Biathlon Sports d'hiver

Les 5 leçons de la saison

Clap de fin pour la saison 2020-2021 de la Coupe du monde de biathlon. Après dix étapes et des Championnats du monde disputés à huis clos, les biathlètes déchaussent les skis et rangent la « cara ». Ces trois mois et demi de compétition nous ont comme toujours réservés de belles surprises. L’heure est au bilan de cette saison inédite. 

Si les noms de Johannes Boe, Dorothea Wierer, Tiril Eckhoff et Quentin Fillon-Maillet vous semblent familiers, ceux de Sturla Laegreid, Sebastian Samuelsson, Dzinara Alimbekava et Ingrid Tandrevold le sont sûrement moins. Une belle preuve que cette saison s’est révélée être un véritable choc des générations. Cette année, le biathlon a perdu l’un de ses grands champions Martin Fourcade, mais il n’en est rien de la magie et du spectacle que nous a offert ce sport. Après un finish exceptionnel pour le gros globe chez les hommes et une nette domination côté femmes, voici les cinq leçons de cette saison.

Tiril Eckhoff, nouvelle reine du circuit

La biathlète de la saison, c’est elle. Tiril Eckhoff peut enfin tenir dans ses mains le gros globe de cristal, ce graal qui lui a échappé la saison dernière pour 7 points. Pour cette ancienne du circuit, la régularité a souvent été un frein. Mais cette fois-ci, elle n’a rien laissé au hasard et s’impose devant sa compatriote Roeiseland avec 189 points d’avance (1152 pts). La Norvégienne a fusé sur les skis et ses tirs se sont considérablement améliorés au fil des courses. Et malgré un départ compliqué à Kontiolahti, cet équilibre parfait entre vitesse et lucidité ne l’a jamais quitté.

Crédit photo: Twitter IBU

Mais la trentenaire n’a pas seulement gagné le classement général, elle a véritablement marqué l’Histoire du biathlon. En atteignant la barre des treize victoires sur une saison, elle se retrouve à une unité du record détenu par la Suédoise Magdalena Forsberg. Parmi ces succès, cinq doublés consécutifs sprint/poursuite et un record féminin de sept victoires de suite en sprint. Un format de course contre-la-montre qui lui convient parfaitement au vu de sa vitesse à ski. Et puis Eckhoff est imperturbable lorsqu’elle est seule sur la pas de tir. Une domination indiscutable et spectaculaire.

Johannes Boe au bout du suspens

Que cela a été dur ! Après un duel exceptionnel contre son jeune dauphin Sturla Laegreid, c’est finalement l’expérience qui a parlé. Johannes Boe conserve son gros globe de cristal au bout d’une bataille qui a duré de la première à la dernière course. En finissant troisième de l’ultime mass-start, le Norvégien devance son compatriote de 13 points. Il a su gérer la pression au moment fatidique, exactement comme l’année dernière. C’est la troisième saison d’affilée que le cadet des frères Boe gagne la Coupe du monde. Et sûrement pas la dernière.

C’est sûr, le Scandinave s’est fait peur. Constamment chassé par le petit nouveau Laegreid, le leader a parfois coincé dans les courses à enjeux. Mais même si tout n’a pas été parfait cette saison, notamment derrière la carabine, sa vitesse sur la piste a affolé les compteurs et lui a souvent sauvé la mise. Si Johannes ne remporte « que » trois courses, sa régularité a été récompensée. Il est maintenant averti, plus le droit à l’erreur. Il devra vite corriger ses moments d’absence au tir et se fixer sur une carabine qui lui convient, s’il veut rivaliser avec Laegreid sur le pas de tir.

Les jeunes à l’attaque

Il n’y a pas que les expérimentés Norvégiens qui s’illustrent. Outre Eckhoff (1ère du général), Roeiseland (2ème) et les frères Boe (1er et 4ème), les jeunes du pays brillent aussi. Preuve en est, l’incroyable saison de Sturla Laegreid. Le jeune homme de 24 ans aux stats hallucinantes est déjà annoncé comme la relève du biathlon mondial. Avec une réussite de 92,6 % au tir, il est l’homme le plus médaillé des Mondiaux (4 médailles d’or) et sacré meilleur jeune de la saison. Son ami Johannes Dale a lui aussi performé en terminant 5ème du général. Côté femme, Ingrid Tandrevold est la révélation féminine en terminant 8ème. A 24 ans, elle signe cinq podiums individuels dont deux sur les Mondiaux et remporte même la dernière course de la saison. Une victoire qui lui a offert le petit globe de la mass-start.

