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Formule 1 – Grand Prix de Sotchi: retour sur les moments les plus marquants de l’autodrome

Après une longue semaine de pause, les pilotes ont retrouvé les baquets de leur monoplace ce vendredi, au circuit de Sotchi. Depuis 2014, le Grand Prix de Russie a connu son lot d’émotions, de retournements de situations et de combats sans relâche. En ce week-end de course, remémorons-nous les faits les plus spectaculaires de ce circuit long de 5.848 km.

Grosjean dans les barrières – 2015

« J’ai croisé mes bras, fermé mes yeux et j’ai pensé que cela allait frapper« . Telle fut la première réaction de Romain Grosjean à la suite de son gros accident lors du Grand Prix de Sotchi en 2015. Auteur d’une bonne qualification la veille, le pilote de Lotus semblait être promis à un très bon résultat de course. En effet, Roman Grosjean accède en Q3 et se hisse à la huitième place avec un temps de 1 min 38 sec 787, 1 centième de secondes derrière la Force India de Sergio Pérez.

Plus de peur que de mal pour le pilote français.
Crédit photo – Twitter

Pour autant, le début de course allait se révéler bien plus mouvementé : une collision dans le virage n°1 entre Nico Hülkenberg et Max Verstappen mît la course sous voiture de sécurité (VS) dès le premier tour. En cause, Nico Hülkenberg, sixième sur la grille, part en tête-à-queue après avoir roulé sur le gazon artificiel. Il entraîne Max Verstappen qui, lui, heurte le mur. Grosjean, victime de la scène et pneus crevés, décide de rentrer aux stands. Le pilote se retrouve alors tout en fin de classement, à la dix-septième place.

Une collision entre Max Verstappen et Nico Hülkenberg a bien failli stopper net la course de Romain Grosjean
Crédit Photo : Getty Images

Mais le pilote n’en démord pas. Au volant de sa Lotus, Grosjean met les gaz et entame alors une remontée fulgurante qui le hisse à la treizième position dès le onzième tour. Malheureusement, l’ascension du pilote connut un tournant malheureux. Dans le douzième tour, en passant à l’extérieur de la trajectoire idéale, il recueille des boulettes de gomme sur ses pneumatiques et perd toute adhérence du train arrière dans le virage numéro 3. Ce dernier heurte alors très violemment les barrières de « Tech-Pro ». Ses espoirs de remontée s’évanouissent instantanément.

La voiture de Romain Grosjean en morceaux suite au crash
Crédit Photo : F1.com

Cet accident ne sera pas le seul du week-end à être spectaculaire. La veille, lors de la troisième session d’essais libres, Carlos Sainz Jr. perd le contrôle de sa Toro Rosso au freinage et tape un mur de pneus sur sa gauche. Incapable de négocier le virage numéro 14, il percute les Tech-Pro qui se soulèvent à l’impact et emprisonnent la monoplace. Ce week-end, plus que mouvementé, verra Lewis Hamilton s’imposer en remportant ainsi sa 42ème victoire en F1. Romain Grosjean, quant à lui, restera dixième du classement final à l’issue de la course avec 44 points.

Bottas rentre dans la légende – 2017

Il n’aura fallu que quatre GP dans sa nouvelle écurie pour que le pilote signe sa première victoire. La veille, déjà, Valtteri Bottas signait un magnifique temps en qualifications. En effet, le Finlandais réussit à se hisser troisième juste derrière les deux Ferrari de Räikkönen et Vettel, à moins d’un centième de ce dernier. En course, Bottas déroule, et devient ainsi le cinquième Finlandais à gagner un Grand Prix en Formule 1.

Maamme, l’hymne national Finlandais, n’avait pas retentit depuis la victoire de Kimi Räikkönen au Grand Prix d’Australie en 2013
Crédit Photo : news.sportauto.fr

Il faut dire que le pilote – de 28 ans à l’époque – a rapidement pris ses marques chez l’écurie de Toto Wolff. Parti de chez Williams afin de remplacer Nico Rosberg, Bottas joue gros et en est conscient. « Mon but sera, dès la première course, de prendre tous les points disponibles et je garantis que je donnerai tout« , déclare t-il à la presse.

Ses paroles se révèlent synonymes de vérité. Au Grand Prix d’Australie, pour l’ouverture de saison, le Finlandais obtient son premier podium pour Mercedes en terminant troisième. En Chine, il se qualifie troisième sur la grille mais part en tête-à-queue à la mi-course et termine sixième. Enfin, au Grand Prix de Bahreïn, il réalise la première pôle position de sa carrière, devant son coéquipier Lewis Hamilton. Il termine troisième lors de la course, derrière Vettel et Hamilton.

