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Coup de Gueule : Athlétisme français, qu’on arrête la mascarade

Qu’on arrête la mascarade…

« Je l’ai pas touché, je l’ai pas touché ! » Voilà ce que déclarait Brandao lors de la finale de la Coupe de la Ligue en 2010. Près de 10 ans plus tard, c’est ce que répètent Clémence Calvin et Ophélie Claude-Boxberger en parlant d’EPO. Ces deux athlètes sont dans l’œil du cyclone « Dopage » depuis quelques temps. La première vient d’être suspendue 4 ans alors que la seconde tente encore de s’en sortir. Ces deux affaires, très médiatisées, pourraient être tirées d’un film. D’un côté du dopage à son insu de la part d’un entraîneur qui frappe sa femme. De l’autre, un contrôle où l’athlète aurait été surprise dans la rue avec un entraîneur qui se serait interposé entre les membres de l’AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage) et elle. Sans oublier Morhad Amdouni, champion d’Europe du 10 000m, consommateur d’EPO selon la chaîne allemande ARD. Qui dit mieux ? Ou plutôt, qui dit pire ?

Car l’athlétisme français vit une période trouble. Le pire bilan de l’histoire tricolore aux Mondiaux de Doha il y a 2 mois (seulement 2 médailles) est là pour rappeler qu’à 9 mois des JO, l’athlé français n’est pas prêt. Rajoutez à cela des crises internes à la fédération, des athlètes « forcés » d’écrire une lettre rappelant leur unité face au dopage, et c’est un pilier du sport français qui va mal. Galvaniseur, vecteur d’émotions, l’athlétisme français peut être magnifique. PAB champion du Monde, Lavillenie recordman du Monde, un relais féminin sur le toit de l’Europe au terme d’une remontée monumentale…

Tout le monde s’en souvient, tout le monde a vibré, personne ne va oublier. Revivrons-nous ces émotions à Tokyo l’été prochain ? Il est légitime de se poser la question et il n’est pas risqué de répondre non.

Pierre-Ambroise Bosse, symbole de l’échec des Tricolores à Doha
Crédit photo : AFP

Il est beau de se féliciter de la suspension de la Russie des compétitions internationales pour des manquements graves en matière de dopage. Mais les Français sont loin d’être tout blancs.  Et la moindre affaire de dopage fait grand bruit, preuve d’un profond malaise. L’hypocrisie est belle et bien là. Comme la crise, les coups de gueule en interne ou sur les réseaux sociaux. Les perfs’, elles, ne sont pas là. Kévin Mayer a déclaré au sujet du dopage que « c’est très bien qu’il y ait une hécatombe ». Nous, on préfère les médailles et la vérité. Faute avouée à demi-pardonnée ?

Ici, c’est faute reniée, 4 ans ferme. Et c’est tant mieux. Il ne faut surtout pas se retrouver face avec un Gatlin made in France qui serait meilleur sain que dopé. La fermeté doit continuer à être le leitmotiv de chaque affaire de dopage. Preuve que la France ne reste pas les bras croisés et sait taper du poing sur la table. Clémence Calvin semble promise à rester un long moment loin de la lumière des compétitions.

Qu’on fasse de même pour Ophélie Claude-Boxberger.

Qu’on sanctionne aussi vite que les tricheurs courent.

Qu’on arrête de nous prendre pour des cons….

Crédit photo : Getty Images
Matthieu Heyman

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