Tennis

Tsitsipas mérite d’y croire

Medvedev ? Non. Thiem ? Non plus. Federer? Toujours pas. Schwartzmann ? Encore moins. Tsitsipas ? Oui! C’est bien lui qui réalise la meilleure saison sur terre battue et qui a le plus de chances de venir titiller les favoris que sont Nadal et Djokovic, à Paris.

Un début sans accroc

Andrey Rublev vient à bout de Roberto Bautista - Eurosport
Stéfanos Tsitsipas couronné à Monaco. Crédit: Eurosport

Splendide début de saison sur terre battue pour le Grec. Tsitsipas annonce la couleur et ne cède aucun set à ses adversaires lors du Monte-Carlo ATP. Son tableau était pourtant loin d’être le plus simple. Stéfanos Tsitsipas trouve rapidement ses marques lors de son entrée en lice au deuxième tour face à Aslan Karatsev. Il répond coup pour coup au jeu offensif du Russe et provoque la plupart de ses nombreuses fautes. Le Grec de 22 ans fait chuter son adversaire 6/3-6/4 et se qualifie pour affronter Christian Garin à qui il inflige le même score, deux jours plus tard. Le Chilien se retrouve noyé, tant l’efficacité du service de Tsitsipas est élevée. La tête de série n°4 du tournoi ne perd que cinq points sur son engagement dans le premier set.

Tsitsipas rencontre quelques difficultés dans la première manche face à Davidovich Fokina, dont il réussit finalement à se défaire. Mais l’Espagnol est contraint d’abandonner après avoir perdu cet unique set (7/5), en raison d’une blessure à la cuisse.

Poursuivant sa lancée, le Grec se propulse en finale en éliminant le bourreau de Novak Djokovic. Daniel Evans réalisait l’une des meilleures perfs de sa carrière après avoir fait chuter le n°1 mondial ainsi que David Goffin, n°13, aux tours précédents. Mais le fils de Julia Apostoli (ex-joueuse professionnelle), vient aisément à bout du Britannique, 6/2-6/1. Il rencontre en finale de ce qui sera son premier titre en Masters 1000, quelqu’un qu’il connait bien, Andrey Rublev. A nouveau, le Grec s’appuie sur son arme fatale, le service. Sur 28 points engagés par sa première balle, il en remporte 24. Impardonnable, Tsitsipas ne faiblit à aucun moment face à Rublev, qui se montre épuisé. En un tout petit peu plus d’une heure, le plus jeune des deux joueurs s’impose et envoie un message clair à ses autres rivaux éliminés durant le tournoi : Djokovic, Nadal et Zverev.

Quelques pépins

Rempli de confiance, l’adoubé de Monte-Carlo ne laisse toujours aucune chance à ses adversaires à Barcelone. Pas un set n’est perdu avant la finale. Breaké à une seule reprise par De Minaur, le Grec élimine durant le tournoi Auger-Aliassime et Sinner, pourtant en forme. C’est donc remonté à bloc que Tsitsipas se présente en finale de l’ATP 500 de Barcelone, face à Rafael Nadal. La dernière rencontre entre les deux hommes à l’Open d’Australie, avait duré quatre heures et le Grec en était sorti vainqueur 3/6-2/6-7/6-6/4-7/5. Lors de leur dernier affrontement intense sur terre battue, ce fut aussi le plus jeune qui l’emporta, à Madrid en 2019.

Mais cette fois-ci Stéfanos Tsitsipas était vêtu de rouge et on connait le sort réservé à cette couleur dans une arène espagnole. Le taureau s’appelle Nadal et joue à domicile. Après 3h40 de lutte, ce dernier vient à bout de son adversaire en sauvant 11 balles de break sur 13. Malgré un service tout aussi efficace, Tsitsipas s’incline en finale de Barcelone et offre au taureau majorquais son 12ème titre en Catalogne.

