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NBA : La bulle, c’était ça

12 octobre. Les fans de NBA se réveillent anormalement fatigués. La saison ne reprend que dans quelques jours. Année 2020 oblige, rien n’est fait comme à son habitude. Loin de débuter son prochain épisode, la Grande Ligue vient tout juste de se terminer. Un 12 octobre. Et la nuit, cette dernière de l’année, a été longue. Comme de nombreuses autres avant elle dans la bulle.

Le 30 juillet dernier, elle reprenait enfin. Pendant plus de deux mois, elle a de nouveau fait vibrer nos soirées. Notre rythme de sommeil, lui, s’est retrouvé décalé. Mais comment faire autrement lorsque les plus grandes équipes de la plus grande ligue du monde sont de retour ? Alors dans ce contexte particulier, dans ce morne été, il n’y avait d’autre choix que de profiter. Profiter de notre tendre et chère NBA. Et que ce fût bon. Dans cette saison hors du commun, voici le récit de ce qui restera à jamais dans nos mémoires.

On retiendra avant tout l’organisation sans faille mise en place ici à Orlando. Vingt-deux équipes, les membres des staffs, les arbitres. Les familles ensuite. Dans ce petit endroit coupé du reste du monde, tout a été mis en place pour ne pas perturber cette fin de saison. Et ce n’est pas Lou Williams qui viendra perturber cet équilibre. Tests réguliers, quarantaine avant de pouvoir rentrer, approvisionnement fait depuis l’extérieur… Tout a été pensé dans le moindre détail pour que tous puissent se sentir comme chez eux, sans risque de contamination. Nombre de cas de Covid au sein de la bulle ? Aucun, zéro, nichts, nada, niet. Une véritable réussite dans l’organisation mise en place par Adam Silver. Une véritable réussite sur les parquets ensuite.

On retiendra d’abord le parcours du petit poucet de cette bulle. Moins de 1%. Selon les bookmakers, c’était le pourcentage de chance qu’avait Phoenix de finir invaincu à Orlando. Et les Suns n’avaient pas besoin de plus. Devin Booker en état de grâce, le Soleil s’est levé sur Phoenix. 8-0, voici le bilan invraisemblable de l’équipe. Dans cette mini saison décidément à part, ils resteront comme l’équipe de la bulle. Et ils ne seront pas passés loin de ces playoffs qui paraissaient inatteignables. Les espoirs se sont envolés, la faute à une équipe, à un homme.

On retiendra également Damian Lillard. Juste Damian Lillard, pas besoin d’en rajouter. Dans le dur, les Blazzers avaient besoin d’un grand Dame pour rallier la post-season. Il ne fallait pas lui en demander plus. C’était le Dame Time tous les soirs à Orlando. Logiquement élu MVP de la bulle, Portland peut remercier son meneur. À bout de souffle, Dame n’aura pas pu grand chose face à la vague Purple & Gold. Mais qu’importe, quel régal d’avoir eu droit à ce Damian Lillard.

On retiendra que les Grizzlies de Morant ont étonné et échouent à un rien d’une qualification inattendue. Les Pelicans de Zion n’ont pas volé bien haut et repartent la tête basse, sûrement en tant que flop de la bulle. Pour les autres équipes, ces seeding games n’étaient rien d’autre qu’une mise en route et ces matchs, pour la plupart anecdotiques, ont rapidement laissé place aux playoffs. Enfin !

On retiendra alors que dès le premier tour, Donovan Mitchell et Jamal Murray ont sans doute livré le plus beau duel de l’histoire des playoffs entre deux joueurs. Juste pour le plaisir, voici le nombre de points des deux joueurs lors des sept matchs de la série. 57, 30, 20, 51, 30, 44 et 22 pour Mitchell. 36, 14, 12… puis 50, 42, 50 et 17 pour Murray. À la fin, ce sont les Nuggets de Jamal Murray qui l’ont emporté dans un Game 7 ultra défensif (80-78). L’histoire était déjà écrite. Les deux joueurs rejoignent Michael Jordan et Allen Iverson dans le club de ceux ayant inscrit plusieurs fois 50 points dans une même série. C’est évidemment la première fois que cela se produit lors de la même série. Chapeau messieurs.

