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Ferrari Driver Academy #2 : le choix cornélien

Il y a deux semaines, on vous présentait l’histoire de la filière jeune de Ferrari. De Bianchi à Leclerc, la FDA ne compte plus de secrets. Comptant dans ses rangs les trois jeunes pilotes les plus talentueux et réguliers en F2, l’année 2020 est une année pleine de gloire pour l’écurie italienne. 

L’écurie de Maranello n’est pas habituée à faire des choix. Dans le passé, seulement un pilote sortait du lot. Le but : le faire progresser jusqu’à la F1. Mais aujourd’hui, les méninges fument. Trois pilotes se démarquent : Mick Schumacher, Robert Shwartzman et Callum Ilott et les théories des médias partent dans tous les sens. Quel pilote pourrait passer en F1 ? Faut-il se concentrer sur le nom, les résultats ou le potentiel ? Et alors que ce week-end se déroule l’avant-dernière manche du championnat de F2, l’avenir des jeunes pilotes reste flou. En attendant, Ferrari a offert aux trois jeunes une journée de test sur leur circuit privé.

Un siège disponible chez Alfa Roméo

Alfa Roméo est-elle la fille de Ferrari ? Historiquement, l’écurie Sauber se vantait d’être indépendante, mais avec la venue d’une marque italienne, le rapprochement est vite fait. Une collaboration s’est donc logiquement mise en place entre Ferrari et Alfa Romeo. Cette dernière écurie a laissé depuis 3 saisons un de ses deux baquets à l’écurie-mère. Ferrari peut donc choisir qui mettre et qui enlever de la seconde monoplace blanche et rouge. Par le passé, Alfa Romeo a profité des talents de Charles Leclerc et lui a permis de gravir les échellons ou récompenser les performances de l’Italien, Antonio Giovinazzi.

Crédit Photo : Alfa Romeo Racing

Cette année, Giovinazzi vit sa dernière saison en temps que pilote principal Alfa Romeo et tout le monde le sait. La sous-écurie italienne peut servir de rampe de lancement, à l’instar du parcours de Charles Leclerc, ou montrer les faiblesses des pilotes. Autre point positif pour les pilotes, Fred Vasseur est le manager de l’équipe. Fred n’est pas un novice dans le sport automobile et peut-être considéré comme le meilleur team manager de ces dernières années. Il a permis, dans le passé, à de jeunes pilotes, de devenir les grands champions d’aujourd’hui (Vettel ou Leclerc par exemple).

Pour toutes ces raisons, le baquet Alfa Romeo ne doit pas être loupé. Les trois pilotes doivent montrer ce dont ils sont capables s’ils veulent poser leurs fesses dans une F1 en 2021. Mais à la fin d’une saison raccourcie, Ferrari doit tout de même faire son choix.

Schumacher avantagé ?

Un nom sort de toutes les bouches depuis septembre. Et si, Schumacher revenait en Formule 1 en 2021 ? Ce nom si beau, si délicat, mais si dur à porter serait le premier et le plus plausible à s’inscrire sur la prochaine Alfa Romeo. Mais Mick est-il le meilleur pilote de sa génération ou profite-t-il d’une aura supérieure ?

Mick Schumacher au volant de la F2004 de son père au Mugello
Crédit Photo : Motorsport

Mick Schumacher n’est pas un « fils de » à proprement parlé. Le jeune pilote est, certes, le fils du plus grand pilote de tous les temps (pas de débat possible) mais n’est pas dépourvu de toutes qualités. Tout d’abord, ce nom a pu lui faire peur dans le passé. Il courait alors certains championnats sous le nom de jeune fille de sa mère. Ne pas être catégorisé d’entrée comme fils du Baron Rouge lui a permis d’apprendre le pilotage sereinement. Puis lorsque l’on grimpe les échelons, les contacts deviennent aussi importants que le talent. C’était une évidence de reprendre son nom !

