Tennis

Océane Babel : « C’est que du plus de se dire que je peux rivaliser avec une Top 10 mondiale »

Au sortir d’un Roland-Garros riche en émotions pour la joueuse française de 17 ans, Océane Babel a accepté de se confier aux Olympistes. Éliminée durant l’édition 2021 des Internationaux de France par Svitolina dans le tableau senior et par Andreeva en junior lors des 1/8èmes de finale, elle signe la performance d’être l’unique française à passer un tour dans ce tableau. Retour sur l’un des moments les plus intenses de sa carrière naissante et sur l’avenir d’une future championne française.

Tu as joué ton premier tour du tableau senior à Roland-Garros, sur le monumental Court Philippe Chatrier aux caractéristiques spécifiques, notamment le vaste espace qu’il y a derrière la ligne de fond de court. Tu as qualifié en conférence de presse que c’était un « bonus » de jouer sur ce court. Quelles ont été tes sensations exactes ?

Le court est vraiment très grand, c’est hallucinant. J’ai eu la chance de m’y entraîner la veille et prendre conscience de la dimension du court ainsi que pouvoir trouver mes marques. Quand je suis arrivée pour disputer un match dessus, je savais à quoi m’attendre et pourtant ça m’a tout de même impressionné. En plus, il n’y avait pas énormément de public mais c’était tout de même plus conséquent que lorsque je joue habituellement.

En allant serrer la main de Svitolina (défaite 6/2 – 7/5), ressens-tu de la fierté ou de la déception ?

Non, j’étais plutôt contente de moi et de ma prestation. J’ai tout de même réussi à ne pas me laisser envahir par mes émotions. Je trouve que j’ai su gérer mon stress.

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Océane serrant la main de Svitolina, 6e joueuse mondiale, qui sera défaite deux tours plus tard par la performante Krejcikova. Crédit Photo : Eurosport

Tu n’es pas passée très loin de prendre la seconde manche, qu’est-ce qui t’a manqué durant ce match ?

Clairement l’expérience… Je me suis un peu trop précipitée et je n’ai pas su assez prendre mon temps. Par exemple, lorsque je mène 5/2 dans la seconde manche, je ne suis plus très lucide et je perds.

Après cette défaite, tu as enchaîné avec le tableau junior. Elsa Jacquemot se confiait l’an passé sur la difficulté d’entrer dans le tournoi junior après une défaite au premier tour en senior, est-ce que tu confirmes ses dires ? As-tu eu la sensation d’être plus attendue que l’an passé ?

Oui, c’est vrai que j’ai eu l’impression d’être attendue. Ce n’est pas facile de jouer dans ces deux tableaux car ce sont des mondes complètement différents. Il faut savoir vite s’habituer car il n’y a pas beaucoup de temps entre les deux.

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Crédit Photo : L’Equipe

Penses-tu qu’il y a un lien entre ta défaite en senior et en junior ? Qu’est-ce qui t’a manqué en 1/8e de finale junior face à Andreeva ? Etais-tu fatiguée du tour précédent (4/6 – 7/5 – 6/4) ?

Oui j’étais très fatiguée mentalement. Ça épuise beaucoup d’énergie de gérer l’atmosphère d’un Grand Chelem en France. Il faut savoir gérer toute cette pression. Je n’avais plus forcément la même force de me battre que celle que j’avais démontré au tour précédent.

Que garderas-tu finalement de cette quinzaine et penses-tu revenir plus forte l’an prochain ?

J’en garderai un bon souvenir. Ce que j’ai pu vivre en senior était une expérience excellente. C’est que du plus de se dire que je peux rivaliser avec une joueuse du Top 10 mondiale et cela ne peut que m’offrir plus de confiance pour la suite.

Lorsque tu as su que tu recevrais une Wild Card pour le tableau principal, comment t’es-tu préparée ?

Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour me préparer au tableau principal mais j’ai tenté de mettre de la bonne volonté chaque jour dans ma préparation. J’ai donné le meilleur de moi-même à chacun de mes entraînements.

