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Jour 15 : Jill Ellis, le rêve Américain

Jill Ellis a toujours aimé le football. L’ex-coach de l’USWNT (l’équipe des Etats-Unis féminine de football) a presque tout réussi. Elle est la première entraîneure de l’histoire à avoir remporté deux Coupes du monde d’affilée (2015, 2019), et a mené « l’équipe de foot la plus prolifique du monde » à la première place mondiale pendant 6 ans. Un parcours exceptionnel, récompensé par le prix de meilleure entraineure en 2015, puis 2019. Celle qu’on surnomme la « Dame de fer » a souvent comparé le plus haut niveau mondial, à l’ascension du sommet d’une montagne. 

Le foot comme seul horizon

Née d’un père Anglais et d’une mère Ecossaise, le foot a été chez les Ellis ce qu’était le tennis chez les Williams: une histoire de famille. Mais dans une société britannique des années 70 où le football féminin n’existe pas, l’appel de l’Amérique était irrésistible. Dès son arrivée aux Etats-Unis à l’âge de 12 ans, Jill a donc commencé à jouer au football, incitée par son père, lui-même entraîneur. Malgré un bon niveau, la jeune femme ne voyait pourtant pas dans ce sport un plan de carrière. Mais 8 ans plus tard, une offre en tant qu’entraineure adjointe du club local l’a convaincu. Ellis a préféré suivre sa passion, au détriment d’un salaire élevé. Finalement, une opportunité lui a permis de se retrouver à la tête de l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) en 1999. Elle aura gagné 248 titres universitaires avec l’équipe. Une vie aux côtés du ballon rond lui était définitivement destinée.

Jill Ellis à la l’Université. Crédit photo: theatlhetic.co.uk

« Tiens bon, garde le cap ». Un mantra issue de la marine que Jill Ellis s’est souvent répété au fil de sa carrière. Car si la route qui mène au sommet n’est pas insurmontable, rester en haut de la montagne est une tâche ardue. Lorsque la coach a pris les commandes de l’équipe nationale en 2014, son défi était de rendre la Coupe du monde aux Américaines, perdue depuis 1999. Et la victoire s’est offerte aux joueuses d’Ellis dès l’année suivante.

« Si tu veux maintenir l’excellence, soit non seulement le meilleur, mais reste le. »

Mais comme elle le dit si bien, la place de numéro 1 est convoitée par beaucoup d’équipes. Cela a été le cas de la Suède, qui a infligé à Ellis la plus grosse défaite de la sélection américaine depuis 2000: ce quart de finale aux JO de Rio en 2016. Un échec aux tirs aux buts qui a eu l’effet d’une bombe au sein de l’équipe. L’heure du changement avait sonné. Entre départs, arrivées et nouvelle tactique, Jill Ellis a d’abord connu une période compliquée en 2017. La menace de se faire licencier était omniprésente. Mais ses remaniements ont finalement porté ses fruits, soldé par une victoire au Tournoi des Nations (2018), puis à la Coupe du monde 2019, ou les américaines ont brillé. Un acharnement payant pour la coach qui a toujours tenu bon, et gardé le cap.

La lutte d’une vie

Au delà du football, l’engagement est un aspect dominant de la vie de Jill Ellis. Rien n’a été facile pour elle, mais le courage et l’honnêteté dont elle a fait preuve l’ont aidé à s’assumer. Inspirée par Billie Jean King, Ellis a montré qu’une femme queer pouvait être une vraie leadeuse dans le monde du sport. Et puis la victoire en Coupe du monde 2019 a réveillé les Etats-Unis. Il était selon Ellis, primordial de s’imposer pour pouvoir s’affirmer et faire entendre ses revendications. « L’equal pay » (l’égalité salariale) était alors au centre des débats et la lutte qu’ont menées les joueuses a eu un fort retentissement. Pour Ellis ce ne sont pas que des athlètes, elle représentent une voix pour les femmes du monde. Depuis sa retraite prise en octobre 2019, elle s’engage pour la promotion du football féminin dans le monde, et la réduction des inégalités homme-femme dans le sport. Sa plus grande réussite est d’avoir pu montrer le niveau que les femmes pouvaient atteindre.

Crédit photo: goal.com
Mila Buchet

 

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