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Édito : l’histoire d’un Matador et d’un Monstre à Paris

C’est une page qui se tourne au PSG avec le départ prochain de deux de ses légendes. Une fin qui sera sans doute assez spéciale, pour l’un comme pour l’autre. Sans obtenir les au revoir qu’ils méritent, Thiago Silva a décidé de poursuivre son aventure parisienne jusqu’à la fin de l’été. Edinson Cavani partira lui le 30 juin, avec un goût d’inachevé, et après s’être mis à dos une partie des supporters.

Après huit saisons passées au club, le contrat de Thiago Silva ne sera pas renouvelé. Le joueur qui a parfois divisé laissera un vide indéniable en défense. Véritable muraille, maître du jeu de tête et de l’anticipation, il est incontestablement un des meilleurs défenseurs de la dernière décennie. Son arrivée du Milan avec Ibra en 2012 marque le premier gros coup parisien sous QSI. Il apporte sans attendre classe et expérience dans une équipe parisienne en construction. Véritable Mr. Propre dans ses interventions défensives, il ne concède que 24 cartons jaunes, et un malheureux carton rouge. Le seul de sa carrière qui laisse un gout amer aux supporters parisiens.

Ce carton rouge a sans doute changé l’histoire récente du club. Plus que polémique, cette exclusion amènera Leonardo à bousculer l’arbitre Alexandre Castro dans les vestiaires. Le directeur sportif sera alors suspendu suite à cet incident et décide de quitter le club. Qui sait ce qu’aurait pu donner le PSG dirigé pendant toutes ces années par les mains de maître de Leo ?

Le Brésilien disputera au total 310 matchs sous les couleurs parisiennes. Épaulé durant ces années par Alex, David Luiz, Marquinhos ou encore Kimpembe, Silva est resté incontestable et aura apporté de la stabilité à sa défense. L’équipe ne sera cependant jamais parvenu à passer un cap en Ligue des Champions, éliminée à chaque fois en quart ou en huitième. Si son niveau de  jeu ne souffre d’aucune contestation, c’est son mental qui a parfois pu être pointé du doigt. Capitaine parisien du début à la fin, c’est lui qui a subi les foudres suite aux débâcles face à Barcelone et Manchester. Au moment de faire le bilan, il est vrai que ces deux matchs pèsent lourds. Mais pas de quoi oublier tout le bien qu’a pu faire O’Monstro au club de la capitale.

Si il y a bien un moment du passage du Brésilien à retenir, c’est sans aucun doute celui-là. 11 mars 2015. Huitième de finale retour face à Chelsea. Vous connaissez sans doute le scénario incroyable de ce match durant lequel le PSG a dû batailler plus de 90 minutes en infériorité numérique. Au bout des prolongations, Thiago Silva délivre les siens d’une tête imparable. Le PSG est qualifié. Grandiose.

Après avoir remis les pendules à l’heure en mars avec une prestation XXL face à Dortmund, le PSG peut toujours aller chercher sa première LDC en août. Il reste au Brésilien trois matchs pour ramener à Paris le trophée convoité depuis tant d’années. Thiago Silva partira en légende, sans aucun doute le plus grand défenseur de l’histoire du club, adulé par tous les supporters. C’est cette fin qu’aurait mérité Edinson Cavani. Malheureusement, l’histoire parisienne de l’Uruguayen s’arrêtera le 30 juin, avec un goût d’inachevé.

Le pire dans cette histoire, c’est que cela ne semble ne faire ni chaud ni froid à une partie des supporters. Comme si Cavani s’en allait après deux saisons au club, avec une vingtaine de buts dans sa  besace. Alors que l’Uruguayen a refusé une prolongation de deux mois, on semble vivre cela comme une trahison chez les Parisiens. Comme si Cavani avait joué un faux jeu avec son club durant sept saisons. Comment peut-on en arriver là ? Alors même qu’il y a un an de cela, l’histoire d’amour entre les deux parties était encore au beau fixe.