Dans les mois qui vont suivre, tu continueras ta carrière sur le circuit junior. Est-ce que cela te plait ou préfèrerais-tu t’insérer le plus rapidement possible en senior ? Qui prendra cette décision ? Toi ? Ta coach ? La Fédération Française de Tennis (FFT) ?

Un peu tout le monde, je pense. Là je vais jouer que les Grand Chelems en junior. Après je vais jouer de plus en plus de tournois en senior car c’est réellement ce niveau-là qu’il faut que j’atteigne.

Je voudrais m’insérer le plus vite possible en senior.

Tu as réussi à t’imposer sur le circuit junior, tu es à la 7e place mondiale, est-ce que cela te rend confiante pour ton insertion dans le circuit senior ?

Oui, forcément. Cela donne de la confiance, c’est sûr, mais je sais que ce sont des mondes différents. Je sais aussi que je peux avoir le niveau tennistique suffisant mais la différence est surtout mentale. Au niveau du jeu, il n’y a pas de grande différence entre les deux circuits, c’est plus au niveau de la concentration ainsi que de la rigueur qu’il reste des failles en junior. C’est également ce qui me manque, savoir conserver une régularité et un mental solide tout au long d’un match.

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La Val d’Oisienne remporte son premier tournoi de Grade A, en mars, au Brésil. Crédit Photo : Outre-Mer la 1ère

Tu es coachée par Noelle van Lottum depuis 2018. Quelles sont les forces que tu possèdes désormais grâce aux bénéfices des entraînements ?

Mes forces principales sont ma couverture de terrain et ma ténacité. J’ai la capacité de m’accrocher jusqu’au bout des matchs. Souvent, j’arrive à inverser la tendance d’une partie même lorsque je me retrouve dos au mur.

A l’inverse de joueuses qui prennent du temps pour méditer et se concentrer entre les points, tu es rapide et laisse peu de temps entre tes services. Est-ce ta manière de te concentrer et rester dans ton match ou bien c’est un point sur lequel tu dois évoluer ?

Non, je dois évoluer là-dessus. Je ne pense pas avoir besoin d’énormément de temps pour me concentrer mais, peut-être que prendre un peu plus mon temps entre les points m’aiderait. Il est vrai que parfois je ne prends pas le temps de réfléchir ni de me poser un peu.

Tu as surement dû entendre parler de l’ « affaire Osaka », est- ce que tu comprends Naomi, toi qui as l’air assez introvertie et réservée ? Trouves-tu que c’est un supplice parfois d’affronter la presse suite à un match ?

Je suis mitigée sur ce sujet. D’un côté je suis assez d’accord, la presse peut avoir des paroles déplacées ou qu’on ne souhaite pas du tout entendre après un match. Mais éviter la presse tout au long d’un tournoi est une chose impossible. Les journalistes sont quand même présents et font partie du tournoi.

Je suppose que tu sais que dans le tableau Garçons de Roland-Garros, le dernier carré n’était composé que de joueurs tricolores. Qu’en penses-tu ? Les connais-tu ?

Oui, très bien, je les connais depuis que je suis toute petite. Trois d’entre eux s’entraînent d’ailleurs avec moi au Centre National d’Entrainement (CNE). Je trouve cela bien pour le tennis français surtout après la déception qu’il y a eu dans les tableaux seniors.

Je pense que notre génération a un très bel avenir devant elle, les garçons comme les filles.

Pour conclure, sur quels tournois pourrons-nous continuer à te suivre et quels sont tes objectifs de fin de saison ?

Je compte partir d’ici trois semaines pour Wimbledon junior. J’espère faire de bons résultats dans les Grand Chelems juniors à suivre et pouvoir m’insérer sur le circuit professionnel.

De quoi rêves-tu pour ta carrière ?

Mon rêve ultime serait de gagner un Grand Chelem en professionnel, un jour. Roland-Garros en particulier car il est en France et que je préfère jouer sur terre battue, c’est donc cohérent.

Crédit Photo: Outre-Mer la 1ère
Nils Gobardhan

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