Rugby

Le baromètre de la J2 de TOP14

Le TOP14 est bel et bien reparti. Des surprises (Pau à Montpellier), des matchs de fou (Clermont-Toulouse) : la première journée de cet exercice 2020/2021, forcément unique à cause du contexte sanitaire, nous montre que le jeu a malgré tout repris ses droits. Qu’en est-il alors de la deuxième journée, où seule une équipe – le Stade Français à Castres – s’est imposée à l’extérieur ? Les Olympistes dressent le baromètre de cette J2.

Les TOPS du week-end

Finn Russell, l’imperturbable

L’ouvreur du Racing 92 a une nouvelle fois été impérial ce week-end. Le club francilien affrontait Montpellier à Paris La Défense Arena. Vendredi soir, l’ouvreur écossais a éclaboussé la rencontre de son talent. Brillant, juste et décisif, Russel a « in Finne » guidé les siens vers le succès. Au retour des vestiaires, il fait parler son sens du timing. Sur la ligne médiane, il est servi par son demi de mêlée Iribaren et dégote un magnifique extérieur du pied par dessus la défense héraultaise. Le centre international Vakatawa est à l’affût et se saisit parfaitement du ballon avant de filer à dame, au prix d’une course parfaite. C’est du cousu main de la part de l’homme aux 49 sélections avec le XV du Chardon.

 L’ouvreur Finn Russell, lors de la rencontre entre le Racing 92 et Montpellier, samedi 21 décembre 2019 à Nanterre.
L’ouvreur Finn Russell lors de la rencontre contre Montpellier. Crédit Photo : Icon Sport/Dave Winter

Arrivé à l’aube de la saison 2018-2019 dans la capitale, en provenance des Glasgow Warriors, Russell a dès lors très rapidement fait étalage de son talent. Trois minutes après son coup de patte décisif, l’ouvreur ciel et blanc va être doublement décisif sur le troisième essai des locaux. Il perce d’abord plein champ et passe les bras pour servir son ailier Juan Imhoff. La diff est faite. Mêlée ouverte sur la ligne des 22, Iribaren a la bonne idée de servir Russell qui poursuit alors sa masterclass. Coup de pied millimétré pour le troisième ligne Claassen qui attendait l’offrande en bout de ligne. Victoire bonifiée 41-17 du Racing, bien porté par son ouvreur que l’on pourrait légitimement une fois de plus qualifier de crack.

« Kolbe Happy ! »

Ses coéquipiers peuvent être heureux. Un doublé, déjà, pour l’ailier toulousain Cheslin Kolbe. Dès la deuxième journée il repart sur les bases d’une saison 2018-2019 déjà phénoménale. Désigné meilleur joueur du championnat il y a deux saisons lors de la Nuit du Rugby, l’ailier de poche (1,71m, 74kg) survole le TOP14.

Et samedi à l’heure de recevoir La Rochelle, il n’a pas dérogé à la règle. Il est d’abord à la conclusion d’un beau mouvement de ses 3/4 dans les 22 mètres rochelais, après à peine dix minutes de jeu. Pas l’essai le plus difficile de sa carrière, mais l’ailier champion du monde avec les Springboks s’en contentera largement. D’autant qu’à la demi-heure, il reçoit le ballon sur son aile et met illico la machine en route. Crochet intérieur sur son vis-à-vis Rhule, il évite le plaquage de Ihaia West, puis celui en dernier recours de l’arrière Leyds. Le funambule toulousain file aplatir entre les perches. Des appuis électriques, une pointe de vitesse incomparable et un sens du jeu inné : l’ailier stadiste, au club depuis 2017, a fait étalage de sa palette technique samedi après-midi. Malgré des rochelais accrocheurs tout au long de la partie, le Stade Toulousain l’emporte finalement 39-23. Cheslin Kolbe vous salue.

La Section Paloise confirme

Vainqueur surprise la semaine dernière à Montpellier (23-26) en ouverture du championnat, la Section Paloise a confirmé en s’imposant sur son terrain face à un concurrent direct pour le maintien. En effet, les béarnais ont disposé non sans difficultés du SU Agen vendredi soir (33-23). En pleine bourre après le succès dans l’Hérault, la Section a assuré l’essentiel devant Agen. Portés par un Antoine Hastoy brillant auteur de 18 points, les Palois entament idéalement ce nouvel exercice.