Dans l’ombre de Zlatan à son arrivée, relégué sur les ailes, Cavani réalise tout de même trois saisons correctes. Avec 25 buts minimum à chaque fois, il reste très critiqué, notamment par les supporters. Il ne bronche pas, sauf deux fois peut-être. En janvier 2015, l’Uruguayen sèche la reprise et laisse entendre qu’il serait mécontent de sa situation. Rien d’inhumain que de râler pour jouer dans l’axe non ? Rebelote en 2018 quand Edinson rentre en retard de ces vacances, pour des « raisons personnelles » cette fois. On a quand même déjà vu bien pire au PSG, coucou Neymar.

En 2016, Zlatan s’en va. Cavani est alors replacé dans l’axe et prend la succession du géant suédois. Réputé pour sa faible qualité technique, son poste de prédilection lui permet de faire parler ses seules qualités de finisseur. Il réalise alors sa meilleure saison statistique sous les couleurs parisiennes. C’est aussi la saison de « l’exploit » barcelonais, bien aidé par son douzième homme (pas le public évidemment). Difficile de l’oublier au moment de faire le bilan de Cavani. Buteur à l’aller et au retour, il se distingue du reste de l’équipe mais ne parvient pas à empêcher le naufrage. Paris ne finit pas champion, certes, mais Cavani est la lumière d’une sombre saison.

L’été suivant le PSG attire Neymar et Mbappé. Cavani conserve sa place dans l’axe et forme un trio de feux avec les deux recrues. Il continue d’empiler les buts. Le 27 janvier 2018 contre Montpellier il dépasse Ibra et devient le nouveau meilleur buteur de l’histoire du PSG.

La rage de Cavani après être devenu le meilleur buteur de l’histoire du club.
Crédit : Getty Images

L’arrivée de Mauro Icardi en août dernier signe sans doute la fin de l’idylle pour Cavani. Relégué sur le banc tout au long de la saison Cavani parvient tout de même à inscrire son 200ème but pour le club. Il désire prolonger l’aventure au PSG mais l’offre qu’il attend n’arrive pas. Cet hiver il veut s’en aller mais décide finalement de poursuivre avec Paris. Petit à petit les rapports avec une partie des supporters s’étiolent, tandis qu’au Parc des Princes, le CUP continue de scander son nom. Cavani veut rester, quitte à baisser son salaire. La seule offre qui lui sera faite sera une proposition de deux mois pour finir la Ligue des Champions. Dérisoire quand on est le meilleur buteur de l’histoire du club.

Alors oui, Edinson a refusé cette offre, difficile à admettre pour nous, supporters. Cette décision fait mal et on peut en vouloir à Cavani, de peut-être privilégier son nouveau club au PSG. Mais celle-ci a sans doute été amenée par une délicate dernière année où l’attaquant a compris qu’il n’était plus désiré au club. Encore plus quelques semaines après l’annonce de Leonardo que son contrat ne serait officiellement pas prolongé.

Cavani a décidé de tourner la page. Choix compréhensible mais douloureux pour certains. Pour d’autres, il était évident que le Matador allait un jour ou l’autre la mettre à l’envers au club de la capitale. Cavani n’a jamais rien fait pour le PSG, nous diraient-ils. L’équipe n’a pas toujours été irréprochable, il y en a bien un qui a toujours tout donné et mérite d’être applaudi au moment de son départ.

L’aventure se termine ainsi pour nos deux légendes. O Monstro et El Matador auront marqué l’histoire du club parisien, bien que celui-ci ne soit toujours pas parvenu à passer un cap significatif en Europe. Paris doit se tourner vers le futur et le choix de ne pas conserver ces éléments peut paraître logique. On aurait certes préféré une issue différente, mais nous n’oublierons jamais ce que vous avez fait pour le club.

Merci Thiago. Merci Edi.

Arthur Picard
Crédits Photo : Twitter @ brfootball

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