Sports d'hiver

Biathlon : les Bleus encore trop timides

Après un départ au ralenti, l’équipe de France de biathlon était attendue au tournant. Pour le deuxième week-end consécutif, c’était en Finlande que les athlètes allaient en découdre. Une nouvelle fois, les troupes françaises ont relativement déçu à Kontiolahti. Surtout les leaders.

Le retour : Anaïs Chevalier-Bouchet, un sourire (masqué) qui fait du bien

Après une saison de pause, la jeune maman a repris la compétition, non sans ambition. Après deux neuvième et douzième places encourageantes lors de la reprise, Anaïs Chevalier-Bouchet a cette semaine passé un cap. Jeudi, lors du second sprint de la saison, l’Iséroise apporte à la France sa première médaille de la saison. Une deuxième place obtenue grâce à un sans faute au tir. De bon augure avant la poursuite de dimanche sur laquelle elle s’élance à moins de dix secondes de la leader. Malheureusement, ses sept fautes au tir dont quatre lors du premier debout l’auront privé d’un doublé en individuel.

Car oui, c’est bien avec deux médailles qu’Anaïs Chevalier-Bouchet quitte la Finlande. La deuxième, d’argent également, aura été glané lors du relais. Avec sa sœur Chloé, la team France aura pu s’appuyer sur ses chevalières armées de carabines pour remporter ses duels. Sans le petit craquage de Justine Braisaz, trois pioches sur le dernier tir, les Françaises auraient même pu jouer la victoire jusqu’au bout.

La première : Fabien Claude, l’argent autour du cou

Alors que les hommes n’avaient pas réalisé le meilleur départ, c’est un de ceux que l’on attendait le moins qui a ravivé un semblant de flamme. Jeudi déjà, Fabien Claude avait porté les couleurs bleu, blanc et rouge le plus haut. Grâce à sa onzième place à 54 secondes de Tarjei Boe, il nourrit des espoirs de Top 10 lors de la poursuite. Samedi, il fera encore mieux.

Malgré trois fautes, il réalise une course splendide sur les skis et termine sur la seconde marche  du podium. À la lutte contre Johannes Boe dans le dernier tour, le Français s’offre le luxe de décrocher le Norvégien avant même le sprint final. De quoi nous faire vivre les premiers véritables moments forts de la saison. Fabien Claude s’offre ainsi son deuxième podium en coupe du Monde après une médaille de bronze obtenue au même endroit l’année dernière.

La déception : Fillon-Maillet, Jacquelin, ambitions légitimes ?

Orpheline de Martin Fourcade, l’équipe de France allait devoir se trouver de nouveaux leaders. Quentin Fillon-Maillet se présentait comme le successeur, celui qui pourrait le mieux endosser ce nouveau rôle. Il le disait lui-même, son objectif est le gros globe. Emilien Jacquelin lui se devait de confirmer après son explosion la saison précédente. Cependant, le meilleur biathlète de l’histoire n’étant désormais plus là, il y a beaucoup plus de lumières pour les autres. Ne pouvant plus se cacher derrière les bonnes performances de Fourcade, la pression est désormais sur leurs épaules. Et logiquement, en cas de mauvaises performances, ce sont ces nouveaux hommes forts qui en paieront les conséquences.

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Suite à un premier week-end décevant, il fallait déjà se racheter. Sous peine de voir immédiatement se creuser l’écart avec la tête du classement général. Après quatre courses, QFM se classe huitième et possède déjà 87 points de retard sur Boe. Jacquelin lui s’en va de Finlande au quinzième rang. Le principal fait d’arme des deux bonhommes se fait sur la  poursuite. Loin sur la ligne de départ après un sprint manqué, Quentin et Émilien se classent respectivement dixième et huitième. Ce regain de forme n’aura pas été confirmé lors du relais. Avec six fautes consécutives, Jacquelin a immédiatement sabordé les chances françaises. Réveil attendu à Hochfilzen, d’autant plus que le leader n’est pas impérial.

L’interrogation : J.T. Boe est-il imbattable ?

Il est bien trop tôt pour envisager ne serait-ce que de remettre en cause le statut de favori de Johannes Thingnes Boe. Le Norvégien termine ce périple finlandais à la première place du classement avec cinq podiums en cinq courses dont deux victoires. Biathlète le plus régulier sur ces deux week-ends, il aura tout de même montré des limites sur lesquelles pourront appuyer ses concurrents.

Toujours aussi fougueux sur le pas de tir, il semble imbattable lorsqu’il réalise le sans-faute. Mais voilà, habituellement intouchable sur la piste, J.T. Boe a montré à ses concurrents que l’espoir était (pour le moment) permis. Pas encore dans le rythme ? Déstabilisé par ses erreurs ? Tout simplement moins fort que l’année dernière ? Il ne serait pas sage d’enterrer le dernier vainqueur du gros globe après deux semaines de courses. Ce qui est sûr c’est que même sans Martin Fourcade, la bataille sera à chaque départ.

L’équipe : la Suède, départ canon

Et cela est notamment du à des petits jeunes qui ont bien envie de faire déjouer les plus anciens. Le maillot bleu a d’ailleurs été introduit cette année pour récompenser le biathlète de moins de 25 ans le mieux classé. Pour le moment, c’est Sebastian Samuelsson qui l’arbore fièrement. À 23 ans, c’est l’année de la confirmation pour le Suédois. Talentueux, il était auparavant trop irrégulier pour viser le classement général. Il n’est pour le moment sorti qu’une fois du Top 10, s’offrant même une victoire et deux autres podiums, dont une deuxième place en relais.

Les Suédoises ne sont pas en reste non plus. Après avoir fini quatrième du général, Hanna Öberg vise cette année le titre et s’est positionnée comme une des favorites. Grâce à ses trois victoires et une troisième place, c’est logiquement elle qui prend d’entrée la tête du classement. Comme leurs homologues masculins, le relais suédois a ici aussi brillé en terminant cette fois-ci à la première place. Une performance qui vient confirmer la formidable force de frappe des combinaisons jaunes depuis deux semaines. Elles sont pour le moment quatre à se classer dans le Top 10. Parmi elles, Elvira, la petite sœur de Hanna. Déjà sur les traces de son ainée, la biathlète de 21 ans viens perpétuer la tradition des fraternités dans le biathlon.

Le week-end prochain à Hochfilzen promet déjà d’être décisif pour l’équipe de France qui ne doit pas laisser partir les wagons de tête. Première course vendredi avec le sprint féminin.

Arthur Picard
Crédits photo : VOIGT / Kevin Voigt

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