Top 14 : la Section paloise confirme contre Agen (33–23)
La Section paloise n’a fait qu’une bouchée du SU Agen. Crédit Photo : Le Deodic David

La conquête a été ce vendredi un secteur décisif pour les locaux. Ces points pris en début de saison ne seront plus à prendre et, dans une lutte pour le maintien qui s’annonce des plus passionnantes, ce sont les hommes en vert qui font pour l’instant la meilleure impression. Il faut dire que Pau a eu bien des difficultés la saison passée et ne possédait que deux petits points d’avance sur la zone de relégation au moment de l’arrêt du championnat. Cette entame tambour battant doit permettre à Pau d’insuffler une bonne dynamique. Prochain rendez-vous samedi 3 octobre à Brive, autre concurrent direct.

Les FLOPS du week-end

Clermont toujours aussi inquiétant

L’ASM Clermont Auvergne s’est inclinée sur la pelouse de l’Aviron Bayonnais samedi (21-19). Bien sûr, le résultat est très décevant pour les Auvergnats, candidats déclarés au bouclier de Brennus. Mais au-delà du résultat brut, le contenu est toujours aussi inquiétant. La saison passée déjà, Clermont peinait dans le jeu. Mais ces deux premières journées ont mis en exergue de manière flagrante les difficultés offensives des Clermontois.

Samedi, sur la pelouse basque du Stade Jean Dauger, les hommes de Franck Azéma ont commis d’innombrables fautes de main, n’ont jamais su percer la défense bayonnaise et ont perdu beaucoup trop de ballons dans les rucks. Certes ils ont eu une très nette possession de balle, mais son utilisation a été très moyenne. Ironie du sort, les deux essais asémistes sont deux interceptions sur offensive bayonnaise (Penaud et Veredamu). Il ne pouvait y avoir que des exploits individuels pour sauver l’ASM. Mais l’Aviron Bayonnais n’a que peu tangué, finalement, avant de reprendre la main dans les derniers instants. Clermont récolte finalement seulement un point de bonus fensif. Loin d’être rassurant pour les Auvergnats à cinq jours d’un quart de finale de Coupe d’Europe à domicile, qui plus est face à un Racing virevoltant.

L’indiscipline lyonnaise

Hier soir se déroulait donc le choc de clôture de la J2 avec le LOU en déplacement à Toulon. Au Stade Félix-Mayol, l’indiscipline lyonnaise a été sanctionnée cash par des Toulonnais entreprenants. L’addition est au finale salée pour Lyon, puisque les locaux l’emporte avec le bonus (36-14). Il faut dire qu’avec cinq cartons jaunes récoltés, difficile d’espérer mieux pour les hommes de Pierre Mignoni.

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Mathieu Bastareaud a joué contre son ancien club ce week-end avec les couleurs du LOU. Crédit Photo : J. Prévost/L’Équipe

Lyon a joué à 12 pendant cinq minutes, encaissant trois de ses cinq exclusions temporaires en très peu de temps. Il n’en fallait pas plus aux Varois pour se détacher nettement au score. Après une succession d’imprécisions le week-end passé face au Racing, le LOU s’est fait cette fois croquer par Toulon qui a inscrit trois essais de pénalités. Une indiscipline à gommer très vite pour les Lyonnais, qui comptent déjà deux défaites au compteur.

Montpellier en zone rouge

Battu en ouverture de la saison par Pau la semaine passée, le MHR voulait se rattraper en allant faire un coup au Racing. Manqué, et pas qu’un peu ! Sèchement battu (41-17), les hommes du président Altrad n’ont pas existé, malgré une timide réaction en fin de partie, bien aidés par un Racing en roue libre et réduit à 14 (exclusion de Kurtley Beale à l’heure de jeu).

Mauvais début de saison pour Montpellier, qui depuis quelques saisons observe quelques difficultés à s’imposer réellement dans ce championnat. Pourtant de grand noms ont débarqué dans l’Hérault (Serfontein, Guirado, Pollard pour ne citer qu’eux) mais peut-être faut-il laisser le temps que l’alchimie se fasse. Sur un plan comptable et pragmatique cependant, le MHR est bon dernier du classement avec un petit point (bonus défensif contre Pau). Montpellier ne s’est pas qualifié pour les 1/4 de finale de Champions Cup et observe donc une semaine de trêve. Idéal pour régler ce qui ne va pas avant de recevoir Castres dans deux semaines (3 octobre).

Crédit Photo : Ligue Nationale de Rugby
Thomas Palmier

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