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Membre de staff #1 : Être kiné avec Florent Danieli

Pour débuter cette nouvelle série d’articles, Les Olympistes vous proposent de découvrir le métier de kinésithérapeute du sport. Zoom sur cette profession grâce à une rencontre avec Florent Danieli, kiné spécialisé dans le football et qui exerce au sein du staff du FC Nantes.

Florent Danieli est l’un des trois kinés à plein temps du FCN. Après trois ans d’école de kiné à Rennes, il passe un diplôme universitaire de kiné du sport à Lille 2 en 2011. Lors de cette dernière année universitaire, il est employé durant un an dans un cabinet. Après avoir été diplômé, il dépose son CV dans tous les clubs professionnels de football en France. Il est ensuite embauché au Havre où il s’occupera des jeunes avant de rejoindre la Loire Atlantique en janvier 2018 dans le staff de Claudio Ranieri.

Florent Danieli, kiné du FCN depuis 2018
Crédit: FC Nantes

« Maintenant je suis supporter du FC Nantes, on est imprégné par ce qui se passe »

« On travaille la semaine pour gagner les matchs, maintenant je suis supporter du FC Nantes, on est imprégné par ce qui se passe ». Florent Danieli ne le cache pas, être membre d’un staff c’est aussi s’investir à 100% dans le club. C’est aussi pour cela qu’il a refusé d’avoir un cabinet à côté « moi je veux être à 100% dans un truc ». Le kiné n’a jamais caché sa passion pour le football. Son seul objectif après avoir commencé ses études à Rennes était simple : devenir kiné dans le foot. Cet objectif était aussi l’une des seules possibilités pour lui d’évoluer dans un club pro. En effet, dans les autres sports, les kinés ne sont quasiment jamais à temps plein, faute de budget.

Le travail qu’effectue un kiné est quotidien. Le but est qu’un maximum de joueurs soient prêts pour le match du weekend. Tous les joueurs blessés ont obligatoirement des séances de kinés quotidiennes. Ceux qui sont en rémission doivent aussi passer de temps en temps, « la plupart du temps ils le font automatiquement, on n’a pas besoin de leur rappeler ». Pour tous les autres, les séances ne sont que facultatives mais « en réalité, ils passent tous souvent », confie Florent Danieli. La seule obligation qu’ont les joueurs est un passage mensuel chez l’ostéopathe. Pour le reste, aucun kiné n’a de joueur attitré ce qui « permet de tourner et d’avoir différents avis pour une même blessure ».

« C’est un peu le bureau des lamentations »

On le sait, dans le sport il y a des blessures qui peuvent être longues, voire très longues. Le kiné devient un soutien mental pour le blessé, «il faut beaucoup leur parler, être proche d’eux, parce que sinon ils en ont marre». La salle de rémission c’est donc «à la fois le bureau des lamentations », mais pas seulement : «on rigole beaucoup». Florent Danieli avoue même que les joueurs qui ne viennent pas faire des séances passent en salle de rééducation pour parler, pour rire…

Le lien qu’a un kiné avec un joueur est différent : «On a un lien différent par rapport à un coach ou à un autre poste au club parce qu’ils passent beaucoup de temps en salle kiné et en salle de soin. Il y a ce lien direct». De plus, le Nantais précise que les kinés sont là pour aider les joueurs, «on est au petit soin, on les aide, on n’est pas là pour leur taper sur les doigts ; un coach va critiquer, nous non». Le lien entre le kiné et le joueur est important, c’est aussi ce lien qui permet une rémission plus rapide et moins ennuyante aux joueurs.

Florent Danieli lors d’une séance de reprise avec Nicolas Pallois et Roli Pereira
Crédit: FC Nantes

Un métier à part

Pour Florent Danieli, être kiné en cabinet et être kiné au sein d’un club sont deux métiers totalement différents. «Quand on est dans un cabinet, il n’y a pas d’objectif. Là on a l’objectif de la victoire le week-end». Il faut alors des qualités bien spécifiques : une forte capacité d’adaptation, une disponibilité importante, notamment le week-end et une remise en question constante. Lors des matchs, le kiné doit être présent. Un des kinés sera sur le banc de touche, les autres seront sur le banc additionnel prêts à intervenir dans les vestiaires en cas de blessure.

La remise en question est une des qualités les plus essentielles. Le kiné avoue se sentir parfois coupable lorsqu’un joueur en rémission se blesse le weekend : « on se demande ce que l’on a mal fait, on refait le fil de la blessure… Ce n’est pas souvent que ça arrive mais il y a au moins un ou deux cas dans la saison ». Il faut alors sentir quand le joueur se sent prêt «le but est que le joueur joue mais sans prendre de risque». Cependant, ce n’est pas le kiné qui prend la décision finale, seul le coach, avec l’avis du médecin, a le pouvoir de faire rejouer un joueur.

 

Être kiné de sport c’est aussi pouvoir changer facilement d’horizon, Florent Danieli évoque même la possibilité de l’Angleterre  : «J’aimerai bien voir comment c’est fait en Angleterre». Le métier de kiné du sport est donc un métier différent et essentiel au staff d’une équipe. Et cela, peu importe le sport. Même si peu d’entre eux parviennent à embaucher des kinés à plein temps…

Au prochain numéro, Les Olympistes vous proposeront de découvrir le métier de directeur sportif avec Sylvain Quinquis.

Crédit: FC Nantes
Maïlys David

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