Calendrier de l'Avent Rugby

Jour 23 : Nuit d’ovalie, Nuit de folie

6 octobre, 20 heures, le XV de France affronte les All Blacks en quart de finale de la coupe du monde 2007. Même si la compétition est organisée en France, c’est à Cardiff lors d’un soir d’automne, que prend place la confrontation. Les Olympistes vous emmène dans le mythique Millenium Stadium revivre cette opposition mythique.

L’affiche est historique ! Seuls deux matchs de coupe du monde opposent alors ces deux grandes nations de l’ovalie. Premiers finalistes en 1987, la Nouvelle-Zélande a alors raison des Bleus. Il faut attendre la folle victoire de 1999 pour que la France prenne sa revanche. Un lourd passif pèse donc sur cette rencontre.

Défaits par l’Argentine en match d’ouverture de leur compétition, le XV de France obtient sa qualification au détriment des Irlandais à la suite d’une victoire convaincante. De l’autre côté, les Blacks atomisent littéralement la poule C. C’est avec quarante-quatre essais marqués pour quatre encaissés que la Nouvelle-Zélande s’en va déguster une petite poule-au-pot. Emmenés par Bernard Laporte, nos Coqs détiennent clairement la pancarte d’outsiders.

Un avant match électrique. Crédit photo : Télé Star

Un statut d’outsider confirmé par la première période du match où les Bleus s’emploient à défendre vaillamment tout en bazardant au pied le peu de ballons dont ils disposent. Le troisième-ligne français, Serge Betsen, fait les frais de cette intensité étouffante. Il doit sortir dès les premières minutes, totalement groggy après un violent contact dans un ruck. Les Blacks réussissent par deux fois à percer le rideau défensif français. Par deux fois, Luke McAllister illumine de son talent Cardiff. La deuxième sera la bonne puisqu’il file à dam, conclure un mouvement qu’il initie en effaçant Marty. À ce jour, il est encore possible d’apercevoir le Catalan, errer sans but les soirs de pleine Lune sur la pelouse du Millenium, à la recherche de ses reins.

Bien que sur une jambe, Dan Carter aka Daniel le Brave passe tout de même huit points au pied et porte le score de treize pions à trois sur le planchot. Trois pauvres points inscrits juste avant la pause par l’intermédiaire de Beauxis. Non non vous ne rêvez pas il s’agit bien de Lionel Beauxis ! Si la perspective de retrouver un duel à l’ouverture Carter/Beauxis peut aujourd’hui faire sourire, il ne faut pas s’y méprendre. Don Bernardo a la côte à cette époque, pouvant se targuer d’être champion du monde des moins de 21 ans.

Turnover

Au retour des vestiaires, le XV de France se montre enfin dangereux. Les hommes du capitaine Ibañez dictent désormais leur loi aux Blacks. McAllister, joueur de la première période, se retrouve à nouveau sur le devant de la scène. Néanmoins, il endosse cette fois-ci la tunique du méchant. Alors que J.B Élissalde ajuste un subtil coup de pied par-dessus, Luke le Félon se dresse dans la course du bon Jauzion. D’un perfide coup d’épaule, le 12 black sèche le Platane qui s’en allait disputer le ballon dans l’en-but. Ni une, ni deux, Barnes sort le jaune et expédie McAllister au frigo se rafraîchir les idées.

Les Bleus profite de leur supériorité pour donner un coup de collier. Dusautoir se retrouve alors à pourfendre la ligne du XV de la fougère bien servi par Jauzion, encore lui ! Le score est désormais de parité. Un match plein pour le Toulousain auteur d’une prestation remarquable en défense, faisant honneur à son surnom de « Dark Destroyer ». Malheureusement, sous l’impulsion du puissant So’oialo, les Blacks repassent devant de cinq unités. Il reste alors une vingtaine de minutes à jouer. Vingt minutes pour renverser la vapeur, vingt minutes pour s’offrir une demi-finale de coupe du monde, vingt minutes pour aller taper les Blacks.

66ème minute, retenez bien qu’à cette soixante-sixième minute Laporte décide de sortir Beauxis pour l’entrée d’un homme au crâne luisant. Pour son premier ballon, Frédéric Michalak récupère une passe de Traille que l’on qualifiera d’au cordeau *wink* *wink*. Michalak, frais comme un gardon, se fait la malle et transmet à Jauzion alors au soutien. Avec ses 1m93 pour 108 kg, autant vous dire qu’à dix mètres de la ligne d’essai, lancé comme un frelon, il ne faut pas craindre pour sa vie. Pour paraphraser Gilardi sur TF1 à l’époque, c’est « la terre promise » pour le centre français.

L’essai est transformé. La Nouvelle-Zélande ne reviendra pas. Les Bleus l’ont fait, les Bleus ont battu la meilleure nation du monde.

 

Scène de liesse au Millenium. Dominici exulte, il était de ceux de 1999. Il s’offre à nouveau les Blacks, huit ans plus tard. Ils sont peu à avoir battu les rois du rugby deux fois en phase finale de coupe du monde. Tu en fais partie,

Adieu Domi.

Crédit photo : Sport/Foot Magazine
Crédit photo : JOHN SELKIRK/FAIRFAX NZ
Louis Mathieu

 

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