Football

Jean-Pierre Scouarnec : « Notre montée est tout à fait méritée »

La pandémie de coronavirus a forcé la Fédération Française de Football à mettre un terme au championnat de National (3ème division française). La semaine dernière, décision a été prise que les deux premiers du classement monteront à l’échelon supérieure, c’est à dire en Ligue 2. C’est donc Pau et Dunkerque qui sont les grands gagnants de cette saison de National. Le président du club dunkerquois, Jean-Pierre Scouarnec, a répondu à nos questions. 

Après 24 ans d’attente, Dunkerque retrouve le monde professionnel. Il s’agit d’un immense soulagement j’imagine?

C’est avant tout le sentiment d’un premier devoir essentiel d’accompli : celui d’avoir remis Dunkerque en Ligue 2, après 6 saisons en National. En 1996, lorsqu’on quitte la Ligue 2, nous étions restés pendant 30 saisons consécutives en L2. Je suis tout de même un peu déçu que la montée n’ait pas eu lieu sur le terrain. Dans ces moments là, lorsqu’on est président, on aime bien lorsque ça se passe sur le rectangle vert, puis dans les vestiaires. Mais, on ne va pas bouder notre plaisir !

La saison dernière avait été un peu compliquée, cette montée est quelque peu surprenante non ?

Non ce n’est pas tout à fait surprenant. Il y a 3 ans, nous étions déjà proches du podium [Dunkerque avait terminé la saison à 1 point de la 3ème place, ndlr]. C’est vrai que la saison dernière avait été catastrophique, surtout notre phase aller. Mais nous avions su nous redresser, et nous avons terminé à la 2ème place, à 2 points du leader, sur la phase retour. On avait gardé cette ossature pour cette saison. Donc on pouvait s’attendre à faire une très bonne saison.

Et notre montée est tout à fait méritée puisque nous avons passé 21 journées sur le podium dont 13 journées en tête de National. Bien sûr, on n’avait pas annoncé la montée comme notre objectif de la saison ; à Dunkerque on est assez ancienne école, donc on avait annoncé le maintien comme objectif mais nous étions conscients de nos capacités.

Les Dunkerquois peuvent exulter : ils joueront en Ligue 2 la saison prochaine, 24 ans après avoir quitté le monde professionnel.
Crédit photo : Thierry Thorel-VDN

Vous avez décidé le mois dernier de vous retirer de votre poste de président de l’Union des clubs amateurs des championnats français. Vous pouvez nous en dire un peu plus sur cette décision ?

J’ai pris cette décision le jour où le comité exécutif de la FFF a décidé d’arrêter tous les championnats amateurs, excepté celui de National. Comme mon club était deuxième, donc susceptible de monter, je ne voulais pas me retrouver en porte à faux pour discuter avec la fédération. Il était donc préférable que je quitte mon poste. Par la suite, je me suis exprimé dans les médias sur mes doutes concernant une éventuelle reprise. Un président est responsable pénalement de ses employés, je me voyais mal remettre mes joueurs sur le terrain sans une certaine garantie sur leur sécurité.

Quels ont été les contacts avec les instances nationales depuis les derniers matchs et le début du confinement ?

Il n’y a pas eu de contacts directs. Bien évidemment, j’ai suivi les décisions prises les unes après les autres par la fédération. Je suis assez régalien sur les décisions de la « fédé ». Et puis, hormis une saison blanche, je savais que notre montée n’était qu’une question de temps…

« Je me voyais mal remettre mes joueurs sur le terrain sans une certaine garantie sur leur sécurité. »

Vous avez pris la décision de ne pas conserver Claude Robin, entraîneur de Dunkerque depuis 2 ans. Cela peut paraître surprenant non ?

Je comprends très bien cela. Déjà, je n’ai pas pris la décision de me séparer de Claude Robin, nous n’avons tout simplement pas réussi à nous mettre d’accord sur un nouveau contrat. C’est le fait de ne pas trouver un accord rapide qui a acté la séparation. Pour préparer correctement notre saison en Ligue 2, on ne pouvait pas passer trop de temps sur ce sujet là et il a fallu trancher.

Claude Robin était sur le banc dunkerquois depuis 2018.
Crédit photo : Le Phare Dunkerquois

Donc vous étiez dans l’optique de le conserver à la tête de l’équipe ?

Oui, notre priorité était de garder Claude. Je suis malheureux pour lui et pour le club. Quand vous êtes dirigeant, vous devez prendre des décisions pour avancer.

Vous avez nommé Fabien Mercadal au poste d’entraîneur. Ce dernier a entraîné le club dunkerquois entre 2012 et 2016. Il était important de prendre quelqu’un qui connaît la maison ?

Non, ce n’était pas obligatoire de prendre quelqu’un qui connaître la maison car la maison a beaucoup changé depuis 2016. Nous sommes beaucoup plus structurés, nous avons énormément grandi. Mais, il était impératif de prendre quelqu’un avec les qualités de Fabien pour augmenter nos chances de se maintenir sans se faire peur. Car notre objectif est évidemment de se maintenir en Ligue 2.

Fabien Mercadal a été présenté à la presse au côté de son président.
Crédit photo : Matthieu Darriet-Radio France

Le mercato va bientôt commencer, et vous disposez d’un des budgets les plus faibles de Ligue 2. Quels types de joueurs allez-vous cibler ?

Tout d’abord, nous n’étions pas le club le plus riche en National, et nous ne serons jamais le plus riche en Ligue 2. Nous avons construit une cellule de recrutement qui a pour but de faire des jolis coups qu’on pense impossible. Depuis janvier, nous avons commencé ce travail. J’espère que dans 15 jours, nous allons pouvoir signer les premiers contrats. Nous allons quand-même rester sur l’ossature qui nous a permis de monter avec des joueurs de qualité qui sont capables de jouer en Ligue 2. Il faut maintenant les encadrer avec des joueurs expérimentés, connaissant la Ligue 2.

Le stade Marcel-Tribut n’est pas encore homologuée par la LFP (Ligue de Football Professionnel). Pouvez-vous confirmer qu’il le sera et que Dunkerque évoluera dans son stade la saison prochaine ?

Les travaux sur la tribune la plus importante sont finis, et la tribune a pu ouvrir juste avant le confinement. Pour les autres tribunes, les chantiers étaient à l’arrêt, comme tous les chantiers en France, mais ont pu reprendre la semaine dernière. Nous avons eu une réunion avec la LFP et nous savons exactement ce qui doit être fait pour jouer à Tribut en Ligue 2. Donc oui, nous sommes confiants et sereins sur ce sujet là.

Crédit photo : Kevin Saroul – Le Phare Dunkerquois
Matthieu Heyman

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :