Cyclisme

Un arc-en-ciel nommé Julian

Enfin. 23 ans après Laurent Brochard, un Français revêtira à nouveau le maillot arc-en-ciel de champion du monde de cyclisme. Julian Alaphilippe a décroché cette après-midi son premier titre mondial. La consécration absolue pour le prodige du cyclisme français.

C’était « l’ambition de [sa] carrière », le « rêve ultime » du coureur français. Il l’a réalisé aujourd’hui. Julian Alaphilippe est devenu champion du monde de cyclisme ce dimanche à Imola en Italie. Une course taille patron pour un coureur qui marque une fois de plus le cyclisme français.

Et pourtant, l’histoire n’a pas toujours été rose entre Julian et les mondiaux. En 2017 à Bergen, le Français place une attaque dans la principale difficulté mais sera finalement rejoint sous la flamme rouge puis déposé par un Peter Sagan, bien trop rapide. Un an plus tard, à Innsbruck, ses jambes le lâchent dans le mur de Höttinger alors que son équipe l’avait emmené sur un plateau. Une poisse qui l’a poursuivie jusqu’à l’année dernière où la pluie glaciale d’Harrogate ne lui aura pas permis de revenir Mads  Pedersen.

Une course taillée pour le Français

Cette année plus que jamais, Alaphilippe avait coché la date des Mondiaux sur son calendrier. Déplacée à trois semaines du départ, l’édition initialement prévue à Aigle-Martigny en Suisse a finalement eu lieu à Imola en Italie avec pour arrivée le circuit automobile Enzo et Dino Ferrari. Un parcours « à la Alaphilippe » avec neuf tours de circuit comportant deux difficultés : les montées de Mazzolano et de la Cima Gallisterna. Deux ascensions casse-pattes avec respectivement 2,8km à 5,9% et 2,7km à 6,4% dont un passage à 14% dans la Cima Gallisterna.

Championnat du monde de cyclisme 2020 : date, profil du parcours et favoris
Les coureurs ont effectué 9 tours de circuit à Imola. Crédit : UCI

Un parcours qui a évidemment fait naître beaucoup d’espoir chez tous les fans du cyclisme français qui partageaient le même rêve : voir « Alaf » monter sur la première marche du podium.

La journée a eu un peu de mal à démarrer et ce sont les Tricolores qui ont choisi de durcir la course les premiers en accélérant à 70 kilomètres de l’arrivée par l’intermédiaire de Quentin Pacher et Nans Peters. Une équipe de France exemplaire qui ne laissait que peu de doutes sur la forme d’Alaphilippe. 30 kilomètres plus tard, c’est le prodige slovène Pogacar qui a placé la première vraie attaque. Une tentative lointaine culottée pour le récent vainqueur du Tour de France, difficilement rattrapé par les ogres du peloton des favoris. Comme on l’attendait il a donc fallu patienter jusqu’à la dernière montée, celle de la Cima Gallisterna pour voir les favoris s’expliquer entre eux.

Une mine pour mettre tout le monde d’accord

Il restait donc 14 kilomètres, 14 kilomètres pour remporter le maillot le plus convoité du cyclisme mondial. Et cette dernière montée italienne a tenu toutes ses promesses. Après avoir magnifiquement résisté à Hirschi puis à Kwiatkowski, Alaphilippe a laissé tout le monde sur place dans la dernière partie de la côte.


Une attaque comme on les aime, comme il sait les faire. Un maillot tricolore qui fait le trou dans les derniers kilomètres… Quel bonheur. Mais très vite, les fantômes de Bergen sont remontés dans toutes les têtes. Alaphilippe va-t-il tenir, le surhomme Van Aert va-t-il chiper le titre au Français comme il l’avait fait à Milan-San-Remo ? Non. Alaphilippe a tenu. Alaphilippe s’est envolé. Alaphilippe était inarrêtable, en mission pour grimper sur le toit du monde. Et après 258 kilomètres d’efforts, en larmes, c’est bien lui, Julian Alaphilippe qui s’est présenté seul sur la ligne d’arrivée du circuit Ferrari.  Quel bonheur ! Un Français est champion du monde. « Alaf » décroche enfin le titre mondial qu’il convoitait tant. Chapeau l’artiste.

Crédit photo : Marco Bertorello
Marius JOLY

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :