Cyclisme

Alan Boileau, révélation du Tour du Rwanda

Alors que le Tour du Rwanda (du 2 au 9 mai) s’est achevé hier par la victoire au général de l’Espagnol Christian Rodriguez (Total Direct Energie), c’est un jeune Français qui s’est mis en valeur sur cette course. Alan Boileau (B&B Hotels – Vital Concept), 21 ans, vainqueur de 3 étapes et 4ème du général a montré tout son potentiel au peloton mondial. L’éclosion d’un nouveau phénomène ? 

Si on lui avait dit il y a plus d’une semaine, qu’il remporterait trois étapes sur ce Tour du Rwanda, Alan Boileau n’y aurait jamais cru. En effet, pour sa première année chez les professionnels, le Finistérien de B&B Hotels – Vital Concept a connu un début de saison très compliqué avec deux abandons sur Paris-Troyes et Le Samyn. « J’étais très déçu de mon début de saison où les résultats n’étaient pas présents. La transition chez les pros c’est une sacrée marge et ça a été difficile malgré tout le travail et l’implication que je donnais ».

Tour du Rwanda - Alan Boileau remporte en solitaire la 2e étape
Alan Boileau sur le Tour du Rwanda. Crédit : Cyclism’Actu

Le capital de confiance n’était donc pas au plus haut avant d’arriver au Rwanda.  Et la première étape mouvementée entre Kigali et Rwamagana n’a pas arrangé les choses où le coureur de 21 ans a fini à 41 secondes du leader après une journée à la barre du peloton. « Une première journée sur une course de 120 bornes avec des équipes moins organisées, ça aurait été le bordel si personne n’avait géré le peloton. Du coup on a géré le peloton et j’ai perdu un peu de temps ».

« Une première victoire qui m’a donné beaucoup de force physique et mentale »

Mais l’ancien pensionnaire du VCP Loudéac n’est pas du genre à baisser les bras. Dès l’étape 2 on l’a vu aux avant-postes en prenant part à la première échappée et en s’échappant à quelques kilomètres de l’arrivée pour s’adjuger sa première victoire. « Une première victoire qui m’a donné beaucoup de force physique et mentale », assure le néo-pro. Une confirmation pour ce jeune coureur qui avait déjà montré tout son potentiel lors de la Ronde de l’Isard en 2020 (4ème au général).

Alan Boileau, vainqueur de la 2e étape du Tour du Rwanda
Alan Boileau, vainqueur de la deuxième étape du Tour du Rwanda. Crédit Photo : Sport News Africa

Visiblement au-dessus du lot cette semaine, le protégé de Jérôme Pineau a récidivé en levant les bras sur la troisième et cinquième étapes. Malgré son jeune âge, Alan Boileau se montre à chaque fois implacable et impeccable au moment de conclure. Comme en témoigne l’étape 5 où il s’impose en costaud devant Alexis Vuillermoz (Total Direct Energie), vainqueur d’une étape sur le Tour de France en 2015. « Alexis Vuillermoz, c’est une référence dans ce domaine, un prodige de l’effort court et intense. C’est une grande satisfaction de remporter une victoire face à lui et dans son domaine ».

Avec son mètre 71 pour 57kg, Alan Boileau est capable d’être très explosif sur ce genre d’exercice. Comme en témoigne une anecdote, rapportée par Direct Vélo : en stage de test chez Arkéa-Samsic, le coureur de Morlaix avait pris « la roue de garçons comme Warren Barguil ou Florian Vachon au moment où ceux-ci décident de se tirer la bourre à la faveur d’une bosse ». Capable de suivre les meilleurs dans des efforts très explosifs, cette étape 5 confirme donc tout le potentiel du jeune homme et envoie un message fort à Jérôme Pineau qui a eu raison de lui faire confiance pour cette année.

Un coureur de caractère

Une étape 5 qui a aussi montré tout le caractère du Finistérien qui n’a pas hésité à faire rouler ses partenaires pour rentrer sur l’échappée du jour. Car oui, le jeunot de 21 ans a osé faire rouler Pierre Roland, Cyril Gautier et Jonathan Hivert, rien que ça. « J’ai eu assez peur j’avoue ! Je me suis dit on n’a pas trop le choix, je me sentais capable d’aller remporter la course. Mais j’avais quand même intérêt à faire un beau résultat ! Après je n’aurais jamais pu prendre ces responsabilités sans des résultats sur les courses précédentes ».
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L’équipe de B&B Vital Concept sur ce Tour du Rwanda. Crédit Photo : FRJ Design & Photography

En effet, aux pays des mille collines, la formation bretonne de Jérôme Pineau n’a pas fait dans la dentelle et a aligné une belle équipe avec en tête de proue Quentin Pacher et Pierre Roland. Une opportunité unique pour Alan Boileau qui a beaucoup appris auprès de ces partenaires de course. « J’étais un peu timide d’arriver dans ce groupe-là. Mais on a  bien bossé ensemble pendant une semaine et la cohésion a été parfaite. C’était très enrichissant, j’ai beaucoup appris d’eux », explique-t-il.

Aucune porte fermée pour le Tour de France

Au Rwanda, le coureur des Mens in Glaz a trouvé un terrain de jeu correspondant parfaitement à ses qualités de rouleur-grimpeur. En effet, le pays des mille collines porte bien son nom et n’offre aucun mètre de plat. Un profil de course à étapes qu’il affectionne également particulièrement. « C’est sûr je préfère les courses à étapes. Avec ce type de course, j’aime bien jouer sur la fatigue en général, je me sens de mieux en mieux jour après jour. Mais comme j’ai fait qu’un seul Tour de 4 jours, je n’ai pas eu assez de préparation pour tenir jusqu’au bout avec 8 étapes ».

Avec trois victoires d’étapes, le coureur de B&B Hotels – Vital Concept ne se ferme aucune porte pour le Tour France. Et les opportunités existent quand on voit que la formation bretonne a donné sa chance l’année dernière au néo-pro, Maxime Chevalier. Mais le triple vainqueur d’étapes reste lucide et rappelle que « la sélection se jouera surtout sur les performances du mois de juin ». Désormais, Alan Boileau doit confirmer sa bonne forme du moment dès la semaine prochaine sur le Challenge de Majorque (du 13 au 16 mai).

Crédit Photo : Sports Addict
Eloi Thouault

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