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ATP FINALS : Place à la Finale !

Avant l’ultime rencontre de cette année 2019 chez les hommes, entre l’intraitable Dominic Thiem et l’impétueux Stefanos Tsitsipás, retour sur leurs demi-finales maitrisées du bout des doigts et les atouts de chacun. Une finale inédite pour ces deux tennismans qui espèrent soulever le trophée et faire vibrer l’O2 Arena ce soir.

Messieurs du « Big Three », j’ai nommé Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer, faites donc place à la relève, le futur du tennis mondial qui compte bien glaner autant de Grand Chelem que vous. Dans le coin gauche, redoutable aussi bien sur terre battue que sur indoor, avec son revers à une main tranchant et sa maîtrise parfaite de la balle : l’Autrichien Dominic Thiem. Dans le coin droit, haut de près d’1m93, tout droit venu de Grèce pour sa première participation aux Finals et déjà une première finale décrochée sans équivoque : le brillant Stefanos Tsitsipás. Même si ces deux noms ne sont pas encore dans toutes les têtes des fans du tennis, ils vont vraisemblablement faire parler d’eux ainsi que la nouvelle génération dans les saisons à venir, pour tenter de mettre fin à la suprématie du Big Three.

Dominic Thiem, armé jusqu’aux dents !

Peut-être le moins attendu à ce stade de la compétition tant le parcours paraissait insurmontable pour le jeune homme originaire de Wiener Neustadt. A l’issue d’un cru 2019 mouvementé avec 5 titres glanès en 6 finales disputées, Thiem a brillé dans les tournois intermédiaires mais n’a pas réussi à exploiter son talent raquette en main lors des Grand Chelems. A l’exception d’un parcours sublime à Roland Garros qui lui permit d’accéder à la finale face à l’ogre Nadal, petit Thiem n’a pas encore connu son heure de gloire. Sorti prématurément aux premiers tours de Wimbledon et de l’US Open, ainsi qu’au second tour de l’Open d’Australie en janvier dernier, l’Autrichien a su décrocher sa place pour ce dernier tournoi de l’année et se hisser au cinquième rang mondial grâce à ses parcours dans les autres tournois. Qualifié pour la quatrième année consécutive aux Finals, Thiem a appris de ses erreurs et a su se donner à fond quand vinrent les matchs décisifs. En battant le recordman Roger Federer dès son entrée en lice, après trois échecs en phase de groupes les éditions précédentes, il démontra ses réelles intentions. Au deuxième match, la foudre frappa à nouveau : après Federer, ce fut au tour de Djokovic de passer à la casserole au terme d’un incroyable duel entre les deux tennismans. Grâce à ces deux victoires, Dominic arriva donc à se qualifier pour l’étape suivante (avec une défaite sans répercutions face à Matteo Berrettini en dernier match de groupe).

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Dominic Thiem. Crédit photo : indiatoday.in

En demi-finale, il avait face à lui rien de plus que le tenant du titre : Alexander Zverev, qui par sa victoire face à Daniil Medvedev lors du dernier match élimina Nadal de la compétition. S’annonçait alors un match disputé entre le 5ème mondial et le 7ème mondial. Chirurgical sur ses jeux de service avec 84% de première balle, Zverev espéra tout au long du premier set faire le break et donna du fil à retordre à Dominic sur chacun de ses retours. Mais le plus expérimenté des deux joueurs s’en sorti avec brio et profita néanmoins des maladresses de l’Allemand, avec 16 fautes directes lors de la première manche. Menant 6-5, Thiem se décida à lâcher ses coups et mit dans le pétrin Zverev qui concéda donc le set 7-5. Déboussolé, ce dernier n’était plus dans le match lorsque débuta une seconde manche. Après quelques jeux expéditifs de part et d’autre du filet, l’Allemand dut se battre de toutes ses forces pour ne pas perdre son jeu de service à 3-2. En vain. Un genou à terre, plus jamais Zverev ne revint à hauteur de Thiem (malgré deux tentatives de balles de débreak au jeu suivant). Bien plus adroit que lors du premier set, Thiem remporta le match 7-5 6-3 et décrocha brillamment et sans trembler son billet pour la finale !

