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Spa-Francorchamps, quand le spectacle et le danger ne font qu’un

Le Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps revient cette année pour la septième manche de la saison 2020. La forêt ardennaise belge abrite depuis presque un siècle un circuit d’exception, symbolique et légendaire dans le monde du sport automobile. L’occasion pour les Olympistes d’analyser l’histoire et l’asphalte spadoise.

Même si la Formule 1 perd de son intérêt aux yeux de certains fans, avec les victoires prévisibles de Mercedes et de Hamilton, le week-end à Spa ne doit être manqué sous aucun prétexte. Bijou belge entre rivière, montagne et chants des oiseaux, le circuit de Spa est une légende du sport automobile et de la Formule 1 en particulier.

Un circuit mythique

Conçu en 1921 et couru depuis l’année 1922 par différentes catégories de courses automobiles, le circuit belge a connu de nombreuses transformations pour arriver à celui qu’on connaît aujourd’hui. Le circuit des premières heures, que l’on appelle historique, était long de plus de 14km, passant par les routes publiques et étroites des villes environnantes. La volonté des organisateurs étaient de développer un circuit de vitesse pure. Un seul virage sec était présent. Il s’agit du virage de l’Ancienne Douane, remplacé aujourd’hui par le Raidillon.

Crédit Photo : Circuits of the Past

Le circuit est devenu encore plus mythique avec l’arrivée de la Formule 1 en 1950. Les organisateurs de la FIA reconnaissaient alors trois circuits belges pouvant être au calendrier F1 : Spa, Zolder et Nivelles. Mais Spa-Francorchamps, niché en plein milieu de la forêt ardennaise, offre depuis toujours un spectacle assuré. Le circuit actuel, long de  7km avec 19 virages, propose des variations entre courbes rapides, courbes lentes, lignes droites, chicanes, dénivelé et virages à l’aveugle. Toutes les caractéristiques d’un bon circuit sont réunies. Mais ne vous méprenez pas, Spa n’est franchement pas un Tilkodrome. Certains circuits peuvent réunir ces caractéristiques et être chiants à mourir une fois en course. Spa n’en fait pas partie.

De plus la case Spa-Francorchamps se doit d’être cochée pour la plupart des pilotes voulant rentrer dans la catégorie des champions. En effet, sur les treize derniers champions du monde de F1, seulement Jacques Villeneuve et Fernando Alonso n’ont pas réussi à vaincre en Belgique. De Michael Schumacher à Ayrton Senna en passant par Prost, Hamilton ou encore Vettel, tous les plus grands se sont démarqués sur l’asphalte belge, rendant les GP toujours haletants. En bref, le circuit de Spa est ancré dans les cœurs de chaque fan ultime et on aurait du mal à s’en passer.

Le Raidillon de l’Eau Rouge, symbole du circuit

Le Raidillon de l’Eau Rouge caractérise parfaitement ce circuit. Un défi pour tous les pilotes, une montagne à surmonter. Les organisateurs du circuit, dans leur lubie de vitesse absolue, ne voulaient plus du virage de l’Ancienne Douane et ont décidé de tirer profit du dénivelé en créant un virage rapide. Le Raidillon c’est trois virages, un passage au-dessus de la rivière de l’Eau Rouge, une montée à plus de 15% incurvée vers la droite, une force latérale de 4G au maximum pour finir sur un virage à l’aveugle à gauche. Mais surtout le Raidillon se passe seul, une seule ligne de pilotage pour espérer ne pas taper les murs. Aujourd’hui, le Raidillon passe à fond mais reste très dangereux.

Crédit Photo : Motorsport

Le danger du Raidillon

Le Raidillon est un défi contre soi-même, un défi contre sa conscience qui voudrait ralentir. Pour les pilotes, l’analyse du Raidillon avant chaque Grand Prix belge est obligatoire. Rien n’est laissé au hasard car une seule inattention vous envoie dans le mur à plus de 300km/h.

Même si le sport automobile et la Formule 1 font de grands efforts, les pilotes risquent leur vie à chaque tour de roues. Nous avons tous un plaisir coupable à vouloir voir un accrochage au départ ou entre les deux favoris afin de redistribuer les cartes. Malheureusement, au Raidillon un accident est souvent synonyme de tragédie. De nombreux pilotes se sont éteints sur cette pente bouleversant le monde automobile. Le dernier crash en date nous a fait perdre un Frenchie adoré par le public, souriant et très rapide. Anthoine Hubert a quitté ce monde à l’instar de Stefan Bellof. D’autres pilotes ont connu des sorties de route non meurtrières mais tout aussi dramatiques. Le Raidillon est l’allégorie du circuit, de la F1 et du sport automobile : entre spectacle et tragédie.

« Il faut être courageux au moment d’aborder cette montagne. A chaque passage, c’est un combat avec votre instinct de survie pour garder votre pied droit à fond. A chaque tour, on tente de repousser un peu plus loin la limite. S’il n’y avait pas de risque, il n’y aurait pas d’intérêt. Ce serait comme marcher sur un fil à un mètre du sol. Tout le monde pourrait le faire. » Jacques Villeneuve

Crédit Photo : Moto80
Thomas Fraisse

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