Cyclisme

Championnats d’Australie : la fête aux surprises ?

C’est une tradition désormais bien ancrée. La saison sur route démarre en Australie pour les championnats nationaux. Si Luke Durbridge a remporté l’épreuve chronométrée cette semaine, la course en ligne s’annonce très ouverte. Les dernières éditions ont montré que la course peut être sujette à des coups d’éclat de la part de coureurs parfaitement inconnus. Assisterons-nous encore à un sacre surprise comme ces dernières saisons ?

Présentation

La course aura lieu à Ballarat, ville de près de 100 000 habitants, située à 120 kilomètres au nord-est de Melbourne. Le parcours, comme tout bon championnat national qui se respecte, sera une course en circuit : 16 tours d’un circuit de près de 12 kilomètres seront à parcourir. Le profil ne comporte pas de difficultés majeures mais l’enchaînement des côtes pourrait faire des dégâts, d’autant plus si des formations en surnombre comme Mitchelton-Scott prennent en main la course.

Même si la course reste très ouverte et sujette à de nombreuses surprises (voir ci-dessous), plusieurs favoris se dégagent. La formation Mitchelton-Scott arrive avec le plus grand effectif et peut compter sur Lucas Hamilton (8ème en 2019), Damien Howson ou encore Luke Durbridge, récent champion national du contre-la-montre. En face, la Team Sunweb, avec Chris Hamilton et Jai Hindley (10ème en 2019) peut rivaliser. En cas d’arrivée au sprint, il faudra compter sur Jay McCarthy. Malgré une saison 2019 compliquée, le sprinteur de la Bora-Hansgrohe possède toujours une pointe de vitesse intéressante.

Les conditions climatiques semblent compliquées en ce moment, dans un pays ravagé par les incendies. Les pompiers ont donné leur aval aux organisateurs pour l’organisation de ces championnats, malgré la proximité des incendies. Actuellement en Australie afin de préparer le Tour Down Under, Axel Domont évoquait au Parisien la difficulté de s’entraîner dans un pays où la température oscille autour de 40 degrés.

Un étrange palmarès

En 2014, Simon Gerrans débute sa saison en glanant son second titre national. Par la suite, le coureur d’Orica GreenEdge poursuit sa saison en remportant le Tour Down Under, Liège-Bastogne-Liège ou encore les classiques canadiennes. Une très bonne saison donc pour un Simon Gerrans alors âgé de 34 ans. Mais, depuis le sacre national de celui qui est désormais banquier pour Goldman Sachs, devenir champion d’Australie semble devenir un coup d’éclat sans lendemain.

Simon Gerrans avait réalisé une très bonne saison 2014, remportant notamment la 100ème édition de la « Doyenne »
Crédit photo : AFP/Eric Feferberg

L’année suivante, en 2015, Heinrich Haussler devient champion d’Australie. Il s’en suit un début de saison intéressant avec de nombreuses places d’honneur sur le Tour Down Under et sur le Tour du Qatar. Mais sa campagne des Classiques est assez décevante et loin des standards du coureur de IAM. La suite de sa saison se déroule sans le moindre coup d’éclat si ce n’est une 4ème place sur la 17ème étape du Giro et un Top 10 sur Paris-Tours.

Le titre 2016 revient à Jack Bobridge, qui devient champion d’Australie pour la seconde fois après 2011. La suite de la dernière saison du rouleur australien ne fut pas la plus grande saison de sa carrière, enchaînant les abandons (Liège-Bastogne-Liège, Tour de Romandie, Bretagne Classic). En 2017, le titre revient au jeune Miles Scotson, alors âgé de 23 ans. Ses très bons résultats en U23 et ce titre laissaient place à d’importants espoirs autour de lui. Mais le rouleur australien, désormais chez Groupama-FDJ, n’a jamais su confirmer au plus haut niveau. Son successeur, Alex Edmondson, n’a pas forcément fait mieux. Après son titre acquis en 2018, le coureur de Mitchelton-Scott n’a plus levé les bras et a abandonné à 15 reprises !

C’est sous les couleurs de la BMC que Miles Scotson était devenu Champion d’Australie.
Crédit photo : News/Graham Watson

Michael Freiberg, le tenant du titre, avait créé la surprise en s’imposant la saison dernière. Inconnu du grand public, Michael Freiberg a passé toute sa carrière en Continental. Néanmoins, ce dernier est avant tout un spécialiste de la piste (champion du Monde de l’omnium en 2011). Encore une fois, ce succès fut un coup d’éclat dans sa carrière et n’a pas servi de tournant dans la carrière du coureur.

Éléments de réponse

Si les championnats d’Australie sont souvent le théâtre de surprises, c’est sûrement parce que la course a lieu très tôt dans la saison. En effet, il s’agit même de la première course en ligne de la saison. Ainsi, les cadors pouvant prétendre légitimement au titre comme Michael Matthews ou Caleb Ewan ne font pas de leur championnat national un objectif de leur saison et préfère se concentrer sur d’autres courses plus prestigieuses au printemps ou en été. Il est aussi très difficile pour certaines équipes de contrôler les échappées. En effet, de nombreuses équipes ne disposent pas d’un effectif conséquent et certains leaders ne sont donc pas entourés de nombreux équipiers capables de contrôler la course.

Australia is on fire, your leader is terrified…

Crédit photo : Cycling Aus
Matthieu Heyman

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