Sports d'hiver

Caroline Colombo : « Se concentrer d’abord sur la performance avant d’aller chercher la régularité »

Début de saison de biathlon à Kontiolahti ce weekend, un départ sans podium pour les Français mais qui laisse espérer de bonnes performances pour la suite de la saison. Retour sur ce début de saison avec Caroline Colombo.

Lors de ces quatre premières épreuves, aucun Français n’est parvenu à monter sur le podium. On y attendait pourtant Quentin Fillon Maillet qui ne cache plus son objectif, le gros globe. Malgré une prestation moyenne, l’équipe de France s’en sort avec 4 hommes et 3 femmes dans le top 20 des classements généraux respectifs. Un premier weekend compliqué que l’on a tenté de décrypter avec l’aide de Caroline Colombo. La biathlète jurassienne a bien commencé sa saison en finissant 19e lors de l’individuel et en signant un top 50 en sprint malgré deux fautes lors du tir debout.

Une préparation chamboulée

Ce weekend n’a rien d’un scénario catastrophe, cependant la vitesse des Français sur les skis amènent des questions : comment Quentin Fillon Maillet peut-il finir sixième à 1 minute de Johannes Boe alors que le sprint est une de ses épreuves phares ? Pour Caroline Colombo la réponse est simple : « cela fait trois mois que les Scandinaves skient, nous on a seulement fait 10 jours à Bessans. Si on regarde les podiums de ce weekend, à part Wierer, ce sont les Scandinaves qui ont tout raflé ». En effet, du fait du contexte sanitaire actuel, la France n’a pu aller s’entraîner en Norvège comme elle le fait tous les ans, c’est alors le site de Bessans qui l’a accueilli. Le problème est que ce site ne comporte qu’une piste de 1,6 kilomètres et que la neige est très différente des pays nordiques.

Quentin Fillon Maillet doit faire mieux pour battre Johannes Boe. Crédit photo : Jean-Pierre Clatot / AFP

Malgré cette préparation compliquée, on a vu une équipe de France féminine homogène. La biathlète jurassienne confie que cette densité s’est aussi vue lors de la préparation. « On voyait qu’on était beaucoup plus regroupées, sur les longues séances d’aérobie on était beaucoup plus ensemble alors que l’année dernière il pouvait y avoir 10 minutes d’écart entre les athlètes ». Une densité essentielle pour la Française « plus le groupe est fort, plus les filles seront fortes », annonce-t-elle. Le retour d’Anaïs Chevalier Bouchet a aussi changé la dynamique de la préparation, pour Caroline Colombo, elle a ramené la rigueur qu’il manquait peut être avant. « C’est quelqu’un qui est très travailleuse et qui sait pourquoi elle est là ». Une préparation chamboulée mais qui pour l’instant donne de bons résultats chez les filles.

L’incertitude covidienne

Alors que le kiné de l’équipe de France a été testé positif à la Covid-19, le staff s’est démené pour que tous les biathlètes puissent prendre le départ de la course samedi. L’IBU a alors accepté que tous les athlètes français courent, un soulagement pour toute l’équipe. Cette constante peur du virus est ressentie par tous les sportifs. D’ailleurs, certains ont été touchés lors de la préparation, comme Antonin Guigonnat. Ce dernier n’avait pas de symptômes mais a dû mettre sa préparation en pause pendant quelques jours. Caroline Colombo confie alors « toucher du bois » pour ne pas être contaminée.

Pour éviter une chaîne de contamination importante, toutes les équipes nationales ont mis en place des binômes. Cela permet de n’avoir qu’un seul cas contact si un cas positif est détecté. L’impact psychologique de cette isolation par binôme n’est pas à sous estimer. La Jurassienne, en binôme avec Justine Braisaz Bouchet, déclare : « pour l’instant la situation ne me dérange pas du tout mais on verra je pense que ça peut être pesant au bout d’un mois ». Elle confie aussi que l’ambiance de Coupe du monde des années précédentes a disparu. Seule dans les couloirs avec ses chaussures, elle avoue que « c’est triste, tout le monde est masqué, on ne se parle pas, ce n’est pas la joie de la Coupe du monde des années précédentes ».

Le cas Colombo

La jeune femme de 23 ans a, dans les deux courses du weekend, fait de belles performances. « Je suis contente de ma forme physique, j’ai montré que j’avais progressé et que je suis ne plus dans la situation où il faut que j’attende que les autres se plantent pour que je fasse un bon résultat. » Une forme physique qu’elle explique par une prise de maturité au fur et à mesure des années. « Je commence à être plus active sur le circuit. Pour le moment, j’ai fait trop d’erreurs au tir, c’est ce qui m’empêche d’être devant, c’est encourageant mais il faut concrétiser. » En effet, sans ses deux erreurs au tir debout lors du sprint de dimanche, la Française aurait pu espérer un top 10.

Caroline Colombo avec l’un de ses dossards les plus élevés en 2019. Crédit photo : NordicFocus

Elle ne s’en cache pas, elle signe et elle l’annonce cette année elle veut des top 10 ou des top 15, « des gros coups à son niveau » mais sans objectif pour le général. La Jurassienne préfère « se concentrer d’abord sur la performance avant d’aller chercher la régularité ». Cependant un obstacle se hisse souvent devant elle, son dossard élevé. Ainsi, lors du sprint de dimanche elle portait le dossard 102, elle avoue que ça a été « compliqué surtout que ça brassait beaucoup ce weekend ». Caroline Colombo ne compte pas baisser les bras pour autant. « Tous les athlètes passent par là donc maintenant il faut réussir à gravir les échelons, faire des courses meilleures que les autres pour gagner des places dans d’autres groupes ».

Les pronos de Caro

Avant de partir se reposer, Caroline Colombo a donné ses pronostics. Et pour elle, c’est clair depuis cet été que c’est Hanna Oeberg qu’il faudra surveiller tout au long de la saison chez les filles. Elle estime que la jeune Suédoise a acquis la maturité nécessaire l’an dernier afin de raflé la maillot jaune à la fin de l’hiver. Du côté français, elle voit bien son binôme, Justine Braisaz Bouchet, performer : « elle est très régulière sur les skis, une fois qu’elle aura corrigé son tir et son temps de tir elle sera présente jusqu’à la fin de l’hiver ».

La jeune Hanna Oeberg se révèlera-t-elle cette année ? Crédit photo : Steffen Probdorf

Quand on lui demande qui elle voit favori chez les garçons, elle rigole. Après avoir exclu Johannes Boe, la Jurassienne voit bien le jeune Sebastian Samuelsson remporter des courses. Elle avoue alors « les Suédois ont vraiment un bon groupe, ils sont groupés et se tirent tous vers le haut ». Du côté français, la réponse lui paraît évidente. Celle qui s’entraîne au même endroit que Quentin Fillon Maillet est persuadée qu’il va rebondir après ce weekend moyen. « Je le vois tous les jours et je sais qu’il ne laisse tellement rien au hasard que là c’est ses pires performances mais ça va très vite se rectifier. » Si ses pires performances sont quatrième et sixième, on a hâte de voir la suite !

La semaine prochaine, les athlètes auront toujours affaire à la neige de Kontiolahti. Des meilleures performances sur les skis sont à attendre, « les techniciens sont déjà au travail et je leur fais confiance » affirme Caroline Colombo. Alors, rendez-vous jeudi à 13h30 pour le deuxième sprint masculin de la saison.

Crédit photo : NordicFocus
Maïlys David

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