes les armes que l’on avait, la médaille était inatteignable. On s’est données à fond, on n’est pas passées à côté de ces Jeux. Malgré le cœur et l’énergie qu’on y a mis, notre niveau valait notre place. Ce n’est pas ce qu’on attendait. C’est là que c’est décevant« , analyse la rameuse. Un échec difficile à digérer certes, mais la guerre n’est pas perdue.

« Il y a une revanche à prendre »

Après deux olympiades sans podium, les Jeux de Paris 2024 semblent être l’occasion idéale pour que les tricolores parviennent à monter sur la boîte. En tout cas, Hélène à déjà Paris en tête. « Les défaites motivent des fois beaucoup plus que les victoires. On a une espèce de rage, de revanche en nous. J’ai déjà en ligne de mire Paris et bien sûr que je serai absolument partante pour aller jusque là. J’annonce la couleur: je veux la médaille. Après est-ce que ce sera réalisable ? Seul l’avenir nous le dira mais c’est en tout cas mon vœu le plus cher« , espère la Française.

Le bateau tricolore aura donc les mêmes ambitions dans trois ans, et le fait que les Jeux se tiennent à domicile apparaît comme un avantage. « Ce que je veux c’est performer, faire le meilleur résultat possible donc le faire à la maison devant la famille et les amis, c’est une motivation. C’est exceptionnel. J’ai déjà eu la chance de faire des championnats du monde juniors à la maison et c’est vrai que ça a une saveur particulière« , reconnaît Hélène Lefebvre. Le rendez-vous pour Paris 2024 est donné !

Crédit photo: equipedefrance.com
Hugo Saez

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