Basket-ball NBA

La NBA était à Paris : rêve ou échec ?

Une semaine intense s’est déroulée dans la capitale française. Le monde du basket s’est tourné vers la France. Les fans des quatre coins de l’Europe ont pris leurs billets, les stars étaient aux rendez-vous et le show à l’Américaine a bien eu lieu. 

Dix ans que la France attendait le retour d’un match NBA sur son territoire. Sans offenser nos amis britanniques mais la culture basket est beaucoup plus importante en France qu’en Grande-Bretagne. Après plusieurs années à jalouser le NBA London Game de l’O2 Arena, cette année 2020 était la notre. Il fallait séduire la Grande Ligue afin de retrouver l’effervescence dans les années ultérieures. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les moyens étaient là. Le show Charlotte-Milwaukee fut presque parfait.

Une capitale en effervescence 

Un match de NBA en France n’est pas quelque chose d’anodin. Le but premier de ces « Global Games », se déroulant également à Mexico City, à Londres ou parfois même en match de préparation en Chine, reste commercial. David Stern avait bien cerné l’impact sociétal et économique des joueurs tels Michael Jordan ou Magic Johnson aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. L’ancien patron de la Ligue a démocratisé ces matchs délocalisés, devenus communs. Chaque saison, au moins deux matchs sont organisés en dehors des frontières américaines, le plus souvent au Mexique. L’impact est fort pour le monde du basket avec des milliers de personnes se tournant, le temps d’une semaine voire un mois, vers la balle orange.

Paris se devait d’accueillir comme il se doit les joueurs des effectifs de Milwaukee et Charlotte, ainsi que de rassasier l’appétit des fans. C’est pourquoi dès le mois de novembre, la municipalité a annoncé l’ouverture d’une NBA House au cœur du quatrième arrondissement de Paris. A quoi servait-elle ? Pour tout fan de basket, le plus important est de se divertir, c’était le but de ce lieu. Le programme mettait en avant des concours de shoot, des matchs de NBA 2K, une boutique officielle ainsi que des intervenants divers et variés.

Une tour Eiffel dessinée sur le half-court de la NBA HOUSE
Crédit Photo : Sport Business.club

Les Parisiens présents dans la Halle des Blancs Manteaux, à partir de jeudi, ont pu entrevoir des influenceurs basket français en tout genre – First Team, Brawks… – ainsi que de nombreuses légendes NBA. Dans le lot, on retrouve l’un des plus petit joueur, Muggsy Bogues, un shooter prolifique et père du meilleur shooter de l’Histoire (après Ray Allen…), à savoir Dell Curry ainsi que le meilleur marqueur de l’Histoire de la NBA : Lewis Alcindor. Vous ne connaissez pas ce dernier joueur ? Sextuple champion NBA, dont une fois avec les Bucks de Milwaukee, NBA Rookie of the Year en 1970, deux fois MVP, détenteur du record de 38 387 points en carrière et maître absolu du Skyhook. J’ai omis de vous dire qu’il a changé de nom après son premier titre en 1971, devenant Kareem Abdul-Jabbar.

Les fans ont pu également profiter de publicités, banderoles, pop-up stores ainsi que des expositions de la carrière de Tony Parker, un peu partout dans la capitale française. Tout Paris s’est coloré de NBA.

Même aux bureaux d’Hidalgo
Crédit Photo : France 24

Du côté des joueurs actuels, que s’est-il passé ? Finalement, très peu de choses. Arrivés mardi matin après le multiplex du MLK Day, les joueurs nord-caroliniens et du Wisconsin se sont surtout concentrés sur le match. Seules les personnes attitrées pour les entraînements, dans la salle de Levallois-Perret ainsi que de nombreuses interviews ont pu approcher, de longues minutes, les joueurs. Les fans ont pu contempler, tout de même, quelques joueurs, notamment Giannis Antetokounmpo a.k.a The Greak Freak. Mais les entrevues étaient souvent de très courtes durées. L’accent était surtout donné sur les diverses animations afin de patienter jusqu’au match du vendredi soir.

Le match en soi : une frustration

Ce match, tant attendu par les fans européens, mettaient, surtout en lumière deux hommes : le monstre grec cité ci-dessus et notre Frenchie Nicolas Batum. Ce dernier était à l’honneur tout au long du match et encouragé par les 16 000 spectateurs de l’AccorHotels Arena. Le chauvinisme poussera même à crier « MVP, MVP, MVP » lors de ses lancers-francs. Mais la réelle attraction restait Giannis Antetokounmpo et ses 2m11 ainsi que 110kg de muscles. Les chants de MVP lui étaient bien évidemment réservés dès ses premières tentatives sur la ligne des LF… car on est Européen avant tout.