On retiendra aussi les records de Luka Doncic. Parce qu’il n’en a pas battu qu’un seul. Pour son premier match, il en plante 42 sur la tête des Clippers. Record du nombre de points inscrits pour un premier en playoffs. Dans le game 4, le Slovène en plante 34, prend 17 rebonds et délivre 13 assists. Il devient le premier joueur à réaliser un triple-double à plus de 40 points. Lors de ce même match, il devient le plus jeune joueur à inscrire un buzzer beater de l’histoire des playoffs. 21 ans, et déjà l’impression que le bonhomme marche sur la ligue depuis des années.

On retiendra plein d’autres choses de ces playoffs. La belle saison de OKC qui se sera jouée sur une possession mal négociée lors d’un game 7 contre les Rockets. Ces mêmes Rockets qui n’auront pas décollé ensuite face aux Lakers. Preuve une nouvelle fois que l’utra small ball, c’est pas très efficace.

On retiendra ce nouveau raté des Clippers. Choke City a encore frappé en se faisant remonter d’un avantage de 3-1 contre Denver. On se souviendra de ce formidable run de ces mêmes Nuggets qui rallient la finale de conférence. Le formidable run des Cletics également qui échouent à un rien d’une finale NBA. Mais que ce soit pour Denver ou Boston, le futur s’annonce bien.

On retiendra aussi ce buzzer beater sorti de nulle part de OG Anunoby.  Il offre la victoire aux Raptors lors du game 3 face à Boston, relançant ainsi la série.  Deuxième de la saison régulière, défait au game 7 des demies de conférence, le coeur du champion a battu tant qu’il a pu.

On retiendra encore plus ce parcours somptueux du Heat. Équipe frisson cette saison, les Floridiens n’ont rien changé dans la bulle. Un sweep face à Indiana. Une démonstration de force face aux Bucks (4-1) puis face à Boston (4-2). Finalement, les Lakers étaient trop forts mais le Heat a pris rendez-vous avec l’avenir.

Tyler Herro a prouvé qu’il n’y avait pas d’âge pour marcher sur ses adversaires. Iguodala quant à lui, se retrouve en finale pour la sixième année consécutive. Monsieur porte bonheur. Udonis Haslem, 40 ans, véritable vétéran de ce groupe a connu une nouvelle épopée avec le Heat. Homme d’une seule franchise, il était déjà là lors du premier sacre de la Franchise en 2006. Sa communion avec LeBron en dit long. Enfin, un petit mot pour Jimmy Butler et Eric Spoelstra. Butler pour ses premières finales a prouvé qu’il avait les épaules. Le coach arrivé en 2008 vient, lui, écrire une nouvelle page dorée de la franchise. À l’année prochaine.

 

On retiendra, bien évidemment, le champion. Et quel champion ! Ça ne pouvait être qu’eux. Les Lakers remportent leur dix-septième titre. Forcément, tout le monde a versé une larme au moment d’évoquer Kobe. Ce titre est spécial, ce titre est différent, ce titre est avant tout pour lui. LeBron James était en mission, et un LeBron en mission… pas besoin d’en dire plus. Une quatrième bague, une quatrième fois MVP des finales, dans une troisième franchise. GOAT ?

Et cette année, il n’était pas tout seul. Anthony Davis décroche son premier titre. À l’image de son buzzer beater contre les Nuggets, il est enfin le joueur que l’on attendait en playoffs. Danny Green tout comme McGee remportent eux leur troisième bague. JR Smith et Rajon Rondo leur deuxième. Après avoir tant bataillé, Dwight Howard est enfin sacré. La consécration également pour Antetokounmpo. Kostas, pas Giannis. Même Jared Dudley et Alex Caruso sont désormais champions NBA ! Cette équipe avait fière allure et fait un très beau champion. Bravo.

On retiendra finalement le plus important. Cette fin de saison était avant tout placée sous le signe des luttes sociales. Des slogans, au parquet, en passant par les noms dans le dos du maillot et les coupures publicitaires. Tout, tout a été pensé pour faire de la NBA le plus grand relais du mouvement Black Lives Matter et des luttes contre les injustices, que ce soit aux USA mais partout à travers le monde également. Le boycott engendré par l’affaire Jacob Blake le prouve, les joueurs étaient plus qu’impliqués dans cette lutte. Le sport c’est beau, la justice l’est encore plus.

Pour ce magnifique spectacle, merci messieurs.

Arthur Picard
Crédit photo : Twitter @Lakers

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