Basket-ball

Bubble Story : petits secrets à Disney World

En matière de balle orange, les cracks ne courent pas les rues à Orlando. Ces derniers temps, seuls un Français bientôt chauve, un pivot venu de l’Est voire un DJ mixeur de Raptors ont pu donner le smile aux fans du Magic. Imaginez donc le choc qu’accusent ces Floridiens en épiant autant de stars s’agglutiner aussi près de l’Amway Center. Il y a de quoi fantasmer. Et puisqu’il est question de Disney, autant en profiter pour se faire des films. Allez, on débranche son cerveau et imaginons un scénario plus ou moins plausible de ce qu’il pourrait se tramer dans l’intimité de la bulle.

Préambule : la NBA a repris ce 30 juillet pour des raisons économiques dans un contexte sanitaire et social américain grave. Il est ainsi recommandé de prendre cet article avec une bouffée de dérision et du recul. L’ironie est parfois un phénomène abstrait : ce qui va suivre n’a rien de véridique. Même si les manies et caractères réels de certains artistes de NBA fournissent de l’inspiration par kilolitres.

Les yeux dans Gérard

JR Smith ouvre les paupières. Il est 18h pétante. La petite souris chargée de nous guider dans cette « Bubble » a trouvé judicieux de se glisser dans la poche du néo-Laker pour démarrer la visite. Gérard s’empresse de réveiller ses potes McGee et Waiters. Le strict Jason Kidd n’a pas cramé leur panne de réveil. Un miracle.

Les Three Amigos lowcost enfilent leur masque couleur violet-or et décident de rejoindre le hall de leur hôtel – le Coronado, ça ne s’invente pas. Mais stupeur pour le troisième lascar, il croise une version aplatie de Nikola Jokić. Dion Waiters s’empresse de checker s’il n’a pas de bonbons goût weed au fond de ses poches, et décide de garder ça pour lui. Inutile de donner de l’eau au moulin des tabloïds qui avaient déjà fait état de ses crises de panique aériennes. Bref, le gars qu’il vient de croiser parlait bien serbe, mais c’est un Kyle Lowry au phrasé chinois que le shooteur découvre collé aux fenêtres du palace. L’œil vitreux, le Raptor ne supporte plus l’absence de son ami DeRozan, logé plus au sud à l’hôtel Yacht Club.

Marc Gasol préfère en rire et décapsule sa bague dans laquelle il avait dissimuler quelques gouttes d’une liqueur espagnole. Un cul-sec ibérique plus tard, JR Smith a désormais soif. Direction la piscine. Le trio passe par la case test et indique sa température sur une application dédiée à cet effet.

Pêche et philosophie

Ils sont rejoints par Caldwell-Pope et sortent de l’hôtel en badgeant leur bracelet intelligent. Mais celui de KCP, n’affiche pas vert : l’arrière n’est pas muni de son pass Disney mais de son bracelet électronique qu’il a gardé. Retour à la case prison chambre pour lui. McGee et consorts sautent dans la navette mais Waiters n’est pas prêt à encaisser la scène à laquelle il s’apprête à assister. Depuis le bord de la piscine, il est de nouveau incapable d’expliquer pourquoi Boban Marjanović se baigne dans le pédiluve. Ni pourquoi le 5 majeur des Rockets n’a pas pied alors qu’il partage le même bassin que le Maverick.

Gérard n’a pas le même problème : il préfère se moquer de Derrick Jones Jr qui tente de voler d’un bout à l’autre de la piscine. Les pitreries du joueur du Heat amuse moins Aaron Gordon, installé dans son jacuzzi et sa jalousie. Régional de l’étape, Evan Fournier qualifie ce bazar de « sausage partie ». À l’évocation de ces mots, JR Smith prend la fuite. Hors de question pour lui de participer à une teuf qu’il n’a pas lui-même organisée.

Le serial shooteur se dirige vers le Lac de pêche. Sans surprise, il y retrouve Paul George qui philosophe sur les bad shoot alors qu’un petit malin lui a collé un sticker de Damian Lillard sur sa capuche. L’ambiance est au poisson d’avril et Gérard, blagueur, cherche à savoir si Will Barton aime aussi la pêche ou si Paul Millsap a réellement un grand dressing. Peu sensible à cet humour, l’élégant joueur des Clippers suggèrent au Laker « d’aller à l’hôtel des figurants » (comprendre celui des Pels, Spurs, Kings, Suns, Wizards et Blazers) où il se sentirait plus à sa place.

