Tennis

Le grand 8 pour Novak Djokovic

Ce dimanche, le Serbe a soulevé son 17ème trophée du Grand Chelem à Melbourne, se rapprochant encore un peu plus des deux Géants, Rafael Nadal et Roger Federer du haut de leurs 19 et 20 titres chacun. Un succès mérité, bien que « Djoko » ait été poussé dans ses retranchements par un Dominic Thiem qui semble de plus en plus armé pour venir titiller le Big 3.

Un Djokovic à deux visages pendant les trois premiers sets…

Il aura fallu 3h59 et cinq sets au Serbe pour venir à bout de l’autrichien Dominic Thiem (6-4, 4-6, 2-6, 6-3, 6-4) en finale de cet Open d’Australie 2020. Un succès acquis à l’expérience, où «Nole» aura su laisser passer l’orage après des deuxième et troisième sets inquiétants pour celui qui est d’ordinaire si régulier tout au long d’un match.

Tout avait bien commencé pour le Serbe qui menait déjà 3-0 après un petit quart d’heure de jeu dans le premier set. Un début de match idyllique pour Djokovic qui profitait de la fébrilité d’un Dominic Thiem qui disputait sa troisième finale en Grand Chelem (après Roland-Garros 2018 et 2019), la première ici, à Melbourne. Toujours aussi agressif sur les retours de service, «Djoko» imprimait le rythme de la rencontre et condamnait l’Autrichien à l’exploit pour sauver ses mises en jeu. Après un court passage à vide permettant à Thiem de recoller à 4-4, Novak remportait finalement le premier set 6-4 sur une double faute de son adversaire, peut-être encore un brin trop tendu au moment de sauver son service.

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Longtemps Dominic Thiem a semblé en mesure de remporter son premier Majeur, mais « Djoko » en a décidé autrement.
Crédit Photo: Eurosport

Alors qu’on pensait voir le Serbe poursuivre sur sa lancée, c’est le numéro 5 mondial qui breakait rapidement dans le second set. A coups de frappes puissantes, de coups droits décroisés retrouvés et de revers long-ligne dévastateurs, l’Autrichien semblait enfin pouvoir faire déjouer un Novak Djokovic peu habitué à se faire remuer de la sorte. Malgré un retour à 4-4, «Nole» craquait une nouvelle fois dans la foulée, laissant Dominic Thiem conclure, sur sa mise en jeu, le deuxième set. Agacé et perdant ses nerfs, c’est un Novak Djokovic désabusé qui se faisait breaker deux fois de suite dès le début du troisième acte, permettant ainsi à son adversaire de prendre le large. Absent et méconnaissable, le Serbe semblait presque résigné et dos au mur après que Dominic Thiem ait conclu aisément ce troisième set (6-2)

avant de dérouler pour s’offrir son 8ème Open d’Australie

Mais il ne faut jamais enterrer le «Djoker». Un petit temps-mort médical et le Serbe était reparti de plus belle dans le quatrième set, retrouvant de la précision et de la malice dans ses coups. C’est d’ailleurs au meilleur moment, à 4 jeux à 3, qu’il breakait son adversaire et l’emmenait tout droit au 5ème set à la suite d’un jeu de service maîtrisé. La puissance et la réussite de l’Autrichien semblait avoir disparu tandis que le Serbe retrouvait de la longueur dans ses frappes et de l’agressivité dans ses retours, obligeant son adversaire à reculer.

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Novak Djokovic, le point rageur, vient de remporter le 17ème Majeur de sa carrière. Deux titres le séparent maintenant de Rafa Nadal et trois de Federer.
Crédit Photo: France TV Sport

Tout en contrôle, Djokovic démarrait le set décisif pied au plancher et mettait la pression sur son adversaire qui flanchait de plus en plus et finissait par lâcher sa mise en jeu à 2-1. En confiance «Nole» semblait inatteignable pour Thiem qui ne trouvait les ouvertures pour débreaker et devait cravacher pour sauver ses mises en jeu face à la pression imposée par son adversaire. Au cran, l’Autrichien faisait tout de même preuve d’une belle résistance et restait en vie à 5-4 pour obliger «Djoko» à servir pour le match. Que nenni, intouchable, Novak Djokovic s’offrait sans trembler son 17ème Majeur, le 8ème à Melbourne. Une terre australienne qui lui réussit chaque année et qui semble être sa propriété, au même titre que Roland-Garros pour Rafa.

Un Serbe seul contre le monde entier

Nadal, Federer, deux grands noms du tennis mondial actuel auxquels Djokovic n’a rien à envier, sauf sur un point peut-être : leur relation avec le public. A l’autre bout de la planète, l’Australie est, elle aussi, amoureuse du charisme de Roger Federer et de la hargne de Rafael Nadal; mais pour la perfection de «Djoko» elle semble n’en avoir que faire, voir même en être agacée. Même face à Dominic Thiem aujourd’hui, un joueur bien moins réputé que les deux légendes précédemment citées, le Serbe ne semblait pas avoir la faveur du public. En atteste ce spectateur, brandissant fièrement son tee-shirt «Serbia against the world» qui exulta lorsque «Djoko» envoya son premier service sur balle de match dans le filet. Un geste auquel le serbe répondit, après sa victoire, en pointant du doigt ce supporter, le regard rageur. Mais pourquoi un tel désamour du public vis à vis de «Nole» ?

La faute aux excès de colère du «Djoker» ? Peut-être. Hier encore, à 4 partout dans le second set, alors que le Serbe était sous pression (15-40 sur son service), l’arbitre français Damien Dumusois le pénalisait d’un second service direct pour avoir mis trop de temps à servir. Une sanction que le Serbe a eu du mal à accepter, tapotant odieusement la chaussure du français lors du changement de côté et lui reprochant verbalement de l’avoir pénalisé à tort. Un comportement agressif que le public de la Rod Laver Arena n’a pas apprécié.

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Novak Djokovic, l’Homme que le tennis aime détester, a encore fait des siennes avec l’arbitrage lors de cette finale.
Crédit Photo: Tennis Legend

La faute à la malice de «Nole» ? Peut-être. Alors que Novak semblait dépassé et proche de la rupture après la perte du troisième set, il demandait un temps-mort médical. Un stratagème pour faire tomber le rythme de la partie et remettre les pendules à l’heure en sortant du match son adversaire ? C’est sûrement un peu tiré par les cheveux me direz-vous, mais si on y a pensé, c’est que d’autres y ont pensé aussi. Surtout que deux heures plus tard, lorsqu’il soulevait le trophée, aucun problème physique ne semblait le déranger.

Où alors tout simplement la faute à l’indéniable supériorité du Serbe, qui rafle les titres depuis maintenant un peu plus de dix ans et vient remettre en cause la supériorité des deux légendes du tennis (Nadal et Federer) que tout le monde admire. Des légendes qui se retrouvent aujourd’hui souvent terrassées par ce tennis proche de la perfection du «Djoker». La jalousie du public australien pourrait donc aussi être la raison de ce désamour.

Mais une chose est sûre, aimé ou détesté Novak Djokovic sera ce lundi le nouveau n°1 mondial, et cela il ne le doit à personne, si ce n’est à lui même.

Crédit Photo: Corse Matin
Mathis CHARRIEAU

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