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Jour 17 : Yoann Gourcuff, esthète et artiste

L’esthète cultive l’une des sciences les plus élégantes qui soit, celle du beau. Il mobilise notre sensibilité pour mieux palper nos émotions. Un sentiment puissant, qui s’apprécie sans jamais en être las. Alors, l’homme, épris de ce plaisir esthétique, peut voir du beau en bien des choses. Un paysage, une douce symphonie, la rondeur d’un bon vin, une démarche assurée, une peinture.

La plume de cristal

Nous sommes en Gironde, le dimanche 11 janvier 2009 et il est 21h. L’artiste se prépare, c’est aujourd’hui qu’il présente sa toute nouvelle toile. Son cadre est un rectangle vert de 105 mètres sur 68. Pourtant, il ne va utiliser qu’une minuscule partie de cet environnement pour sa sublime création. Pendant 69 minutes et 25 secondes, il puise en lui toute l’inspiration nécessaire à son chef-d’œuvre. Armé de son pinceau bleu marine, les premières traces de peinture se dessinent.

Le talentueux garçon choisit de donner vie à son œuvre à une vingtaine de mètre du bord gauche du cadre, légèrement excentré. Le premier coup de pinceau est soudain, d’une habilité rare. La fine traînée de peinture dévoile une roulette, élégante et efficace. Ensuite, deux tâches, bien distinctes. L’une d’abord à droite, l’autre juste à côté, plus à gauche. Enfin, se conclut une jetée de peinture puissante, tracée avec la pointe du pinceau. Sa courbe est pure, légèrement profilée, presque parfaite.

Le vernissage accueille 31 910 amateurs d’art dans la galerie Chaban-Delmas. Lorsqu’ils découvrent l’œuvre, impossible de cacher leur émotion. Ils bouillonnent, explosent, se lèvent, célèbrent. Ébahis, ils ne peuvent s’empêcher de profiter encore et encore de cette merveille, diffusées en grand via un écran géant. Les deux spécialistes chargés de commenter la chose sont aussi en extase. La communion est totale, le salut de l’artiste triomphal. La beauté de la peinture est telle qu’elle a provoqué une seule et même émotion dans le cœur de chaque spectateur : le bonheur.

Emmanuel Kant définissait le beau comme « ce qui plaît universellement et sans concept ». Il attache donc cette notion à la raison, en faisant une donnée presque objective. Lorsque l’on affirme que quelque chose est beau, alors tout le monde devrait trouver la dîtes chose belle. Comme si le beau ne se discutait pas, comme si le beau s’appréciait tout simplement. Alors oui, quand parfois je pense au beau, une petite part de moi ne peut s’empêcher de se rappeler Yoann Gourcuff.

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Crédit image : Sud Ouest

 

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