Rugby

La course au Top 14 est lancée

Il fut un temps où Perpignan, Biarritz, Oyonnax ou Grenoble se battaient pour avoir une place dans les six de Top 14. Dix ans plus tard, ils se retrouvent à la course pour revenir dans l’élite rejoints par un peuple d’irréductibles Vannetais. Les Columérins sont également bien décidés à redorer le blason de la ville.

Jamais la Pro D2 n’a regroupé autant d’équipes prestigieuses et talents lors d’une phase finale. Même si, tout au long de la saison, les effectifs perpignanais et vannetais ont plié chaque défense – avec deux styles de jeu bien différents – les quatre autres prétendants ne sont pas lésés.  Ce week-end débute le premier tour, où Oyonnax affrontera Colomiers puis Biarritz recevera le Football Club Grenoble Rugby.

Oyonnax-Colomiers, le duel des packs

Sur les quatre équipes jouant ce week-end, Colomiers est considéré comme le petit poucet du plateau. L’équipe stagne en Pro D2 depuis sa remontée de Fédéral 1 en 2005, où ils avaient été placés en raison de problèmes financiers. L’équipe en périphérie de Toulouse est, souvent, considérée comme un vivier que le Stade utilise sans vergogne. Les hommes du Sud-Ouest se sont appuyés sur un collectif soudé et des avants aussi puissants que leurs arrières sont explosifs, pour ramener de gros points. Les fans ont pu alors apprécier des victoires face à Perpignan, chez Oyonnax ou encore contre Grenoble. Mais le rugby se joue également à l’extérieur. Loin de leur Haute-Garonne, les colombes ont dû mal à prendre leur envol. Ils ont alors enchaîné les bévues contre les top teams mais également contre celles jouant la relégation, notamment à Angoulême ou lors de la réception d’Aurillac.

Pour samedi, les Columérins devront faire face à une autre déconvenue : la Covid. Les joueurs n’ont pas pu disputer leur dernier match à Mont-de-Marsan mais ont tout de même été récompensés, selon des coefficients et des statistiques, de 1,64 points permettant de finir à la cinquième position devant Grenoble. Le jeu de courses et de pilonnage des défenses adverses pratiqué par Colomiers pourrait alors en pâtir. Mais les Haut-Garonnais connaissent parfaitement l’équipe adverse étant l’une des deux seules équipes de Pro D2 invaincus cette saison face à Oyonnax.

Crédit Photo : Oyonnax Rugby

Face à Colomiers, on retrouve la seule équipe évoluant sur un terrain synthétique : Oyonnax Rugby. Le club de l’Ain et des Montagnes du Jura n’a pas atteint les objectifs fixés en début de saison. Le staff de Joe El-Abd attendait, comme en 2019, d’atteindre directement les demi-finales en finissant dans les deux premières équipes. Mais encore faut-il être constant. Après un début de saison tonitruant, avec sept victoires en sept matchs, les Oyonnaxiens se sont totalement écroulés en janvier 2021. Toutes les équipes préfèrent jouer à domicile, Oyonnax non. Défaite contre Biarritz, contre Grenoble, nul face à Colomiers et trois défaites lors des quatre rencontres face à Vannes et Perpignan. La figure El-Abd devait poursuivre l’héritage de Christophe Urios, où les Oyomen terrassaient tout sur leur passage sans se soucier du statut de l’équipe adverse. Cette année, le sapin jurassien a paradoxalement perdu ses épines durant l’hiver.

La force des Oyonnaxiens reste un effectif très expérimenté agrémenté de jeunes joueurs, issus du centre de formation. Les médias ont souvent parlé d’Enzo Reybier, devenu le plus jeune joueur de Pro D2, en oubliant certains ayant acquis une place forte : Aurélien Callandret, Loïc Credoz ou Sacha Zegueur (blessé jusqu’à la fin de saison).

Le match Oyonnax-Colomiers (13h) peut permettre aux arrières de récompenser les travaux des avants. Les « gros » ont une place importante dans les deux équipes sachant que le pack de Colomiers est dense. En fin de saison, les Oyomen se sont appuyés sur une forte conquête pour retrouver leur jeu et devraient avoir plus de mal ce week-end. Et même si ce style peut ne pas paraître sexy, Christophe Urios met tout le monde d’accord : « Qui a dit que le rugby se jouait en faisant des passes, de la contre-attaque ? Personne. Tu joues le rugby comme tu le veux« .