Stefanos Tsitsipás, le rouleau-compresseur Grec

Lui aussi n’était pas prévu à ce niveau de technicité ! Malmené toute la saison sur le circuit, Tsitsipás a montré de belles choses mais n’a jamais réussi à concrétiser dans les moments forts. Avec seulement deux petits titres aux ATP 250 de de Marseille (France) et d’Estoril (Portugal) en début d’année, Stefanos sombra peu à peu et se mit à accumuler étrangement les mauvaises performances. Avec ses deux trophées on peut rajouter ses trois finales perdues, toutes par des membres du top 5 : d’abord Federer à Dubaï, ensuite contre Djokovic à Madrid, et dernièrement à l’ATP 500 de Pékin contre, tiens, un certain Dominic Thiem. C’est donc pour lui sa seule et dernière chance de finir la saison en beauté avec un titre majeur, en prenant pourquoi pas sa revanche sur sa chute lors de la finale pékinoise. Comme pour ses tournois gagnés, le début d’année fut sensass avec une demi-finale atteinte à l’Open d’Australie (contre Rafael Nadal). Puis survirent les échecs, la baisse de régime et les déroutes : d’abord à Roland-Garros, éliminé en ¼ face à Stan Wawrinka suite à un match d’anthologie (rappelons-le), puis comme Thiem des départs surprises aux premiers tours de Wimbledon et l’US Open.

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Stefanos Tsitsipás. Crédit photo : breakingnews.ie

Il est donc l’heure de se racheter pour la montagne grecque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les actes ont parlé d’eux-mêmes lors de cette 50èmeédition des Finals. Tombeur en deux sets de Daniil Medvedev au premier match, Stefanos réédite cette performance deux jours plus tard face à un Zverev perdu, au plus bas de son art. Facilement qualifié pour les demi-finales, il affronta en dernier match de poules l’Espagnol Nadal et s’inclina après lui avoir posé grandement problème (en perdant 1-2). Cette défaite vite oubliée, voilà que Tsitsipás jouait ses premières finales ATP et il ne trouvait plus qu’à une seule victoire de la finale tant espérée. Face à lui se dressa Roger, affaibli physiquement en cette fin d’année mais grand vainqueur du choc pour décrocher sa place en demie contre le Serbe Djokovic. Le Suisse doit tout de même se méfier car Tsitsipás, bien que peut en réussite cette année, finit l’année sur les chapeaux de roues et l’avait battu 10 mois auparavant, en l’emportant après 4 sets acharnés en 1/8èmede finale de l’Open d’Australie (6-7, 7-6, 7-5, 7-6). Mis à mal d’entrée, Roger fut cogné dès le premier round par le Grec avec un break lâché à 2-0 en faveur du plus jeune sur le court. Incapable d’abord de répondre sur le service de Stefanos, pas assez percutant, pas assez tranchant comme en finale de Wimbledon cette année face à Djokovic, Roger n’avait pas les armes pour répondre. Il ne parvint pas à saisir sa chance et pire que ça, il sauva six balles de match avant que la septième ne lui soit fatale. Semblant imbattable hier soir, le jeune Grec était bel et bien sur le toit du monde. D’un sang-froid digne des plus grands champions de l’ère ATP, il sauva pas moins de 11 balles de break sur l’ensemble de la rencontre et s’adjugea une nouvelle victoire cette année face au maître de la discipline : 6-3, 6-4.

Un réel favori ?

Les pronostics affichés donnent aussi bien Thiem gagnant que Tsitsipás vainqueur sa première participation. En effet, cela parait tout à fait normal tant le parcours et la saison 2019 des joueurs fut ressemblante en plusieurs points. On peut aussi bien donner l’avantage de l’expérience à Dominic Thiem que l’on peut donner la fougue et la détermination du Grec à décrocher la victoire ce soir. Sur leurs confrontations directes toutes saisons ATP confondues, l’Autrichien mène la danse à 4-2 d’autant qu’il a vaincu Stefanos en finale du tournoi de Pékin fin septembre. Après trois participations avortées au stade des phases de groupes, Dominic Thiem est donc perçu comme le futur vainqueur de cette édition 2019 des ATP Finals, mais tout comme Federer et les autres avant lui il ne doit surtout pas sous-estimer les ambitions de son adversaire…

Crédit photo : tennis.com
Adrien Fedeli

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