Visiblement, l’attachement français pour l’ailier grec l’a touché. En conférence d’après match, le daim au numéro 34 a déclaré :

« On se serait cru à domicile » Giannis Antetokounmpo, 24/01/2020

Sinon que dire de plus sur le match… pas grand chose. Quelques dunks impressionnants ainsi que de nombreux contres mais surtout de nombreuses erreurs de mains. On s’attendait à une victoire facile des Bucks et on l’a eue. Alors oui même si le score de 103 à 116 pour Milwaukee n’est pas impressionnant, les daims n’ont pas joué à fond les trois premiers quart-temps. Dès qu’ils ont accéléré légèrement, ils ont rapidement distancés les frelons de Charlotte. Le match n’était pas le meilleur que l’on ait pu voir mais la hype de l’événement rend la déception illusoire.

Les Bucks, meilleure équipe NBA cette saison avec un bilan de 40 victoires pour 6 défaites, ainsi que sur huit victoires de rang, n’ont pas ressemblé au rouleau-compresseur auquel on est habitué de l’autre côté de l’Atlantique. En bref, on a pu être déçu de la force de l’équipe des campagnes du Wisconsin. En tout cas, Giannis Antetokounmpo, malgré ses 30 points et 16 rebonds, a semblé moins dominant que ce qu’aurait pu dire N. Batum aux micros de la First Team avant le match. À l’instar de leur capitaine, c’est toute l’équipe des Bucks qui est passée à côté des 36 premières minutes, n’arrivant pas à distancer une équipe dynamique et talentueuse de Caroline du Nord. Malgré leur première place au classement NBA, certains fans de la Grande Ligue semblent dubitatifs sur une potentielle victoire de Milwaukee en play-offs ou en finale.

« Giannis ne sera jamais champion sans tir ! Le basket est avant tout un sport d’adresse. » Vincent Vorano, 25/01/2020

Des animations pour relever le niveau

Un show a l’Américaine se caractérise par les animations, les stars et la nourriture. Tout était réuni malgré les 6 682km séparant Paris à Charlotte. De nombreuses buvettes et snacks attendaient les nombreux spectateurs voulant reprendre des forces pendant les longues pauses que nous réserve la NBA. De plus, on a pu également retrouvé des groupes de dunkers sur trampoline et des concours de shoot pendant les temps-morts. Mais deux moments ont marqués cette rencontre en termes d’animations.

Le premier est un pari pris par l’organisation du match. Au moment des hymnes nationaux, les spectateurs ont assisté à un moment étonnant lors de La Marseillaise. En effet, le guitariste et influenceur, Waxx a démarré un hymne sur une guitare électrique en mode rock’n roll. Après quelques secondes d’incompréhensions, le public a compris qu’il s’agissait du chant patriotique écrit par Rouget de Lisle et ont pu l’entonner en chœur. Le résultat était assez impressionnant sur place, mais a pu paraître plutôt chaotique pour certains téléspectateurs.

La deuxième animation exceptionnelle s’est déroulée en deux temps et mettant à l’honneur les anciennes gloires de la ligue. Tout d’abord avant le match, un film pour féliciter Tony Parker de sa magnifique carrière a été diffusé. L’émotion était palpable. Ensuite à la mi-temps, ce sont Muggsy Bogues, Bruce Bowen, Dikembe Mutombo, Ronny Turiaf, Dell Curry, Sam Perkins et Kareem Abdul-Jabbar, qui ont rejoints TP9 au milieu du parquet. Étonnement, l’ambiance fut plus fleurissante à l’arrivée de KAJ que du meilleur basketteur français de l’Histoire.

7 légendes et un barbu français
Crédit Photo : France 24

En bref, la semaine de NBA à Paris fut parfaite. Dommage que le match n’ait pas transformé ce séjour américain en rêve mais, en temps que fan, l’expérience était unique. La culture basket de la France a été révélée aux yeux de millions de téléspectateurs du monde entier. Quel plaisir de se balader dans Paris et voir petits et grands jouer au basket (même avec des ballons de foot) dans les nombreux play-grounds et city-stade de la ville ! Quelques minutes après le buzzer final du match, la NBA a officialisé la tenue d’un autre match NBA à l’AccorHotels Arena dans un an. En attendant, vous pouvez retrouver des images du match sur le compte Instragram des Olympistes (@lesolympistes). À l’année prochaine !

Crédit Photo : Vosges Matin
Thomas FRAISSE

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