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XV de France : Adieu Grand Chelem

À l’occasion de la quatrième journée du tournoi des VI Nations 2020, les Bleus se sont pris les pieds dans le tapis. Dans la ferveur du stade de Murrayfield, le XV de France s’est fait doucher à l’écossaise. Sans réelle solution et dans un match au scénario surprenant, la France a dit adieu à ses rêves de Grand Chelem. Cette défaite marque un sérieux coup d’arrêt à la dynamique instaurée par les trois victoires précédentes. Les Olympistes vous propose de revenir sur cette fin d’après-midi cauchemardesque qui se clôture sur le score de 28 à 17.

« Qui s’y frotte, s’y pique », le chardon victorieux, le coq malheureux

Cet après-midi à Édimbourg, la machine bleue s’est grippée, pourtant rien à voir avec le coronavirus.

En revanche, le mal français s’est caractérisé par un manque de justesse criant, en témoigne le carton jaune reçu par le troisième ligne-aile, François Cros, à la quatrième minute. C’est sous couvert d’approximations dans les lancements de jeu et d’indiscipline dans les zones de conquête que l’Écosse menait logiquement 6-0. Cela grâce à la botte de son ouvreur Hastings, titulaire en l’absence d’un Russel toujours boudé par Gregor Townsned. Piqués dans leur orgueil les Bleus lancèrent la révolte par le biais de Penaud. Trouvé d’une superbe diagonale par Antoine Dupont, l’ailier qui retrouvait à nouveau le groupe redonna de l’air à ce XV de France balbutiant son rugby. La France menait alors 6-7 après la transformation de Jalibert qui remplaça Ntamack, sorti définitivement sur commotion cérébrale.

Malheureusement pour les hommes de Galthié, ils ne parvinrent pas à surfer sur la dynamique de cet essai. Alors qu’ils étaient acculés sur leur ligne, une générale se déclencha. C’est alors que le pilier droit français Haouas se la joua Tony Yoka. Il crut bon d’asséner une jolie mandale au flanker écossais Ritchie. Les images parlent d’elles-mêmes…

L’expulsion est logique pour le Montpelliérain et elle coûtera chère aux Bleus. Les Écossais vont inscrire huit points juste avant la mi-temps. Une pénalité et un essai en bout de ligne signé Sean Maitland assomment les hommes de Galthié. De retour des vestiaires le cas français ne s’arrange pas puisque Maitland inscrivit un nouvel essai transformé par Hastings. Le score est alors de 21 à 7. Dès lors, le XV de France s’est empressé de revenir au score.

Hélas à quatorze contre quinze la tâche fut bien plus ardue. D’autant que les Bleus ne réglèrent pas leurs problèmes d’indiscipline et d’application. Ajoutez à cela un soupçon de malchance et vous obtenez le résultat suivant. Alors que les Français avaient retrouvé un semblant d’allant, le talonneur Mcinally profita d’un rebond favorable suite à un contre en touche de Dylan Cretin pour filer aplatir en coin. Les Français ne se relevèrent pas de cette estocade. Le score étant alors sévère, puisqu’il se portait à 18 points d’écart, la France chercha à réagir. Sous l’impulsion d’un bon banc, Charles Ollivon inscrivit le dernier essai du match, transformé par Jalibert. En bon capitaine le basque atténua la triste après-midi de ses coéquipiers.

Les Bleus à la ramasse

Triste ironie pour les Français, si ce sont eux qui ont frappé les premiers, ils se sont retrouvés la quasi-totalité du match dans les cordes. Bien que sur le plan statistique la France concrétise une possession de 53 %, la fébrilité et la naïveté de ses lancements de jeu l’ont empêché de se montrer aussi chirurgicale que lors de ses trois premiers matchs.  Le Racingman, Virimi Vakatawa s’est souvent retrouvé à jouer des ballons d’attaque alors qu’il était attendu par la défense écossaise. L’une des raisons les plus évidentes de ce manque de fluidité offensive réside dans la défaillance de la conquête française. Par conséquent, Antoine Dupont a été contraint de sortir difficilement les ballons des rucks et ainsi de distiller de bons ballons à son ouvreur.

Le cinq de devant chez les Bleus a été inexistant. Si Poirot, Marchand et Le Roux s’y sont filés, Willemse et Haouas ont joué à contre temps. Le second a été expulsé et le premier était totalement à côté de ses pompes. Deux plaquages manqués dont l’un amène au deuxième essai écossais, un ballon perdu au contact dans un moment crucial de la première période et vous obtenez la pâle copie du Sud-Af’.

Il est également envisageable de s’interroger sur les choix du sélectionneur français. Titulariser Damian Penaud alors qu’il revenait de blessure et inscrire Chat sur la feuille de match n’ont pas souri au cadurcien. Bien qu’auteur d’un essai, l’ailier clermontois ne s’est pas montré rassurant à tous les niveaux. Il s’est très peu illustré en attaque, pas du tout rassurant à la réception des ballons aériens et pas plus convaincant que son concurrent direct Teddy Thomas, dit Casper. Quant au talonneur du Racing, il s’est de nouveau blessé lors de l’échauffement.

Par ailleurs si le banc n’a pas été catastrophique, il ne s’est pas révélé salvateur. La sortie prématurée de Ntamack aura au moins eu l’avantage de donner du temps de jeu à sa doublure Jalibert. L’ouvreur bordelais aura alterné le bon et le moins bon, en essayant de prendre le jeu à son compte. Malheureusement, ses coups de pied trop imprécis n’auront pas permis au XV de France de reprendre le dessus. D’autant plus qu’il se retrouve fautif sur le premier essai écossais en montant en point et en libérant des espaces derrière lui. Il faudra encore du temps à Jalibert pour assumer plus de responsabilités et ainsi apporter plus de justesse et de sérénité. Le jeune de 21 ans n’aura rien pu faire pour mettre un peu de couleurs dans le jeu de son  équipe, qui est resté aussi peu naturel que ses cheveux péroxydés.

Matthieu Jalibert, l’ouvreur français aura disputé 58 minutes de cet Écosse-France
Crédit photo : France Bleu

Cerise sur le gâteau, Galthié et ses hommes n’auront pas l’occasion de rapidement passer à autre chose. La dernière journée du tournoi s’est vue reportée au 31 octobre. La cause à une épidémie de coronavirus toujours plus virulente…

Crédit Photo : Media365
Louis MATHIEU

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