Vice city

Bingo, JR Smith n’est pas déçu : les locataires du Yacht Club ont abandonné l’entraînement, peu motivés à l’idée de lutter pour des playoffs difficilement accessibles. En chemin, il croise Butler qui pensait pouvoir détruire ses anciens coéquipiers des Wolves lors d’un scrimmage improvisé. Jimmy se voyait bien croquer de l’aristo-KAT mais Minny n’a pas reçu d’invitation pour la Bubble.

Finalement, Smith retrouve tout le monde affairé à élaborer une suite à la mini-série Game of Zones. Jaxson Hayes a des idées originales mais semble toujours aussi disposé à placer les mots « NBA », « Daenerys » et un terme désignant son appareil intime dans la même phrase. Adam Silver et Emilia Clarke apprécieront. Lillard arrondit les angles en proposant de produire la bande son. JR ne bronche pas mais préférait Balance Toi de TP.

Pour continuer dans le borderline, Gérard surprend Whiteside et Carmelo, en train de dévaliser un distributeur de figurines Pluto, et appliqués à expliquer aux jeunes de leur équipe comment braquer une franchise NBA. Sonne alors 19h. Disney World ferme ses portes au public et les rookies sont invités à aller se griser sur les attractions.

L’organisation de la Bubble : près de 60 kilomètres carrés destinés aux franchises. Crédit : @ZachLowe_NBA

Smith suit le mouvement mais se perd sur un terrain de golf. Il dérape malencontreusement sur une balle. L’Angelino vient de saboter un magnifique putt de LeBron. L’ancien Cavalier obtient le silence de l’employé du parc qui a tout vu du massacre. Il glisse en main du majordome de gros dollars, économies de la liasse qu’avait bien dû lui glisser Steve Kerr lors du Game 1 des Finals 2018. Le pouvoir de l’argent.

Lou fait le mur, Chris la moue

Notre souris-reporter se sauve pour découvrir le Grand Floridian. Pour le premier climax de la journée. Bordel institutionnalisé à la clé. Les Sixers font le tour du bâtiment en short. Ben Simmons vient de scorer un 3 points depuis la gaming room et NBA2K. À l’intérieur, même histoire. Les Rockets ne se sont finalement pas noyés. Zion ayant vidé la piscine d’une bombe qui a faillit lui coûter un genou. James Harden s’est organisé une séance de shoot sur poubelle. Bien entendu Westbrook chope les rebonds et box out un Steven Adams de passage.

Côté OKC, Schröder mange taquet sur taquet. Selon Chris Paul, la chemise de l’Allemand n’a rien à faire en dehors de son pantalon. Ça chauffe aux oreilles du potentiel 6th man of the year mais c’est un autre fan des sorties de banc qui va exciter la bulle.

Un fan de sortie tout court d’ailleurs. Lou Williams, loin d’être calmé par sa quatorzaine forcée suite à son détour par un strip club d’Atlanta, se pointe accompagné de deux escortes. Dans le hall du Coronado, Kawhi se fait lui tout petit mais laisse échapper un rire catastrophique. Et alors que chacun lance ses paris sur la durée de la probable suspension de Lou Will, LeBron fait son apparition dans la salle. Flanqué d’un Dwight Howard assagit, le King se rue vers JR Smith qui jusqu’ici avait résister à la tentation de rejoindre la chambre de Williams.

Le bal des pookies

Sorti d’une conférence de presse où il a affirmé avoir dépassé MJ sur le green, LBJ a appris la bourde de JR. Penaud, l’arrière aperçoit alors la balance du golf. Justification de l’intéressé : « LeBron is the GOAT. » Le numéro 23 sort alors de sa fureur avant de voler au secours du mono-sourcil d’Anthony Davis, meurtri par une scandaleuse séance d’épilation.

Au beau milieu de la cacophonie, Vince Carter passe le portique discrètement et signe un contrat avec Toronto. Histoire de boucler la boucle. Le bruit des négociations est couvert par l’édification d’une statue en hommage à George Floyd. Engagés, Lonzo et Giannis se sont portés volontaires pour poser les briques.

Mais l’heure a tourné, et l’entre-deux de la rencontre Sacramento-Orlando sert de signal aux autorités pour que les équipes rejoignent leur quartier respectif. Pas sûr que le spectacle proposé dans l’HP Field House soit comparable au sens du show de ces joyeux lurons qui égayent la bulle.

Pour compléter le tout – NBA : une équipe surprise à Disney World ?

Crédit photo : montage Les Olympistes (Robin Lopez : NBA.com)
Marius Veillerot

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