Basket-ball NBA

Ces ex-Lakers qui explosent, explication du phénomène

D’Angelo Russell, Julius Randle, Brandon Ingram, Ivica Zubac… ou autant de joueurs dont la courbe de progression est montée en flèche au cours de ces derniers mois. Autant de joueurs draftés par les Lakers mais surtout : autant de joueurs qui ont connu ce fameux step up loin du Staples Center. Cette tendance se répète dangereusement, à croire que les nouvelles écuries de ces players les bourrent aux hormones de talents et aux drogues parfum « maturité ». Alors oui, le board des Lakers sait drafter… mais comment expliquer l’incapacité de la franchise à développer au mieux ses jeunes pousses ?

Illustration de l’épanouissement des ex-Lakers

Le cas le plus éloquent est celui de Russell. Le meneur drafté second en 2015, a constamment été remis en question par ses coachs ou Magic Johnson. Ce dernier n’a même rien trouvé de mieux que de l’envoyer à Brooklyn en échange de Brook Lopez, un 27ème choix de Draft (Kyle Kuzma) et avec quelques punchlines. Résultat : DLo, après une petite saison d’accoutumance aux night clubs new yorkais, est devenu All-Star et l’arme principale des Nets. Compilant 21.1 points à 43.4% de réussite au tir, 7 assists la saison passée, il n’oublie guère de se frotter avec P. Siakam dans la course au MIP. Un nouveau statut qui lui permettra ensuite de convaincre les Warriors de miser sur lui pour mener ce qu’il reste de Golden State.

Même combat pour Randle, numéro 7 de la Draft 2014 mais blessé dès son premier match NBA. Ses 16.1 points et ses 8 rebonds de sa dernière saison en « purple and gold » n’ont pas convaincu la franchise de matcher les faibles 18 millions de dollars proposés par les Pelicans. Sage décision encore une fois, puisque l’ex-joueur de Kentucky a tourné à plus de 21 pions (52.4% au shoot) et presque 9 rebonds en Louisiane. Randle a même développé un bout de shoot à 3 points ! Une ligne de stats lui permettant de toucher aujourd’hui 63 millions sur 3 ans chez les Knicks.

Randle est allé prendre des millions à New York après son passage remarquable chez les Pels.
Crédit photo : Basket USA

Derrière ces deux bougres, la liste s’allonge. Ivica Zubac s’éclate avec Harrell dans la raquette des Clippers. Lui aussi a vu son influence grimpée en traversant le parquet du Staples Center. De son côté, Thomas Bryant a démultiplié son temps de jeu en rejoignant Washington. Il a pris de bons bains de lumière (31 pions contre les Suns, game winner à Londres contre les Knicks) et tourne presque en double-double en ce début de saison. Il a d’ailleurs été rejoint par Wagner qui a récemment digéré les Wolves (30 points, 15 rebonds).

Allez on va conclure la liste avec le cas le plus récent (donc le moins mesurable) mais qui risque également de devenir le plus significatif. Brandon Ingram, n°2 de la Draft 2016 a démarré en trombe sa carrière à New Orleans. Envoyé dans la même valise que Ball et Hart chez les Pels, il est également un des petits nouveaux à s’être inscrit dans la case « candidat MIP ». 25.6 puntos, 7.4 rebonds (contre 18.3 points et 5.1 prises l’an passé) et un shoot monstrueusement développé (51.7% dont 45% derrière l’arc).

C’est bien jolie mais pourquoi ?

Avant d’étudier les raisons de cette tendance, nous tenons à rappeler que les conséquences pour la franchise des Lakers sont loin d’être dramatiques. Elles ont même potentiellement été « contrôlées ». A l’heure actuelle, LeBron et ses potes trônent en tête de la ligue et ce sont les départs de ces anciens Lakers qui ont permis au board angelino de faire de la place afin d’entourer au mieux King James.

Non, si l’envie prendrait à certains de tacler à la gorge les dirigeants de L.A, le motif serait plutôt de dénoncer les raisons qui expliquent l’absence de confirmation de Russell and Co au sein de la deuxième franchise la plus titrée de NBA.

Tout d’abord il semblerait qu’au-delà des ingérences du management, quelques anciens Lakers avaient pris le parti de louer un gros calibre avant de se tirer une sacrée balle dans le pied. Parfois de manière malchanceuse, comme Ingram et ses problèmes de caillots sanguins… Mais aussi à l’aide de subterfuges dignes des plus belles histoires de télé-réalité. A ce petit jeu là, Russell s’en sort avec une médaille. Pas forcément en odeur de sainteté à Los Angeles, il n’a rien trouvé de mieux que de filmer son coéquipier Nick Young, alors que ce dernier avouait en direct avoir trompé sa désormais ex-compagne : Iggy Azalea. Swaggy P est cramé, il est éjecté du club des nice guys et retourne tout le vestiaire contre le malheureux DLo.