La défaite précoce à Madrid ne change pas mes plans, je veux toujours ..." - Drumpe
De douloureuses défaites en Espagne. Crédit: Drumpe

Après Barcelone, la réelle contre-performance est arrivée au Masters 1000 suivant, dans la capitale espagnole. Stéfanos Tsitsipas a été surpris en huitième de finale par Casper Ruud. L’échauffement au tour précédent face à Benoit Paire (6/1-6/2) n’a pas suffit à mettre en route les jambes du Grec. Le Norvégien Ruud a fait jeu égal avec Tsitsipas pendant l’ensemble de la première manche. Les deux hommes ont remporté 39 points chacun et n’ont jamais eu de balles de break : le jeu décisif n’a jamais aussi bien porté son nom. Malheureusement, le service de Stéfanos ne se montre pas si redoutable qu’attendu et il ne remporte que quatre points dans le tie-break. Près d’un point sur deux engagés sur sa deuxième balle est perdu. Dans le second set, une seule balle de break aura servi au Norvégien afin de transformer son avantage et s’imposer, conduisant prématurément Tsitsipas vers la sortie.

Bousculé dès son arrivée au Masters 1000 de Rome, le Grec retrouve de la confiance, en engrangeant des victoires. Accroché dès le premier set de son premier tour par l’ex-n°3 mondial Marin Cilic, Tsitsipas sort tout de même vainqueur 7/5-6/2. Le jour suivant, c’est au tour de Matteo Berrettini, natif de la capitale italienne, de mettre des bâtons dans les roues du jeune Grec. Cette fois-ci, ce dernier ne parvient pas à breaker dans la première manche, et est obligé d’attendre le tie-break pour conclure. Il déroule ensuite 6 jeux à 2 dans la manche suivante.

Un quart de finale haut en couleurs face au n°1 mondial l’attend. Le jeune remporte la première manche non sans difficultés, en sauvant 5 balles de break sur 6 et en breakant à deux reprises. Le lendemain, 2h30 de jeu plus tard, c’est Djoko qui serre le poing, vainqueur de ce duel de gladiateurs. Rien n’a démotivé les deux joueurs. Tsitsipas a servi pour le match mais ses nombreuses prises de risques ont fini par profiter au maître de la discipline. L’endurance et la solidité de Djokovic ont su vaincre la fougue et l’agressivité propres à Stéfanos, remettant en doute son style de jeu si offensif. Toutefois, ces rencontres intenses face aux cadors prouvent que le Grec est au niveau. Manque plus que la concrétisation et la concentration absolue qui viendront avec l’expérience.

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Novak heureux d’avoir fait craquer l’Athénien au terme d’un véritable marathon sur deux jours. Crédit: Eurosport

En roue libre, direction Porte d’Auteuil

Ces sorties prématurées ont été décisives dans le choix de la suite de la préparation du Grec avant Roland-Garros. Il décide alors de participer au tournoi 250 de Lyon obtenant une Wild Card par la direction du tournoi, tout comme Thiem. Sans surprises, Tsitsipas fait tomber un par un Paul (USA), Nishioka (JAP), Musetti (ITA) et Norrie (GBR). L’Italien parvient tout de même à lui prendre un set mais le Grec lui rend la monnaie de sa pièce dans le dernier en l’écrasant 6 jeux à rien. Offensif et dominateur durant toute la semaine à Lyon, le joueur de 22 ans a repris confiance en son jeu (particulièrement en son service dévastateur que seul Musetti a su dompter), et se sent suffisamment prêt pour les Internationaux de France.

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Tsitsipas s’impose facilement à Lyon. Crédit: Lyon Capitale

Si la préparation de Rafael Nadal n’est pas si parfaite que les années précédentes et qu’il a été surpris plus d’une fois depuis quelques semaines, il reste le favori du Grand Chelem sur ocre. Néanmoins, il est certain que l’Espagnol ne sous-estimera pas l’importance de l’évènement. Il part à la conquête de son quatorzième Roland-Garros, plus prudent que jamais.

Novak Djokovic, lui, cède du terrain. Il n’a pas participé à l’ensemble de la tournée européenne sur terre, absent à Barcelone et Madrid. Le n°1 mondial a même déçu à Monte-Carlo, défait par Daniel Evans et à Belgrade, chutant face à Karatsev en demi. Toutefois, il a retrouvé des sensations à Rome allant jusqu’en finale, puis battu par Rafa. Le Serbe a décidé de participer au deuxième tournoi de Belgrade, juste avant de se rendre à Paris dans le but de faire le plein. Ceci additionné à la méforme de Thiem, Medvedev et Federer, ainsi qu’aux résultats mitigés de Zverev ; Stéfanos Tsitsipas s’inscrit sûrement comme LE favori pour venir voler la Coupe des Mousquetaires des mains de Rafael Nadal.

Nils Gobardhan
Crédit Photo: We Love Tennis

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