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Derby du Nord : Lille brise les rêves de Lens

Lille s’est facilement imposé hier soir face à Lens. Un 4-0 sans appel qui confirme que le LOSC est bien « King in the North ». Roi du Nord et même roi de France. Le LOSC prend la tête de la Ligue 1 au soir de cette septième journée.

Cinq ans après, le Nord allait de nouveau avoir droit à son derby. Lensois et Lillois ne s’étaient plus retrouvés depuis un 3 mai 2015 et une victoire 3-1 du LOSC. Il faut remonter encore plus loin pour trouver trace de la dernière victoire lensoise contre son rival. Un match remporté 1-0 à Bollaert en 2007. Lens a connu bien des difficultés depuis et a laissé le leadership de la région à son voisin. La donne est aujourd’hui différente. L’équipe surprise de ce début de saison a enfin des raisons de croire en cette victoire.

Pour cela, pas de surprise dans le dispositif de Franck Haise. Son désormais habituel 3-5-2 était de sortie. Surprises en revanche avec certains des joueurs présents sur la pelouse. Corentin Jean démarrait en pointe. Radovanovic disputait en défense ses premières minutes de la saison pour remplacer Medina, suspendu. Enfin, Haïdara débutait sur le côté gauche pour contrer la vitesse de Luiz Araujo. C’est d’ailleurs le Brésilien qui a de nouveau été préféré à Ikoné. Christophe Galtier décidait également de faire confiance une fois de plus à son duo d’attaque David-Yilmaz. Un duo critiqué qui a encore besoin de trouver des automatismes.

Un derby qui ne demandait qu’à décoller

Depuis le début de la saison, les équipes sur la pelouse sont celles qui concèdent le moins de tirs cadrés. La faute pour les deux clubs à un pressing intense développé sur le terrain. Les deux équipes sont restées fidèles à leurs principes. Le RC Lens ne respire pas, obligeant Leca et les défenseurs à allonger trop souvent le jeu. La défense lilloise à l’avantage physique et s’impose sur tous les ballons de la tête. Les Lensois butent sur une  défense lilloise très peu inquiétée. L’arrière-garde des rouges est également aidée par un Sven Botman impérial une fois de plus.

De son côté aussi le RCL, comme a son habitude, essaye de maintenir cette pression qui lui réussie tant. En agressant à plusieurs le porteur de balle, les Sang et Or parviennent souvent à créer du danger en récupérant haut. Ils sont parvenus à poser quelques problèmes à Lille en début de partie. Problème, quand ce pressing n’est pas payant, le bloc lensois se retrouve alors déséquilibré. Et les Lillois l’ont très bien compris. En quelques touches de balle, le premier rideau adverse se brise et les espaces s’ouvrent rapidement. Malheureusement, les locaux ne parviennent pas à faire la différence à cause d’erreurs techniques dans la dernière ou l’avant dernière passe. À la pause les débats sont équilibrés et le match relativement fermé.

La tête de Burak Yilmaz qui prend à contre pied Jean-Louis Leca. Crédits photo : DENIS CHARLET / AFP

C’est logiquement que le match a été débloqué sur une situation arrêtée. Une combinaison travaillée à l’entraînement permet à Burak Yilmaz d’ouvrir le score dès la 11ème minute de jeu. Le Portugais Renato Sanches trouve son compatriote José Fonte sur coup-franc. Le défenseur remet de la tête au second poteau sur l’attaquant turc qui peut conclure tranquillement. Il inscrit ainsi son troisième but en trois matchs. Solide, l’ancien joueur de Beşiktaş a grandement pesé sur la rencontre grâce à son jeu de tête et de conservation dos au but.

Lens, de sang et dehors

La deuxième période ne démarre pas comme prévue pour les visiteurs. Immédiatement, l’attentisme lensois est puni. Oublié devant le but, Bamba est à la réception d’un centre de Çelik. Il prend le temps de contrôler et punit Leca. 2-0. Le cauchemar du RCL ne fait alors que commencer. Dix minutes plus tard, Gradit reçoit un second carton jaune. Déjà en difficulté, Lens va devoir tenir plus de trente minutes en infériorité. Sans pitié, le LOSC va maintenir la tête de son adversaire sous l’eau. Le nouvel entrant Ikoné inscrit un joli but sur un service de Bamba. De son côté, Renato Sanches impressionne, encore. Influant en première période, il profite de la supériorité numérique pour rayonner sur la fin de match. Le Racing ne joue plus et est aculé dans son camp.

Du sang et de l’or lensois, on ne retiendra que le sang. Clément Michelin n’aura même pas eu le temps de transpirer. Quelques secondes sur le terrain lui auront suffit pour découper ce même Jo Bamba. À onze contre neuf, Lille gère la rencontre sans se fatiguer en vue du match contre Prague jeudi. Yazici viendra aggraver la marque lui aussi quelques secondes après son entrée sur le terrain. Après une première mi-temps disputée, la seconde est à sens unique et le LOSC s’impose finalement 4-0. Avec deux buts encaissés en sept matchs, les vainqueurs du soir sont plus que jamais la meilleure défense du championnat. La dernière équipe a avoir réalisé telle performance après autant de matchs était… Lille en 2014/2015.

Lille a déployé ses ailes

En effet, c’est avant tout grâce à ses joueurs de couloirs que le LOSC a fait la différence. Avec le pressing évoqué auparavant, les Lillois ont étouffé leurs adversaires. Sans solution, les Lensois ne sont pas parvenus à trouver leurs pistons. Que ce soit vers Jonathan Clauss ou Massadio Haïdara, les ballons n’arrivaient pas. Ces récupérations hautes permettaient aux ailiers de prendre la profondeur dans ces espaces laissés libres. Virevoltants, Araujo et Bamba ne sont pas passés loin d’alourdir la marque en fin de première période. La seconde fût plus facile, et les choix de Galtier se sont avérés payants.

Les ailiers lillois rentrent également beaucoup à l’intérieur du jeu. Ces mouvement permettent notamment aux latéraux, Bradaric et Çelik, de prendre à leur tour la profondeur sur des phases plus statiques. Les deux joueurs ont réalisé un match plein. Le second but arrive d’ailleurs d’un débordement du Turc sur Haïdara pour servir Bamba. Après une saison difficile, l’ailier Français revit en ce début d’année. Il ajoute ensuite à son compteur deux passes décisives, portant son total à trois buts et quatre assists depuis le début du championnat. Les buts de Yazici et Ikoné, bien qu’inscrits en supériorité numérique, confirment ce qui a pu être aperçu. Derrière les attaquants de pointe, les ailiers et/ou milieu offensifs permutent beaucoup et ont beaucoup de liberté. Un vraie bonheur pour des joueurs de ce talent avec autant d’espaces à exploiter.

Le seul point négatif à noter reste Jonathan David. Contrairement à son compère d’attaque, il peine encore à répondre aux attentes. Intéressant dans le jeu, le Canadien n’a toujours pas inscrit son premier but. Quelques bonnes situations de contre mal négociées par ses coéquipiers auraient pu lui offrir cette première réalisation. Il faudra attendre. Pour le reste, les signaux sont au vert avant de débuter la campagne européenne côté lillois. 17 points sur 21 possibles et un rôle de prétendant au podium qui s’affirme de plus en plus. Rien d’alarmant côté lensois qui devait composer notamment avec les absences de Ganago et Medina entre autres. Le RCL reste accroché à la cinquième place.

Arthur Picard
Crédits photos : Twitter @losclive

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