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Le Vendée Globe, une course pas comme les autres

Il y a des aventures dont on ne revient jamais indemne, de grands moments de peur, de solitude, d’émotions ; le Vendée Globe fait sans aucun doute partie de ces courses hors-du-commun. Une course légendaire dont l’unique objectif est d’en revenir vivant. Un périple de 46 000 kilomètres, qui croyez-le moi, change plus d’un homme. Oui, ces skippers ne sont pas des simples sportifs mais de vrais gladiateurs des mers ! Le temps d’un article, embarquez à bord avec les Olympistes, la légende du Vendée Globe nous attend moussaillons…

Le Vendée Globe, un mythe moderne

La légende commence un 26 Novembre 1989. Ce jour-là, ils sont 13 skippers à s’élancer du ponton de Port Olona aux Sables d’Olonne pour une aventure qu’ils ne sont pas près d’oublier. Bien que conscients des terribles difficultés qu’ils allaient affronter, des combats solitaires qu’ils allaient devoir mener, de l’omniprésence du danger, ils se montraient tous heureux de partir. De vrais héros ! Pourtant, personne n’est sûr de revenir, aucun contrat ne garantit un retour sain et sauf en Vendée. Mais, rien n’arrête ces Hercule des temps modernes, prêts à affronter tous les dangers que la mer leur réserve.

« Capitaine, capitaine, oh mon capitaine, mais au fait c’est quoi le Vendée Globe ? ». Tout commence par une histoire d’amitié. En 1987, trois copains (Philippe Jeantot, Bertie Reed et Guy Bernardin) se lancent un défi : lequel d’entre eux réalisera le plus rapidement un tour du monde en voile sans escale ni assistance ? Mais, un conseil ne jamais lancer un défi à des marins. Car deux ans plus tard, le rêve devient réalité. Philippe Jeantot se démène, trouve des sponsors et avec l’appui du Conseil Général de la Vendée réussit à créer cette course. Voilà moussaillon, c’est ainsi que la légende du Vendée est née.

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Le parcours du Vendée Globe.
Crédit Photo : Libération

Même si le Vendée Globe est considéré de tous comme la plus grande aventure moderne, il n’en reste pas moins une course, avec des règles à respecter. En effet, les skippers doivent suivre à la lettre le parcours imposé par l’organisation, au risque d’être disqualifié. Un parcours qui consiste à faire le tour de l’Antarctique en franchissant trois caps : le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn. Tout cela en solitaire (seul à bord du bateau), sans escale (les concurrents ne peuvent mettre pied à terre) et sans assistance (aucune aide médicale ou matérielle). Une chose est sûre, le Vendée Globe mérite bien son surnom d’Everest des Mers.

Le chenal des Sables d’Olonne : un raz-de-marée d’émotions

Que serait le Vendée Globe, sans cette descente et cette remontée du chenal ? Car, la légende du Vendée s’est aussi construite avec ce chenal mythique. Un moment unique que ne l’on peut vivre qu’aux Sables d’Olonne et qui prend aux tripes plus d’un skipper. En effet, aucun skipper ne peut retenir ses émotions face à la ferveur, l’admiration d’un tel public ! Rendez-vous compte, chaque édition, c’est près de 350 000 personnes qui viennent acclamer ces héros au grand cœur pour leur départ.

En effet, la descente du chenal est un moment très fort en émotion que ce soit pour le skipper, le public sur le chenal ou encore le spectateur derrière sa télé. Un dernier moment de partage entre le skipper et le public avant un voyage vers une autre planète. Des au revoir qui résonnent parfois comme des adieux. Car, on l’oublie trop souvent ces skippers sont avant tout des hommes, des femmes avec une famille, des amis qu’il n’est jamais simple de laisser lorsqu’on part pour ce voyage de tous les dangers. Mais, ce moment de partage est nécessaire pour ces marins afin de se ressourcer avant des semaines de solitude sur les océans de notre planète bleue.

Pour voir l’intégralité de la descente du chenal du Vendée Globe 2016, c’est ici.

