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James deux sans trois

Auteur de débuts prometteurs avec Everton, James Rodriguez est bien de retour sous le feu des projecteurs. Déjà âgé de 29 ans, le Cafetero compte bien rattraper le temps perdu pour ses retrouvailles avec Carlo Ancelotti, qu’il avait auparavant côtoyé au Real Madrid et au Bayern Munich. Cette nouvelle collaboration a tout pour faire le bonheur des Toffees. 

Indésirable dans le Real Madrid de Zidane, James Rodriguez trainait sa misère à Madrid. Son transfert à Everton l’a remis en confiance. Le Colombien semble retrouvé en Angleterre, cette saison. C’est le moment de faire le point sur l’un des gros coups de l’été.

Quatre premiers matchs réussis

Depuis son arrivée, Everton est en tête de la Premier League. C’est simple, l’équipe compte quatre victoires en quatre matchs. Ce départ tonitruant, les Toffees le doivent en bonne partie à James. Le Colombien a pris part à toutes les rencontres et a pesé sur chacune d’elles. En plus de ses deux buts splendides et de sa passe décisive face à Brighton & Hove Albion (victoire 4-2), l’ancien Monégasque illumine le jeu de l’autre club de Liverpool.  À coup de décalages dans la profondeur et de passes courtes en une touche, il règne sur l’entre-jeu des Toffees entraînant dans cette dynamique les autres milieux du club. Allan, Abdoulaye Doucouré et André Gomes n’ont aucun mal à jouer avec lui. Le jeu est propre, on ne peut plus limpide, avec des statistiques remarquables. Everton totalise une possession de balle moyenne de 57% et un taux de passes réussies de 87 %. Merci James.

James Rodriguez retrouve le chemin du but avec Everton | Goal.com
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Joueur fétiche de Carlito

Ce regain de forme s’explique grandement par ses retrouvailles avec Carlo Ancelotti. James a retrouvé Carlito, l’entraineur qu’il a déjà côtoyé au Real Madrid puis au Bayern Munich. Ancelotti avait déjà tenté de l’attirer à Naples, en vain. Surtout, leurs associations passées correspondent aux moments fastes de la carrière de James. En particulier, sa première saison madrilène (2014-2015) bouclée à 13 buts et 13 passes décisives en Liga. Et dans une moindre mesure, les débuts de son prêt munichois (2017-2018) avec 7 buts et 11 passes décisives en seulement 21 matchs de Bundesliga. D’ailleurs, c’est à chaque fois le coach italien qui a réclamé son arrivée. James est donc le joueur fétiche d’Ancelotti comme Ricardo Carvalho a été celui de Mourinho (FC Porto, Chelsea et Real Madrid) et Higuain est celui de Sarri (Napoli, Chelsea et Juventus). Entre le Cafetero et Carlito, on est proche de la relation père-fils entre Ronaldo et Ferguson ou du duo Messi-Guardiola.

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Crédits Photo : Getty Images

Un numéro 10 à l’ancienne

James est un joueur rare, en voie de disparition dans le football moderne. C’est un numéro 10 très dépendant du système de jeu de son équipe. Il n’excelle réellement que lorsqu’il est positionné en milieu offensif derrière les attaquants. Quand il évolue en ailier droit dans les 4-3-3 d’Ancelotti, il ne s’illustre pas par des débordements près de la ligne de touche à la Coman ni en pénétrant dans la surface après des dribbles à la CR7. Mais en se repositionnant en meneur de jeu derrière un buteur comme en sélection avec Falcao, il est un joueur redoutable. Calvert-Lewin, partageant de nombreuses similitudes avec le profil d’El Tigre, interagit très bien avec James. Le Colombien, bon dribbleur, amateur de jeu en une touche et de variation entre passe courtes et longues, joue très simple mais diablement efficace. Il est très utile dans la conservation du ballon ainsi qu’à la création des occasions en fluidifiant le jeu des Toffees. James porte le numéro 19 à Everton mais c’est bien un numéro 10.

Tenir sur la durée

James est actuellement déterminant pour son équipe. Mais le sera-t-il tout au long de la saison ? Il y a une interrogation à ce sujet. Le Colombien est réputé pour être un joueur irrégulier. Il est capable de se sublimer lors des grands évènements mais peut aussi dégager une certaine nonchalance lors des matchs qu’il n’a pas « cochés ». C’est la raison pour laquelle James est un joueur de coupe par excellence, l’archétype du joueur de sélection. Sa Coupe du Monde 2014 qu’il a terminé meilleur buteur et ses nombreuses Copa America il a porté la Colombie en attestent. Le natif de Cúcuta est aussi fragile physiquement et n’est pas épargné par les pépins musculaires. La faute a une mauvaise hygiène de vie et à un manque d’application à l’entrainement ? Peut être. En tout cas, James n’a jamais bouclé une saison à au moins 30 matchs joués depuis Monaco en 2013-2014.

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  Crédits Photo : Getty ImagesRapprocher les Toffees du Big Four

En signant à Everton, James a un double objectif : donner un second souffle à sa carrière et porter son club sur le devant de la scène. Son ambition est d’abord de ramener le club de la Merseyside dans le top six de la Premier League. La dernière fois que c’est arrivé, c’était en 2014. Si l’objectif est atteint, viendra à moyen terme la recherche du Big Four. La dernière présence des Toffees à ce niveau remonte à 2004. James n’était pas encore joueur professionnel ! Pour cela, il faudra se frayer un chemin entre les mastodontes de la Premier League que sont Liverpool, Manchester United, Manchester City, Arsenal, Chelsea et Tottenham, six clubs ayant un budget largement supérieur aux 213 M £ d’Everton. Enfin, la mission de James passera par des derbies réussis face au rival Liverpool que ce soit à Anfield ou au Goodison Park pour entrer dans le cœur des supporters.

Crédit Photo : Everton FC
Aymeric Peze

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