Cyclisme

Jérôme Pineau : « Le Tour de France est le phare de notre bateau »

Avant de partir deux semaines en road-trip à la rencontre de ses coureurs, Jérôme Pineau a tenu à s’exprimer à la presse. L’occasion pour le directeur de l’équipe B&B Hôtels-Vital Concept d’évoquer l’organisation de son équipe pour la reprise de la saison et de dévoiler la pré-sélection de l’équipe pour le Tour de France. 

Le Tour de France, le point d’orgue de la saison

Pour sa troisième saison d’existence, l’équipe B&B Hôtels-Vital Concept a été invitée au début de l’année à participer au Tour de France. Un immense privilège pour une jeune équipe, mais dotée d’un effectif capable de jouer les trouble-fêtes. Jérôme Pineau a donc annoncé une pré-sélection de 10 coureurs pour le « premier événement populaire mondial depuis le début du confinement ». Les deux leaders seront Bryan Coquard et Pierre Rolland. Les deux Français sont accompagnés de Cyril Gautier, Quentin Pacher, Sébastien Schönberger, Jens Debusschere, Kévin Reza, Frederik Backaert, Cyril Barthe et Maxime Chevalier.

4 ans après sa dernière participation, Bryan Coquard retrouvera le Tour de France.
Crédit photo : B. Papon/L’Equipe

Il s’agit d’une liste peu surprenante, à l’exception de la présence de Maxime Chevalier. Ce dernier n’a que 21 ans et pourrait donc participer à la Grande Boucle dès sa première saison professionnelle. « On mise en partie sur le décalage du Tour et on estime qu’il a de belles cartes pour briller. Il sait très bien descendre et il a cette insouciance de la jeunesse. » Formé au VCP Loudéac, la réserve de l’équipe de Jérôme Pineau, cette sélection montre toutes les qualités de la formation bretonne.

Dans cette pré-sélection, seuls trois coureurs n’ont jamais pris le départ d’un Grand Tour. Avec une moyenne d’âge de 25 ans, c’est un mélange d’expérience et de jeunesse qui prendra le départ du Tour. Néanmoins, cette sélection reste « très ouverte et pourra être modifiée jusqu’à une semaine avant le départ« . « On laisse la possibilité aux absents de nous prouver qu’ils sont opérationnels » a ajouté le directeur général de l’équipe.  On notera les absences de Tom-Jelte Slagter, Jonas Van Genechten mais aussi celle d’Arthur Vichot. Ce dernier compte 7 participations au Tour de France mais paye sûrement ses nombreuses blessures.

Maxime Chevalier pourrait prendre le départ du Tour de France dès sa première saison professionnelle.
Crédit photo : B&B Hôtels-Vital Concept

Conscient des limites de son effectif, Pineau est plutôt humble sur les ambitions de son équipe : « Nous n’avons pas de coureurs capables de gagner le Tour mais on a des coureurs capables de suivre le mouvement« . C’est dans cette optique d’optimiser le peu de chances des Men In Glaz que l’équipe bretonne repérera les étapes clés, où Bryan Coquard et Pierre Rolland auront la capacité de briller.

Une préparation différente

Le Covid-19 a profondément transformée cette saison 2020, marquée par des changements importants au niveau du calendrier. Ainsi, la pandémie contraint les équipes à s’adapter, l’équipe bretonne devra revoir sa préparation pour le Tour. Mais dans une équipe où « les rapports humains sont très importants« , cette crise sanitaire est un véritable problème : « Notre groupe travaillera en deux groupes distincts. De chaque côté, 5 coureurs avec 5 membres du staff iront en stage dans des lieux différents. Le but est de ne pas croiser les deux groupes afin de limiter les risques de contamination. Les coureurs ne se retrouveront qu’à la mi-juillet lors d’un stage à Argelès-Gazost. De plus, nous allons limiter au maximum les transports en commun. L’objectif de tout cela est d’isoler au maximum les coureurs qui prendront part au Tour » a indiqué Jérôme Pineau.

A partir de la mi-juin, les 10 coureurs ci-dessus seront en stage afin de préparer le Tour.
Crédit photo : B&B Hôtels-Vital Concept

Outre ces stages, l’équipe compte sur certaines épreuves françaises, comme le Tour d’Occitanie ou le Tour de l’Ain, pour préparer la grande échéance de la fin du mois d’août. Jérôme Pineau s’est dit « très optimiste sur le nouveau calendrier UCI« . Le directeur des Men In Glaz a insisté sur la nécessité de s’organiser dès aujourd’hui pour les courses de la fin d’année : « Il faut préparer ces épreuves dès maintenant, il n’y a pas de temps à perdre. »

Des partenaires économiques solides

« Ma plus grande crainte est qu’un membre de l’équipe soit touché par le coronavirus » estime Jérôme Pineau, très soucieux de la santé de ses coureurs. Mais outre les inquiétudes sanitaires, les conséquences économiques ont très vite secoué le monde du cyclisme. De son côté, Jérôme Pineau se félicite que sa jeune équipe ait réussi à passer cette crise : « Notre partenaire principal est un partenaire hôtelier, un secteur qui a énormément subi la crise. Mais, je me félicite de la solidité de nos 30 partenaires, personne n’a souhaité se retirer.« 

Le maintien de la Grande Boucle a sans aucun doute rassuré les partenaires économiques, soucieux de leur visibilité : « Le Tour de France est le phare de notre bateau, et sans phare, notre bateau se serait échoué. J’étais très inquiet de son éventuel annulation.« 

Et face à un confinement qui a perturbé la préparation des coureurs basés en France, le directeur général des Men In Glaz est assez optimiste estimant que « l’entraînement effectué en mars et avril ne sera pas forcément utile pour le mois d’août. Les incertitudes qui ont pesé sur le calendrier ont pesé. À quoi bon aller rouler 6 heures si on ne sait pas quand aura lieu la reprise ?« 

« Le Tour de France est le phare de notre bateau, et sans phare notre bateau se serait échoué »

Jérôme Pineau et les siens semblent sortir la tête haute de cette « période très anxiogène« . L’ancien cycliste pro a martelé la chance d’avoir « des rapports humains privilégiés avec ses coureurs et partenaires« . C’est sûrement cet aspect qui fait la force de cette jeune équipe qui participera donc à partir du 29 août au premier Tour de France de son Histoire.

Crédit photo : Sylvain Thomas/AFP
Matthieu Heyman

(1 commentaire)

  1. Un peu exagéré comme vision. La solidarité cycliste doit rester de mise. Beaucoup d’épreuves doivent survivre. Le tour n’a pas de soucis de trésorerie. Il y en a d’autres pour qui c’est le cas. Un tdf par an, cela fait court pour une saison cycliste.

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