Formule 1 Sports mécaniques

Une écurie, un père, un fils, une histoire sans fin ?

« Papa, papa je veux une Formule 1 pour pouvoir conduire ! ». Mais quel genre de pilote professionnel pourrait se reposer plus sur la fortune de son père que sur son talent. Les amoureux de sport nieront un tel comportement, les amoureux de F1 diront Lance Stroll.

Lawrence Stroll, milliardaire canadien et grand fan de monoplaces, est prêt à tout pour le bonheur de son fils. Ses décisions rythment la vie médiatique et les pages « people » de ce sport aussi bien sur la piste qu’en-dehors. Son fils, Lance, est quant à lui baigné dans la passion paternelle dès son plus jeune âge et était prédestiné à devenir pilote.

Un père amoureux de sport automobile, un enfant roi

Lance Stroll est-il seulement un fils à papa ? Il faut tout de suite remettre les points sur les « i ». Le fiston n’est ni manchot ni sorti de nulle part. Son talent est réel et il a su le démontrer sur le continent américain, en Nouvelle-Zélande et en Europe (champion de F3 Europe). C’est après ces passes d’armes que son image se dégrade. Contrairement à des pilotes intrinsèquement plus talentueux, Lance boude la F2 et utilise l’argent et les sponsors de papa pour directement arriver au Graal. Williams accepte ce type de pilote-payant et c’est déjà le début de la fin pour la réputation du Canadien. Le paddock rencontre alors un garçon réservé, timide voire plutôt froid et vide d’expression. Rarement on lira une émotion sur le visage du petiot.

Du je-m’en-foutisme digne des plus grandes heures de Kimi Räikkönen et ses magnums. Certains journalistes sont alors allés jusqu’à se demander si le pilote n’aimait tout simplement pas la course automobile. Lors de son premier, et seul, podium à Baku en 2017, Lance Stroll reste quasiment stoïque ne laissant passer que quelques sourires formels. Un caractère très critiqué par les puristes de sport automobile, qui attendaient plus d’émotions.

Aussi content que papa ?
Crédit Photo : F1 Fansite

Contrairement à son fils, Lawrence est un grand fan de sport automobile et tout le monde le sait. Son rêve de toucher de près à la F1 se réalise, notamment, grâce à son fils qui est parvenu à piloter ces bijoux d’innovation. Lawrence vit, mange, dort et vibre Formule 1. Il dédierait sa vie pour ce sport. Difficile donc pour papa de retenir ses larmes lors du podium de son fils. Scène doublement cocasse, donc, avec un père en larmes et un fils victorieux anormalement calme.

Papa rachète Force India pour fiston

L’année 2018 marque un point culminant au sein de la relation père-fils dans les paddocks de Formule 1. Lance Stroll, toujours chez Williams, voit son destin se chambouler lorsque son père – Lawrence – rachète les actifs de l’écurie Force India Formula One Team Limited. L’écurie indienne, placée sous redressement judiciaire, dirigée par Vijay Mallya (homme d’affaires indien) ne pouvait se permettre de ne pas céder les garages et la maison-mère. La Racing Point F1 Team est née.

Le Frenchie Ocon dans la première RP
Crédit Photo : Motorsport

À la suite de ce rachat, Papa Stroll a donc un choix sur deux pilotes titulaires et trois prétendants. Le premier, l’intouchable, Sergio Pérez est soutenu par les plus grandes fortunes du Mexique emmenant leurs sponsors où qu’il aille. Le deuxième, un Frenchie du nom d’Esteban Ocon. Talentueux, rapide, adoré par l’écurie et par Vijay Mallya mais sans aucun sponsor et les poches vides. Le troisième, fiston sortant de deux saisons médiocres. Le choix est facile. En décembre, le monde de la F1 regrette le licenciement du Français.

Bonnet d’âne ou de clown ?
Crédit Photo : Motorsport

Mais l’histoire du papa ne s’arrête pas là. L’année 2019 arrivée, les petits potins Stroll recommencent. On entend au loin qu’Aston Martin serait en train de se faire acheter. Les murmures se rapprochent et un nom s’entend distinctement : Lawrence Stroll. Ce dernier prend des parts dans la société puis investi énormément dedans jusqu’à devenir le Président exécutif en janvier 2020. Une écurie sans nom additionnée avec une marque de voiture de luxe, les Stroll ont créé l’Aston Martin F1 Team pour 2021.

« Les millionnaires achètent des Aston Martin, un milliardaire achète Aston Martin » Julien Fébreau, commentateur F1 Canal +

La rupture des Stroll, le sourire de Vettel

Avec le rachat de la marque anglaise, Lawrence commence à regarder le monde de la F1 les yeux dans les yeux et faire des yeux doux à certains. Un quadruple champion du monde, libre sur les marchés, fait notamment tourner la tête de papa. Vous l’avez maintenant compris, la saga Stroll recommence tous les ans. De nouveau Lawrence à un choix à faire entre 3 pilotes pour 2 baquets. Vettel-Pérez-Stroll, le trio infernal pour les méninges de papa. Les rumeurs sont vite apparues concernant un rapprochement de l’écurie anglaise et du champion allemand, et confirmées rapidement des deux clans dans un soucis de transparence. Elles s’intensifiaient autour d’un départ du Mexicain, qui avait néanmoins re-signé un contrat avec les roses. En effet, on voyait mal Monsieur Stroll mettre à la rue Stroll Jr. La presse F1 essayait déjà de trouver un plan B pour Checo.

Lequel se fera fusiller ?
Crédit Photo : Planet F1

Mais revirement de situation, depuis une semaine la presse anglaise, espagnole et française parlent tous d’une cassure entre papa et fiston. Lawrence peut-il virer Lance ? Sur le côté sportif, il pourrait car malgré des débuts de saison prometteurs des RP20, Lance est toujours dominé par Pérez (voire même Hülkenberg). Ce sera le côté personnel du père qui décidera. Lawrence préfère-t-il avoir la casquette « papa » faisant gagner son fils, ou la casquette « businessman » faisant gagner son écurie ? Dans les deux cas, l’objectif est de gagner et pour cela il faudrait ne pas TRICHER !

Crédit Photo : Guide Auto
Thomas Fraisse

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