Néanmoins, nombreux sont les skippers qui vous diront que la remontée du chenal est encore plus belle que la descente. Une remontée qui sonne comme une véritable victoire pour ces marins hors-pair. En effet, finir le tour du monde avec son bateau en un seul « morceau » relève de l’exploit. Seulement la moitié des skippers parviennent à rallier les Sables d’Olonne. Quand on voit les sourires, les pleurs, les applaudissements du public que ce soit pour le premier de la course ou le dernier, on comprend que le Vendée Globe est un événement à part. Un évènement qui ne ne trouve pas d’égal sur Terre. Des scènes de communion qui rappellent pour certains l’arrivée d’Ulysse à Ithaque après son Odyssée sur les mers Méditerranéennes. Une comparaison avec Ulysse qui dit tout du courage, de la bravoure de ces chevaliers des mers. Moussaillon, prenez-en de la graine !

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François Gabart en pleine communion avec le public après sa victoire sur le Vendée Globe en 2013.
Crédit Photo : Christophe Favreau

Des rires, des larmes, de l’angoisse, de la joie : c’est ça le Vendée Globe !

Du premier tour du monde bouclé par Titouan Lamazou en 109 jours au dernier avalé par Armel Le Cléac’h en 74 jours, les anecdotes se comptent par milliers. Et il nous faudrait sûrement tout un livre pour les raconter. Cependant, certaines histoires ont davantage marqué le public que d’autres. Au-delà de sa dureté, la course a été marqué par des drames, des belles histoires, des exploits sportifs et humains. Retour sur quelques moments forts de cette course exceptionnelle.

Alerte aux âmes sensibles, les lignes qui vont suivre ne sont probablement pas faites pour vous ! Tout commence un matin de janvier 1993 au niveau des îles Kerguelen. Lors d’une manœuvre, le skipper français Bertrand de Broc est fauché par sa grande voile et se blesse au visage. Sous les conseils à distance du médecin de course, Jean-Yves Chauve, de Broc parvient à l’aide d’une aiguille et d’un fil à recoudre sa langue et stopper l’hémorragie. Une vrai boucherie d’après ses mots ! Mais, son courage en a fait un héros malgré lui. Une chose est sûre, son histoire de « langue » restera à jamais dans les annales du Vendée Globe.

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Bertrand de Broc face à la langue cousue des Rolling Stones !
Crédit Photo: CNEWS

Si Bertrand de Broc a bien cru perdre sa langue à jamais, d’autres ont eu peur de ne plus jamais goûter aux plaisirs de la vie. C’est notamment le cas de Raphaël Dinelli… Matelot accrochez-vous bien car son histoire est déroutante ! Le jour de Noël, en mer du Sud près des îles Kerguelen, le bateau de Dinelli se fait retourner et vient se fracasser contre l’eau, brisant au passage son mât. Ainsi, durant 36 heures, le skipper restera accrocher à son bateau priant le Père Noël de lui offrir le plus beau cadeau qu’il soit : la vie.

Le marin français doit alors son salut à un Anglais du nom de Pete Goss. Ce dernier sur son petit bateau, n’hésite pas un seul instant à faire demi-tour et remonté contre le vent cette mer épouvantable pour sauver son ami français. De ce sauvetage naîtra une fabuleuse histoire entre les deux hommes car Raphaël Dinelli demandera plus tard à l’inexorable Pete Goss d’être son témoin de mariage. So beautiful !

D’autres n’ont pas cette chance. La mer est effroyable et ne pardonne jamais la moindre erreur. Depuis la création de cette course totalement dingue, la mort a frappé deux fois la course : Nigel Burgess (skipper anglais) et Gerry Roufs (skipper Canadien). Le premier a été retrouvé noyé lors du Vendée Globe 1992/1993, le second disparu en mer en 1996. On ne retrouvera jamais son corps englouti par les flots.

Raphaël Dinelli seul sur bateau dans les mers du Sud.
Crédit Photo : Histoire des Halfs

Ainsi va la légende du Vendée Globe ! Dans cette course où se glisse, la souffrance, l’héroïsme ; les marins du Vendée Globe ne sont pas des sportifs comme les autres mais des aventuriers avec un cœur énorme. Des hommes qui par leur périple transmettre du rêve et font rêver des milliers de gens. Et en cette période noire, où le monde est confronté à un foutu virus, on aurait bien besoin d’un peu de rêve. Pourvu que le Vendée Globe ne soit pas annulé…

Crédit Photo : La ville des Sables d’Olonne

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