Biarritz-Grenoble, étincelles en vue

Alerte énorme choc à Aguiléra ! Dans la foulée de Oyonnax-Colomiers, Biarrots et Grenoblois vont se disputer le dernier billet pour les demi-finales. Cette opposition entre deux clubs très bien structurés, rodés à la Pro D2 est en tous points alléchante. Ce BO-FCG revêt donc un caractère fondamental à ce stade, puisque l’on aurait très bien pu imaginer cette affiche en finale d’accession. Mais la ProD2 n’est pas un long fleuve tranquille. Autant dire qu’alors le troisième à l’issue de la phase régulière s’apprête à accueillir le cinquième et dernier qualifié, rien, absolument rien n’est assuré.

Le Biarritz Olympique a fait du Biarritz Olympique cette saison. Avec leur irrégularité caractéristique qui leur a empêché d’aller titiller les deux intouchables Perpignan et Vannes, les Basques doivent se contenter d’une troisième place. Les hommes de Nicolas Nadau et Shaun Sowerby ont clôturé la saison avec trois succès de suite, dont deux à domicile (Aurillac et Rouen). Cependant, à l’heure d’accueillir le FCG dans un match au couteau, Biarritz n’a toujours pas livré de match référence à Aguiléra. Bien souvent, des succès étriqués même face aux candidats au maintien (une grosse frayeur face à Aurillac lors de la J28 où les Cantaliens étaient tout proches de l’emporter) qui n’inspirent pas la sérénité. Quatrième équipe à domicile avec 11 victoires, 1 nul et 3 défaites, le BO reste tout de même souverain sur sa pelouse.

Il faut dire que Biarritz peut compter cette saison sur des tauliers qui ont su répondre présents, comme le centre Francis Saili, le buteur Gilles Bosch, le troisième ligne Delon Armitage ou encore l’arrière Romain Lonca. Secoué cette saison par des problématiques extra-sportives (un déménagement du club hors du pays basque évoqué), les Biarrots pourront compter samedi sur un renfort de poids. Absent tout au long de la saison, il fait son retour au meilleur moment. C’est le public biarrot ! Quelques centaines d’abonnés tirés au sort pourront se masser en tribune afin d’apporter leur soutien. Avec son jeu résolument offensif, en comptant le troisième meilleur marqueur du championnat dans ses rangs (Steve Barry et ses 8 essais), le Biarritz Olympique a toutes les armes pour rejoindre Vannes en demi.

 

En s’imposant par deux fois cette saison face au FCG et au vu du classement final, le Biarritz Olympique part favori de ce barrage. Crédit photo : Rugbyrama

De l’autre côté, Grenoble se présente en terres basques après une saison décevante. Sixième et dernier qualifié, le FCG est loin de l’objectif de début de saison qui était l’accession direct en demi-finale. Septième équipe à l’extérieur, les hommes de Stéphane Glas soufflent le chaud et le froid loin du Stade des Alpes. Hormis l’exploit tout en maîtrise lors de la J15 sur la pelouse de Charles Mathon d’Oyonnax (27-35), Grenoble a peiné à enchaîner. Des défaites chez les mal-classés (Aurillac, Rouen, Soyaux-Angoulême) et quelques déconvenues à domicile (Biarritz et Perpignan) ont empêché les coéquipiers d’Ange Capuozzo de coller au bon wagon. L’arrière isérois (22 ans), co-meilleur marqueur de la ProD2 avec ses 10 réalisations, est le facteur X de cette formation qui compte de nombreux joueurs qui connaissent bien le TOP 14 (Selponi, Fourie, Bousquet, Nagusa).

Stéphane Glas, qui avait fait tourner son équipe pour le déplacement à zéro points à Montauban vendredi dernier, est peut-être l’explication du parcours en dents de scie de son équipe. L’ancien centre du Stade Français avait justement annoncé très tôt dans la saison – fin novembre – son départ du club à l’issue de la saison. Cette nouvelle a, semble-il, été difficilement digérée par le groupe, puisque les Grenoblois n’ont pas été à la hauteur des quatre matchs suivants l’annonce.

Crédit Photo : Le Dauphiné Libéré

Il n’en reste pas moins que le FCG a l’expérience de ces matchs à enjeu. Deux ans après sa dernière apparition en TOP14, Grenoble rêve d’une nouvelle saison dans l’élite. Avec son jeu tout aussi spectaculaire et dynamique, le club de l’Isère a la ferme intention de déjouer les pronostics à Aguiléra. Alors, qui pour aller défier les irrésistibles vannetais à la Rabine en demi-finale ? Lors des deux confrontations de la phase régulière, c’est Biarritz qui a pris l’avantage à domicile (22-13) et à l’extérieur (14-18). Mais lorsque s’approchent les phases finales, l’envie supplante bien souvent les stats.

Crédit Photo : Le Dauphiné Libéré
Thomas Fraisse et Thomas Palmier

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