Calendrier de l'Avent Rugby

Jour 2 : déluge à Durban

17 juin 1995, les Bleus jouent leur deuxième demi-finale  de la Coupe du monde de rugby en Afrique du Sud contre les Boks. Les Bleus d’Émile Ntamack, Deylau, Lacroix tutoient les plus grands cette année. Ils ont rendez-vous avec l’histoire face à une équipe sud-africaine portée par son public et son président Mandela. Mais durant cette journée de 1995, le sort s’en est mêlé. 

Station balnéaire sur l’océan Indien, Durban est réputé pour son ensoleillement. Cinq jours de pluie en moyenne en juin-juillet. Depuis le début de la Coupe du monde, il n’y a jamais plu. L’improbable se produit alors, et des rideaux d’eau tombent ce 17 juin 1995.

Pluie torrentielle, méthode archaïque

Cette pluie-là, personne n’y était préparé. Pas même les organisateurs du tournoi. Comment se préparer à l’impensable ? Tout serait rentré dans l’ordre si cela avait été une légère pluie. La pelouse aurait été un peu mouillée, les joueurs auraient glissé et auraient été contents. Mais ce jour-là à Durban, le terrain n’était pratiquement plus praticable. Comme si la Coupe du Monde avait magiquement été transférée en Écosse.

Des trombes d’eau, des rideaux, appelez ça comme vous voulez mais le terrain était impraticable. Les hommes des deux capitaines Saint-André et Pienaar avaient envie d’en découdre. Une place en finale contre les Blacks était en jeu. Pouvoir affronter Jonah Lomu et essayer de l’arrêter.

« On a arrêté deux fois l’échauffement, on rentrait dans le vestiaire boire du café. Mentalement, nous étions prêts mais c’était injouable ». Christophe Deylau

Avant de débuter la rencontre, les organisateurs devaient éponger la pelouse. On rencontre souvent le problème d’une pelouse ne pouvant engorger un volume trop important d’eau. Le Kings Park Stadium était  complètement noyé. Et comme seuls outils pour déblayer l’eau, des balais et râteaux. Bien qu’inutile, cette méthode archaïque a tout de même pu donner l’illusion de pouvoir jouer. Mais a surtout permis de photographier des moments d’histoire dans cette Afrique du Sud postapartheid.

Des personnes blanches et noires travaillant main dans la main pour voir les Bocks jouer. Crédit Photo : Getty Images

Des coqs noyés

Au final, les jours de pluie au rugby, peu de choses peuvent faire basculer un match. Les deux équipes, à niveau similaire, peuvent à tout moment faire une faute de main profitant à l’adversaire. Le buteur des Bleus, Thierry Lacroix affirme : « Le match ne nous a jamais échappé. Ça aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. Ça s’est joué à pile ou face« .

Les Coqs ont les pattes plus courtes que les Springboks et perdent cette rencontre pour finir troisième du tournoi. La suite est aujourd’hui dans l’Histoire, et très bien racontée dans le film Invictus. Les Sud-Africains, devant leur président Mandela, remportent la troisème Coupe du monde de l’Histoire, alors qu’ils étaient perçus comme une équipe faible quelques mois auparavant.

Crédit Photo : Icon Sports
Thomas Fraisse

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