Bottas devra attendre le Grand Prix de Sotchi pour vaincre son coéquipier et remporter ainsi sa première victoire en Formule 1. La victoire s’est jouée dès le départ. Parti troisième, le pilote Mercedes profite de la longue ligne droite avant le premier virage pour dépasser les deux Ferrari. Le reste n’est qu’une formalité. 5 secondes d’avance sur le reste des pilotes lui suffisent pour dominer pendant plus de 40 tours. Et malgré une légère frayeur dans les 10 derniers tous, le Finlandais tient bon. Vettel s’incline, de justesse certes, laissant Valtteri Bottas, être le héros du week-end.

Hamilton leader controversé – 2018

L’édition 2018 du Grand Prix de Sotchi fut un soulagement pour les fans du Britannique. Pas sûr néanmoins, que le pilote tienne le même discours : malgré un dépassement remarquable, une décision de l’écurie Mercedes allait donner un goût amer à la victoire de Lewis Hamilton.

Un Lewis Hamilton victorieux à Sotchi en 2018. Mais à quel prix ?
Crédit Photo : Autohebdo.fr

Il faut dire que les enjeux du week-end sont gros pour l’écurie : Lewis Hamilton aborde cette course en tête du championnat avec 40 points d’avance sur Sebastian Vettel. S’il marque seulement deux points de plus que son rival, il pourrait dès lors se contenter que de deuxièmes places pour être sacré champion du monde pour la cinquième fois.

La bagarre pour la première place s’annonce rude. D’autant plus que le coéquipier du pilote Britannique, Valtteri Bottas, se hisse en pôle position la veille, 2 centièmes de secondes plus rapide que Lewis Hamilton. Vettel lui, talonne Hamilton à la troisième place avec 4 centièmes d’écart.

Le combat se lance véritablement au passage du douzième tour. Bottas, alors leader du Grand Prix, décide de rentrer aux stands changer ses pneus. Stratégie reprise dès la boucle suivante par Ferrari qui fait arrêter Sebastian Vettel. Vettel passe alors des gommes ultra-tendres à tendres. Gommes neuves, Sebastian Vettel compte alors remonter sur les Mercedes, lui qui joue toujours le championnat. Ce sera chose faite sur Lewis Hamilton, qui, de manière surprenante, ne rentre aux stands qu’au quatorzième tour. L’undercut de Sebastian Vettel a fonctionné.

La Ferrari de Vettel est au quatorzième tour, devant la Mercedes de Lewis Hamilton
Crédit Photo : f1i.auto-moto.com

Mais c’est sans compter la volonté du pilote Britannique. Avec l’assistance du DRS – Drag Reduction System – Hamilton prend l’aspiration dans la ligne droite des stands. Le duel entre Hamilton et Vettel fait rage. L’Allemand ne se laisse pas décontenancer et défend de façon relativement rugueuse en se décalant à l’intérieur au dernier moment. Malgré cela, le pilote Mercedes trouve l’ouverture quelques instants plus tard, au virage 4. La manœuvre du pilote Ferrari lui vaudra une enquête des commissaires, qui décideront de ne pas le pénaliser. Il faut avouer que la manœuvre, bien que risqué, est compréhensible de par l’enjeu de la course. Vettel devait absolument devancer Hamilton pour rester dans la course au championnat.

Malgré un undercut réussi, Vettel ne résistera pas à son rival britannique
Crédit Photo : XPB Images

Le principal fait de la course intervient peu après le 25ème tour. A cet instant, Hamilton a réduit l’écart sur Bottas, qui a lui-même fait la jonction avec Verstappen, les trois leaders se retrouvant dans un mouchoir de poche au 23e tour. L’écurie de Toto Wolff comprend alors que c’est le moment ou jamais pour Hamilton de prendre la tête du Grand Prix. Après tout, Mercedes a tout à gagner si le pilote remporte la course ; Hamilton n’étant qu’à un pas du sacre de champion du monde. Et quand l’on s’appelle Mercedes, il est hors de question de se contenter d’une troisième place pour leur pilote favori; quand bien même le championnat serait gagné d’avance.

Deux passages plus tard donc, Bottas toujours en tête du Grand Prix, reçoit l’ordre de laisser passer Lewis Hamilton. Hamilton, bien que souffrant de cloques sur ses pneus arrières, se retrouve ainsi leader de course. Son coéquipier lui, se contentera du reccord du tour en course.

Ce dimanche, 27 septembre 2020, Lewis Hamilton peut une nouvelle fois marquer l’histoire. En effet, s’il réussit à s’imposer face aux 19 autres pilotes, il égalera le record de Michael Schumacher en décrochant une 92e victoire. Le britannique pourra alors se rapprocher d’un septième titre, autre record détenu par le Baron Rouge.

Crédit Photo : L’Equipe
Lucas Charpiot

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