Bébé Mick
Crédit Photo : Ferrari

Côté piste, le garçon est talentueux, rapide et très compétitif. Son nom ne reflète en rien sa position actuelle. Il a mérité d’être à sa place et mérite d’avoir un volant de F1. Mais il y a un couac. Mick est un moteur diesel. Il lui a fallu pour ses deux saisons de F2, une période d’adaptation plutôt longue avant de se ressaisir. En 2019, il avait accumulé un trop gros retard et gâché sa saison rapidement. Mais en 2020, il a appris de ses erreurs et, malgré des contre-performances de début de saison, a grapillé des petits points avant d’exploser et prendre le large au championnat. Il est aujourd’hui le meilleur jeune pilote 2020 et il ne le doit qu’à lui.

Point de vue subjectif : Mick Schumacher est un monstre, possédant une carrure plus proche du lanceur de poids que celui de pilote. Il est rapide et pilote bien. Il mérite d’avoir sa chance en Formule 1 en 2021, de par son talent et son nom. Cette dernière raison lui donne une longueur d’avance sur ses concurrents. MAIS attention, une saison pour se mettre au niveau est trop long en F1 et il pourrait se faire sanctionner si son début de championnat est mauvais.

Quelles possibilités pour les deux autres ?

Les deux autres prétendants ne doivent pas être pris à la légère.  Robert Shwartzman et Callum Ilott n’ont peut-être pas la chance de Mick, mais le talent, ils l’ont !

Pour le premier, la sensation du début de saison nous a tous laissé bouche bée. Le Russe arrivait en F2 en tant que champion F3 mais personne n’attendait une performance de si haut niveau, si rapidement. Rob’ nous a sorti des courses sublimes dès le début de saison et est rapidement monté sur les podiums. Il a mis son nom dans la discussion des futurs baquets F1 et personne ne le voit rester une seconde année dans l’antichambre de la F1. Mais, à l’inverse de Schumacher, Shwartzman a calé en milieu de saison. Malchance, sous- performances et erreurs inattendues ont peu à peu ternis sa fin de saison. Même s’il ne semble plus dans la course au championnat F2, le « jeunot » mérite tout autant que ses coéquipiers/concurrents de passer à l’échelon supérieur. Si la place chez Alfa Romeo semble presque bouclée, une discussion inédite a débuté entre Ferrari et Haas. L’écurie américaine est la seconde écurie motorisée par Ferrari est très proche de Maranello. Selon certaines informations, Gin Haas pourrait, ainsi,  laisser un baquet à Ferrari et au Russe, mais tout cela reste très hypothétique.

Crédit Photo : L’Equipe

Pour Callum Ilott, les choses sont beaucoup plus compliquées. Cela fait maintenant 3 ans que le Britannique végète en F2 sans grand succès. Il n’avait, naguère, aucun organisme autour de lui et enchaînait des performances correctes mais non pas transcendantes. Cette année était l’année de l’explosion. Il est enfin devenu régulier et mature. Il reste le plus vieux des trois pilotes et donc celui avec le plus d’expérience. Malheureusement, on ne parle presque jamais de lui. Il est noyé dans les ombres de ses deux comparses. Les portes se sont peut-être déjà fermées pour lui. S’il ne trouve pas sa place en F1 en 2021, il pourrait refaire une saison en F2. Mais attention à ne pas devenir un Luca Ghiotto bis.

Crédit Photo : CriaMacau

Point de vue subjectif : Je ne peux imaginer un monde où Shwartzman n’est pas pilote F1 en 2021. Le Russe a tout pour lui. Même si ses erreurs de jeunesse lui coutent du retard sur Schumacher, il n’a rien a lui envié. Les rumeurs avec Haas doivent se concrétiser car un grand avenir s’offre à lui.

Point de vue subjectif : Concernant Callum Ilott, l’avenir est beaucoup plus incertain. Il ne semble pas favori pour décrocher un baquet. La dure loi de la pyramide du sport de monoplace aura surement balayé le Britannique dans l’écrémage. Cependant, il peut encore rebondir dans une autre discipline (FE, Indy, Superformula etc) ou alors retenter sa chance dans une année.

Maintenant, il ne reste plus qu’à s’installer bien confortablement dans son canapé et apprécier la fin de saison en F2. Qui de Schumacher ou Ilott remportera le trophée ? Tsunoda, le protégé RedBull, peut-il venir titiller les FDA ? Autant vous dire que les dernières courses vont être animées.

Crédit Photo : Sport Business and Mag
Thomas Fraisse

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