Tennis

ATP Finals: Medvedev au sommet

Et voilà! On connaît le gagnant du Masters de Londres 2020: Daniil Medvedev. Si ce nom ne résonne pas encore dans la tête de tout le monde, cela ne devrait plus tarder. Le Russe a décroché le graal, dimanche soir. Il a disputé un match de dingue face au numéro 3 mondial, Dominic Thiem. Après le zéro pointé de 2019, Medvedev est revenu en force et a tout cassé sur son passage. Retour sur une soirée qui a tout changé.

Une finale inédite

C’est la 5ème année de suite que le Masters sacre un nouveau vainqueur. Depuis cinq ans, Federer et Djokovic n’ont plus gagné le tournoi, eux qui l’avaient laissé échapper seulement deux fois entre 2003 et 2015. Avec le couronnement de Medvedev, c’est la 4ème année consécutive que le champion du Masters ne présente pas de Grand Chelem à son palmarès. De quoi donner des idées au jeune Russe à l’approche de l’Open d’Australie. Le titre symbolisait donc pour lui une première concrétisation. Sa jeune carrière, qui a décollé il y a 1 an et demi, méritait bien un succès de cette envergure. Il est certain qu’en plus d’être totalement inédite, la victoire du numéro 4 mondial est incontestable.

Medvedev, maître dans tous les domaines

Pour gagner cet ultime match, la tâche n’a pourtant pas été simple. La preuve en est, Dominic Thiem s’est emparé de la première manche, aidé par un break à 2/2. Le Russe, alors moins entreprenant, a laissé filer le set sans pour autant se décourager. C’est là que son sens tactique et son mental d’acier sont entrés en jeu. Tout au long du deuxième set, les deux finalistes ont maitrisé leurs engagements avec brio. Embarqués dans un tie-break, Thiem a vite pris le dessus en menant 2 points à rien. Medvedev a alors activé le mode « machine » et n’a plus rien donné. Il a enchaîné 7 points d’affilée, et a conclu la deuxième manche en laissant Thiem sur place. Dans le dernier set, on a eu l’impression que Medvedev était aux trousses de Thiem. Et c’est bien l’Autrichien qui a craqué et qui s’est fait dépasser. Premier break à 2/2 pour le Russe, un break avec une légère odeur de victoire. Sur une dernière bombe au service, Daniil Medvedev s’est imposé au bout de 2h45 de jeu. Jeu, set et match 4/6 7/6 6/4.

« Quel match! C’est ma plus grande victoire sur le circuit. »

Sa défense de plomb et ses changements de rythme ont fatigué Domi, désabusé face au calme olympien du Russe. Alors qu’il tenait cette finale en main, l’Autrichien a loupé le coche, sans doute rattrapé par la tension lorsqu’il faut conclure. Très déterminé à slicer, il a sans doute laissé trop d’initiatives à son adversaire. Thiem s’est enfermé dans une tactique bien définie, celle de casser le rythme, et n’a pas su changer son fusil d’épaule lorsque le Russe a renversé la situation. Au contraire, la capacité d’adaptation de ce dernier s’est révélée au fil des matchs. C’est donc une victoire à l’usure qu’a remporté Medevedev, la plus belle de sa carrière, selon ses dires. Dominic Thiem s’incline pour la deuxième fois consécutive en finale du Masters, malgré de très belles performances.

Un parcours atypique pour un joueur hors normes

Avec cette victoire, Daniil Medvedev est le deuxième joueur Russe à remporter le tournoi, après Davydenko en 2009. Il conclut ainsi une fin d’année exceptionnelle, en gagnant le doublé, Bercy + Masters. Cette finale est d’ailleurs sa 4ème remportée de suite. Ajouté à cela, il est le premier à battre le Top 3 mondial dans un même tournoi depuis Nalbandian en 2007. Un parcours de grande classe. C’est sûr, Medvedev n’est pas un joueur comme les autres. Outre sa technique bien à lui, ses résultats sont aussi imprévisibles que grandioses. Ironie du sort, le tennisman a connu deux premières saisons à haut niveau en montagnes russes. Entre son incroyable come-back en finale de l’US Open 2019 face à Rafa, et ses contre-performances régulières en 2020; impossible d’anticiper une victoire au Masters. Il l’a pourtant fait, et a terminé l’année en beauté. Sans l’ombre d’une célébration, comme à son habitude. Encore un détail qui prouve que ce Daniil Medvedev est à part.

Le coup droit original de Medvedev. Crédit photo: l’équipe.fr

Passage de témoin

L’affiche de cette finale soulève évidemment une grande question: est-ce la fin du Big 3? On pourrait penser que non, malgré les défaites de Nadal et Djokovic. Certes, l’indoor n’est pas la tasse de café de l’Espagnol, mais il a tout de même bien failli se qualifier pour la finale. Djoko lui, stagne à Londres depuis 2015, mais il est encore bien présent sur le circuit. Tous deux ont réussi à se hisser jusqu’au carré final: la preuve que leur domination n’est pas encore éteinte. On ne parle pas de Federer qui ne refera son retour qu’au prochain Open d’Australie. C’est à ce moment que l’on pourra véritablement se rendre compte de son état de forme. Quoi qu’il en soit, la nouvelle génération, menée par Thiem, Zverev, Tsitsipas et Medvedev, prend de plus en plus de place dans les grands évènements. Les progrès techniques et mentaux des jeunes sont nombreux et on les voit se rapprocher peu à peu des 3 légendes du tennis. Thiem disait d’ailleurs à ce sujet: « le Big 3 a tant fait pour le tennis. Ils ont amené tellement de nouveaux fans. Mais ils finiront par s’arrêter, un jour. Notre challenge, ça sera de garder tous ces fans. Il faudra qu’on arrive aussi à être de grandes stars ». Faire honneur au Big 3, c’est donc l’objectif de cette nouvelle génération déjà pleine de promesses.

Crédit photo: eurosport.fr
Mila Buchet

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