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Handball : Le Cataclysme français

2 matchs, c’est le temps qu’il aura fallu aux Bleus pour se faire éliminer de l’Euro de handball. Deux défaites sèches contre le Portugal (28-25) et contre la Norvège (26-28). Un goût amer, à peine atténué par la victoire contre la Bosnie.  Une attaque en panne, une défense sur courant alternatif, un manque criant de solutions tactiques, voilà le tableau très inquiétant à 6 mois des Jeux olympiques de Tokyo. Alors que manque-t-il à cette équipe de France pour faire mieux ?

Une défense trop irrégulière pour performer

Si le match contre la Norvège a montré du mieux dans ce domaine, les Portugais ont largement profité des errances défensives des Français. Adrian Silva se régale en distribuant caviar sur caviar notamment pour l’ailier Branquinho (5 buts à 100% de réussite). Les Français brillent par les absences défensives et leur mauvais repli. Pire que tout, on a l’impression d’un manque d’envie, comme si le curseur d’intensité était mal réglé, que les Français sont bloqués en sous-régime. Et si encore les gardiens n’étaient pas totalement transparents (à peine 1 arrêt pour Vincent Gérard, 5 de plus pour Yann Genty), les Français auraient peut-être pu espérer quelque chose. Lors du deuxième match, les Français sont incapables de stopper la star norvégienne Sander Sagosen auteur de 10 buts. La défense a toujours été l’ADN de l’Équipe de France, elle a conquis ses plus grands titres en s’appuyant sur sa combativité et sa dureté. Didier Dinart le sait bien lui qui a été une pierre angulaire de plusieurs de ses succès. Mais le problème n’est pas uniquement défensif, mais aussi offensif.

Une attaque en panne

Si l’on devait résumer la performance offensive des Français en un mot, on choisirait sûrement catastrophe. Un nombre astronomique de pertes de balle (13 contre le Portugal), un jeu collectif inexistant, le contenu des deux premiers matchs est indigent, voire pire. Si le match contre la Bosnie a corrigé ses errements, on ne peut cependant pas considérer les Bosniaques comme une valeur étalon, car ils sont assez loin du top niveau mondial.  Les Français ne montrent tout simplement pas assez de créativité et se reposent sur les exploits individuels de ses cadres comme Nikola Karabatic ou Ludovic Fabregas (8 buts contre la Norvège). On peut regretter l’absence de Kentin Mahé, actuellement en pleine guérison de sa grave blessure au genou gauche, car les talents et la polyvalence du meneur de jeu ont cruellement manqué. On peut également regretter l’absence du Barcelonnais Timothey N’Guessan, qui pouvait apporter sa capacité à tirer de loin. Ce secteur marque un point noir des Français. En effet, les deux snipers Elohim Prandi et Nedim Remilli ont déçu. Malgré cette faillite récurrente, les Français ont parfois semblé être en mesure de revenir au score. Un dernier élément est venu mettre le dernier clou dans le cercueil des Français.

Nikola karabatic
Nikola Karabatic a une fois de plus porté l’attaque des Bleus au cours de cette Euro
Crédits : Bildbyran/Iconsport

Un coaching sans solution

Si un homme symbolise bien cet Euro raté, c’est Didier Dinart. On peine pour le moment à trouver la véritable identité de cette équipe de France et le passage de la génération dorée des Experts aux nouveaux semble difficile. Son comportement dans les médias lors d’une conférence de presse très tendue où il s’est accroché avec un journaliste de BeInSport montre bien la frustration (légitime) du sélectionneur. Il doit aujourd’hui affronter sa première tempête en tant que coach. Mais des motifs d’espoirs subsistent tout de même pour les Bleus. On peut déjà remarquer que les Euros en année olympique n’ont jamais été une réussite pour les Experts (12e avant les JO de Londres par exemple). De plus, la compétition a fait de gros dégâts chez tous les favoris puisque le Danemark, champion olympique en titre ont eux aussi été sorti avant le tour principal. Il reste donc à ce groupe de se qualifier pour Tokyo via un TQO qui sera organisé en France, et à trouver des solutions de jeu pour être compétitif, et viser une 5e médaille aux JO dans l’histoire du handball français.

didier dinart
Crédits: AFP
Crédits photos  : France info
Mael Le Grouiec

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