Cyclisme

Israël Start-Up Nation : la nouvelle équipe World Tour

La Katusha-Alpecin n’existant plus, c’est Israël Start-Up Nation qui reprend la licence laissée vacante. Lancée en 2015 en troisième division sous le nom de « Cycling Academy Team », l’équipe financée par le milliardaire Sylvan Adams participera pour la première fois au Tour de France cet été. (Sous réserve d’annulation, foutu Covid-19 ! ).

L’Homme fort : Sylvan Adams

C’était en 2016, l’israélo-canadien Sylvan Adams décide de rejoindre le projet lancé par Ran Margaliot, premier coureur israélien World Tour. Le rêve du cycliste professionnel était de devenir « le premier Israélien à courir le Tour de France« . Néanmoins, Ran Margaliot s’est vite aperçu que ce ne serait pas possible, il a alors décidé de donner l’opportunité aux autres d’accomplir son rêve. Passé par la Tinkoff, le trentenaire inaugure alors sa propre équipe en troisième division. Son rêve : emmener la Cycling Academy Team (aujourd’hui appelée Israël Start-up Nation) au Tour de France. Ce rêve deviendra réalité au mois de juin, si le Covid-19 n’en décide pas autrement.

Pourtant, deux années après sa création l’équipe israélienne est passé au bord de la faillite. Le sponsoring de l’américain Ron Baron ne suffisait plus, Sylvan Adams saisit alors l’occasion. Sous l’impulsion de ce dernier, la CAT participe en 2018 à son premier Grand Tour : le Giro.

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En effet, l’entrepreneur de 59 ans a obtenu les trois première étapes du Tour d’Italie dans l’État hébreux. Jamais un Grand Tour ne s’était expatrié en dehors de l’Europe. Fils de Marcel Adams, rescapé roumain de la Shoah et fondateur de l’un des plus grands groupes immobiliers au Québec, Sylvan Adams a pour objectif de promouvoir le cyclisme en Israël. L’homme d’affaire a par ailleurs entrepris le financement d’un vélodrome à Tel-Aviv (18 millions d’euros). Il s’agit dit-il « de la première infrastructure de ce type au Moyen-Orient« .

En 2019, Sylvan Adams rachète la licence d’Igor Makarov, propriétaire de la Katusha. La formation israélienne signe alors son entrée chez les équipes World Tour. La fortune personnelle du mécène couvre l’essentiel des 14 millions d’euros de budget de l’équipe israélienne (contre 17 millions pour l’AG2R et le double pour Ineos). Si Ran Margaliot est le véritable pionnier de ce projet, c’est bien Sylvan Adams qui a permis d’hisser l’équipe israélienne au plus haut niveau mondial.

Des coureurs qui doivent réaffirmer leur leadership

Coup de poker pour Israël Start-Up Nation ! L’équipe managée par Chen Tal va tenter de relancer l’allemand André Greipel en perte de vitesse ces dernières années. En effet, le sprinter de 37 ans n’a levé les bras qu’à une seule reprise lors de son passage express chez Arkéa-Samsic. C’était lors de la sixième étape de La Tropicale Amissa Bongo, autant dire qu’il n’y a pas de quoi se vanter… Nous pouvons néanmoins noter une belle deuxième place lors du 84ème GP Stad Zottegem. Mais tout cela reste insuffisant pour l’homme aux onze victoires sur la Grande Boucle.  Avec un seul top 10 et une maigre 32ème place au classement par point, André Greipel est bien loin de ses quatre victoires lors du Tour de France 2016…

Le natif de Rostock a réalisé un début de saison intéressant, en terminant cinquième meilleur sprinter du Tour Down Under. Cependant, le vétéran allemand s’est fracturé l’épaule un mois plus tard lors d’un entraînement près de Cologne. Trois mois de pause était nécessaire à son rétablissement. Visiblement, il va pouvoir prolonger sa convalescence…


Décidément, la formation israélienne aime prendre des risques !  En effet, Dan Martin sort d’une saison quasiment transparente chez UAE Team Emirates. A l’image de son sprinter, l’Irlandais n’a pas existé sur le Tour de France, finissant à une triste 18ème place au classement général. Des cannes à la place des jambe au départ de la Flèche Wallonne puis malade lors de Liège-Bastonne-Liège, le leader de l’équipe des Émirats a été contraint d’abandonner lors de ces deux classiques. En outre, le vainqueur du Tour de Catalogne en 2013 n’a également pas franchi la ligne d’arrivée lors des championnats d’Europe sur route.

Toutefois, sa cinquième place au Tour du Piemont en fin d’année lui a permis d’appréhender la saison 2020 avec davantage de confiance. L’ancien coureur de la Quick-Step l’a bien attaqué en terminant quatrième du Tour de la communauté de Valence et en enchaînant avec deux podiums lors du Tour de l’Algarve.

A noter également la bonne performance du Français Hugo Hofstetter qui a remporté la course belge Le Samyn. Tour de San Juan, Tour de Provence, Paris-Nice… En ce début d’année, le coureur de 26 ans compte un top 5 dans chacune de ces épreuves.

Une équipe cosmopolite

Les 30 coureurs de l’Israël Start-Up Nation représentent 16 nationalités, dont quatre coureurs israéliens. Seule la formation américaine Education First Pro Cycling compte d’avantage de nationalités différentes (17). Ran Margaliot souhaitait composait un groupe « de toutes religions et de tous groupes ethniques. »

Le Belge Ben Hermans, arrivé en 2018, s’est illustré l’année dernière en remportant le Tour d’Autriche et le Tour de l’Utah. Le coureur Allemand Nils Politt, auteur d’une deuxième place lors de Paris-Roubaix et d’un top 5 sur le Tour des Flandres, sera à n’en pas douter un véritable atout pour la formation de Sylvan Adams. Allemand, Irlandais, Français, Belge… l’équipe Israélienne pourra également compter sur Davide Cimolai, un sprinter italien cette fois-ci !  Avec trois victoires d’étape et quatorze top 5 à son actif en 2019, le trentenaire est au sommet de sa forme. En somme, il sera intéressant de suivre l’évolution du champion d’Israël Guy Sagiv. Pour cause : le jeune coureur de 25 ans deviendra cette été le premier Israélien de l’histoire à participer au Tour de France. Enfin, si le Covid-19 n’a pas raison de lui…

Crédit photo: Roy M. Wallack
Adrien Leroux

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