Magic et Pelinka main dans la main, une image que l’on ne reverra sûrement jamais.
Crédit photo : Orange County Register

Mais trêve de plaisanterie, faisons plutôt entrer les accusés et commençons par messieurs Magic Johnson et Rob Pelinka.
Le climat n’était certainement pas sain dans la Cité des Anges et les récentes déclarations de Magic à Stephen A. Smith d’ESPN l’illustrent à la perfection. Johnson a pesté contre le manque de franchise de Pelinka, qui l’aurait accusé de ne pas travailler assez. Cette interview de l’ancien président des opérations basket des Lakers a aussi permis d’éclaircir (si ce n’était pas déjà le cas) les divergences d’avis dans la ligne sportive à suivre. Magic devait disposé des pleins pouvoirs mais ces décisions aurait été remises en cause, notamment celle de limoger Luke Walton. Autant d’histoires qui ont conduit à sa démission.

Des joueurs dans le flou

D’autre part un papier de Baxter Holmes révèle l’intimidation qu’inspirait Johnson à ses employés. Pour couronner le tout, la présence intrusive de Rich Paul – l’agent de LeBron – avait de quoi rendre fou le vestiaire purple and gold. Le business prenant le pas sur l’humain, la moitié du roster s’est ainsi retrouvée dans les rumeurs du trade d’Anthony Davis. Difficile alors de se sentir concerné par le projet pour des joueurs comme Hart, Ball, Ingram voire Kuzma. Le premier cité a d’ailleurs appris son transfert… via Twitter. Rien à ajouter.

Une belle brochette d’anciens Lakers.
Crédit photo : NOLA.com

Les anciens pensionnaires du Staples Center n’ont d’ailleurs pas manqué de critiquer la communication et l’environnement nauséabond qui émanent des bureaux de l’équipe californienne.

Bien entendu, le faible développement de ces jeunes joueurs s’expliquent aussi par la loi du terrain. Le manque de résultat des Lakers a évidemment peser sur leur moral. Zubac le confirme, depuis son arrivée aux Clippers il réalise que « gagner tous ces matchs c’est vraiment cool ». La forte dose de défaite avalée par les fans angelinos est clairement imputable aux joueurs mais également au coach. Luke Walton a d’abord montré de belles choses (par période) mais la saison dernière a dévoilé ses limites à driver cette équipe. 37 petites victoires, une 10ème place à l’Ouest et un vestiaire égaré en chemin.

Même si LeBron lui a récemment trouvé des excuses (sincères ?), Walton s’est bel et bien pris le bec avec les vétérans – et accessoirement les joueurs les moins matures – du vestiaire, après une défaite contre les Warriors. Ça c’était pendant l’absence de LeBron. A ce propos, le King n’a peut-être pas su impliqué suffisamment Ingram et consort dans le jeu. Cependant, lorsque James logeait à l’infirmerie, les jeunes n’ont pas plus pesé sur le jeu. Curieux lorsque l’on connaît les rôles déterminants qu’ils occupent dans leur nouvelle franchise respective.

Les « jeunes-anciens », victime du changement de management ?

La saison dernière est donc symptomatique du manque de sérénité des jeunes draftés. Mais certains s’étaient tout de même déjà tirés avant l’arrivée de Bronbron. La venue de ce dernier a intensifié la pression médiatique entourant la franchise, mais des joueurs tels que Randle et surtout Russell (partis avant la signature de LBJ) y avaient également été exposés. Les lumières de L.A ont sans doute aveuglé DLo. La chaleur des boîtes de nuit s’est chargée de faire fondre ses ailes d’ange. Gérer sa carrière à Los Angeles, n’est pas chose aisée.

D’Angelo Russell auprès de l’homme qui l’a drafté : Mitch Kupchak.
Crédit photo : Larry Brown Sports

Autre facteur ayant touché en particulier Russell et Randle : le départ de Mitch Kupchak, désormais General Manager des Hornets. En effet, en février 2017, ce sont Magic et Pelinka qui se sont attelés à le remplacer. Kupchak avait drafté Randle et Russell. Pas Magic. Au contraire si Johnson a misé quelques temps sur Ingram, il a toujours pointé le manque de leadership de D’Angelo. La donne avait changé et les petits Lakers atterrissaient entre des mains qui ne les avaient pas choisi directement.

Dure, la vie de pépite à Los Angeles. Pour les jeunes espoirs, chaque fait, chaque geste est scruté par les milliers d’observateurs et de fans de la franchise purple and gold. La pression est alors grande, dans une équipe si mythique qui a connu la panne après le départ de Kobe Bryant (dont la tournée d’adieu n’a pas aidé à l’acclimatation des ex-Lakers). L’une des solutions reste le départ, et il faut croire que celle-ci réussie à cette classe biberon californienne. Fort heureusement, les Los Angeles Lakers ne sont pas à plaindre cette année. D’autant plus que pour sa part, Kuzma fait son trou. Peut-être le signe de la fin de la malédiction… et de potentiels grands succès futurs.

Crédit photo : NBA.com
Marius VEILLEROT

 

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