Si la Norvège domine nettement le circuit, d’autres nations abritent des jeunes talentueux. D’abord la Suède, représentée par Sebastian Samuelsson et les sœurs Öberg. Si Hanna (25 ans) est déjà bien installée parmi les meilleures et termine 4ème du général, sa sœur Elvira (22 ans) disputait sa première saison complète. Malgré d’excellents débuts, elle n’a finalement pas tenu la distance dans la course au dossard bleu (meilleure jeune de moins de 25 ans), mais reste à surveiller de près. Leur homologue masculin de 24 ans Samuelsson, signe une très belle 6ème place et continue de monter en puissance. Et si Davidova (Rep. Tchèque) a elle aussi concouru pour le dossard de meilleure jeune, c’est la Biélorusse Alimbekava qui le remporte en terminant 7ème du général. Dans le top 15, six femmes ont moins de 25 ans.

Bilan mitigé pour les Françaises

Dans le clan des Bleues, les résultats sont en demi-teinte. L’équipe peut dire merci à Anaïs Chevalier-Bouchet, seule tricolore à bien figurer au général (9ème). Partie en congé maternité la saison dernière, la jeune maman est revenue en forme. Quatre podiums individuels dont deux sur les Mondiaux et une belle régularité qu’elle a su tenir tout au long des mois. Plus expérimentée, Anaïs s’est adjugé cette place de leader dans l’équipe. Sa compatriote Anaïs Bescond se classe 18ème avec en prime le dossard argenté, récompense symbolique pour les athlètes de plus de 33 ans.

A leurs côtés, des filles plus jeunes toujours en phase d’apprentissage et souvent trop irrégulières. Justine Braisaz-Bouchet termine la saison sans un seul podium individuel, du jamais vu depuis cinq ans. Julia Simon, elle, a fait le yoyo. Une majorité de courses moyennes avec quelques exploits. Elle a tout de même remporté deux mass-starts, mais a craqué sur la dernière ce qui lui a coûté le petit globe.

Le principal ennemi des filles ? Le tir. Trop de balles perdues qui les empêchent d’accrocher de belles places. Dommage quand on voit leur forme à ski car côté physique, c’est positif. La frustration est d’autant plus grande. Tout n’est pas à jeter, comme les relais : quatre podiums, un de plus que la saison dernière. L’équipe de France voit aussi arriver une jeune femme très prometteuse, Lou Jeanmonnot. En très peu de courses, elle a montré une grande sérénité et précision derrière la carabine. De bonne augure pour la saison prochaine.

Du bon chez les Bleus

Et pour les Français ? Avec le départ de Martin Fourcade, cette saison était comme un test pour les tricolores. Pouvaient-ils combler ce vide et montrer une forte présence collective ? On peut dire que la mission est réussie. D’abord parce que Quentin Fillon-Maillet termine 3ème du général pour la troisième saison consécutive. Il visait certes la première place et n’a pas obtenu les résultats espérés en terminant souvent 4ème. Mais en remportant trois courses dont un doublé sprint/poursuite, le Jurassien a montré son incroyable régularité, lui qui n’est pas sorti du top 10 pendant treize courses de suite.

Emilien Jacquelin n’a pas toujours brillé et a même quelques fois contre-performé. Mais son objectif a été rempli : conserver son titre de champion du monde de la poursuite. Et puis les problèmes de carabine, les chutes et les craquantes, c’est ce qui fait la beauté du biathlon. Antonin Guigonnat et Fabien Claude ont fait le show, même si le second a eu du mal à finir la saison. La fratrie Claude s’agrandit d’ailleurs en équipe de France, avec l’arrivée d’Emilien, très bel espoir. Comment ne pas évoquer la fin de saison de Simon Desthieux ? Le doyen de l’équipe semble transformé depuis les Mondiaux de Pokljuka. Il part en vacances avec quatre podiums individuels dont deux victoires (les premières de sa carrière) et plus beau encore, la première place sur la dernière course de la saison. Un beau clin d’œil à son ami Martin.

L’équipe de France de biathlon. Crédit photo: actu.fr
Crédit photo: TV2
Mila buchet

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