Football Ligue 1

L’histoire d’un Olympico

Laissez-moi vous conter une histoire. Celle-ci prend place dans la noble bourgade de Marseille, le 10 novembre et plus précisément au coup des 21 heures sonnantes. Ce jour, un événement agite la ville et concentre l’attention : c’est l’Olympico. Ce n’est donc pas un dimanche comme les autres qui se profile et Phocéens comme supporters lyonnais auront les yeux rivés sur le stade Vélodrome.

Préambule d’un affrontement sous tension

Commençons, si vous le voulez bien, par remonter quelques jours avant les événements. En effet, entre les deux Olympiques la tension est montée dès vendredi, par le biais des déclarations de Dimitri Payet en conférence de presse. Ce dernier est revenu sur le passage de Rudi Garcia à l’OM et la fin douloureuse de cette collaboration. Si le nouveau coach lyonnais n’a pas souhaité répondre à son ancien joueur, la mèche était bel et bien allumée et le duel Payet-Garcia lancé. L’Olympique Lyonnais restait sur trois victoires de rang avant ce match, dont un important succès en Ligue des Champions face à Benfica. Malgré cette bonne série et le semblant d’un regain de confiance dans les rangs rhodaniens, il faudra composer avec l’absence de Memphis, homme fort du moment, et la suspension de Lucas Tousart. Du côté marseillais, pas de Coupe d’Europe cette semaine, mais une belle victoire le week-end dernier face à Lille. Une suspension également pour eux, celle de Sakaï, et l’absence de Florian Thauvin, toujours blessé.

Après cette brève introduction, avançons jusqu’au jour tant attendu, celui du match. Symbole de la tension entourant la rencontre, les autorités avaient préconisé aux Lyonnais de se rendre au Vélodrome dans un bus banalisé afin de minimiser les risques de débordements. Jean-Michel Aulas a refusé cette proposition et c’est bien dans un bus aux couleurs du club que l’OL s’est déplacé jusqu’à l’enceinte marseillaise. Cela n’a pas manqué, le cortège des visiteurs a été caillassé, attirant les foudres du président à la fin de la rencontre. Autour du stade, l’ambiance est déjà absolument électrique, prémices d’un public en feu tout au long de la rencontre.

Payet, homme de lumière dans une arène en fusion

Ça y est, la partie est sur le point d’être lancée. Les supporters marseillais nous gratifient d’un superbe tifo pour les 120 ans du club et entretiennent une ambiance ardente en tribune. Il est désormais 21h et on ne tient plus, Monsieur Gautier siffle enfin le coup d’envoi de cet Olympico ! La première occasion est lyonnaise, par l’intermédiaire de Maxwell Cornet, mais Mandanda repousse la charge. À la treizième minute, un surprenant fait de jeu va avoir lieu. Sur un corner marseillais, Thiago Mendes récupère le ballon, et d’un réflexe malheureux, touche le cuir de la main alors qu’il est seul en pleine surface. Il y a méprise mon cher Thiago, il est 21h13 et la rencontre entre les Denver Nuggets et les Minnesota Timberwolves ne commence que dans deux minutes et sur un autre canal. Penalty pour l’OM donc, et après de longues minutes de flottement autour de la VAR et d’une altercation entre Dubois et Benedetto, c’est Dimitri Payet qui va enfin pouvoir défier Lopes. Le numéro 10 phocéen ne va pas trembler, sa frappe est imparable, 1-0 pour Marseille. Les hommes d’André Villas-Boas semblent au-dessus dans ce premier acte et les Lyonnais incapables de répondre à l’ouverture du score. Le tableau d’affichage indique alors la 39ème minute, moment que choisi Payet pour illuminer une nouvelle fois la rencontre. Celui-ci récupère le ballon dans son camp, oriente le jeu d’un sublime extérieur du pied vers Maxime Lopez, lequel va lui rendre la balle aux abords de la surface. L’enchaînement du meneur de jeu est alors parfait, il se met en position de frappe et décoche, sa tentative termine sa course dans le petit filet d’un Anthony Lopes vaincu pour la seconde fois ce soir. Les acteurs rentrent alors aux vestiaires, l’Olympique de Marseille mène 2 buts à 0 et le Vélodrome est en fusion.

La seconde mi-temps va alors débuter et Rudi Garcia change ses plans. Jean Lucas remplace Jeff Reine-Adelaïde afin de libérer Aouar, coincé dans un double pivot avec Thiago Mendes qui ne lui sied pas. Les visiteurs vont mieux qu’en première période, le numéro 8 lyonnais monte en régime et touche davantage de ballons. Mais à la 53ème minute, le capitaine du soir pénètre la surface adverse et reste au sol. Houssem se blesse, mon cœur se brise. Les fumigènes troublent la clarté de la pelouse verte et le jeu tarde à reprendre. Rayan Cherki, la toute jeune pépite du centre de formation des Gones prend la place du blessé lyonnais et la partie reprend. Alors que le brouillard ne s’est pas encore totalement dissipé, Moussa Dembélé reprend victorieusement un centre de Bertrand Traoré et réduit l’écart. Lyon revient dans le match et quelques instants plus tard, Álvaro González écope d’un carton rouge pour une faute en tant que dernier défenseur sur le buteur lyonnais. Une biscotte à la fraise pour l’OM et l’espoir renaît pour de bon à Lyon. Cependant, en dépit de leur supériorité numérique les lyonnais sont à la peine et ne se procurent pas d’occasion. L’ultime frisson interviendra à la 90ème par l’intermédiaire de Martin Terrier, entré en jeu plus tôt dans la rencontre, à la place de Bertrand Traoré. La reprise de l’ancien lillois rase le poteau de Steve Mandanda et le public peut à nouveau respirer. Au terme d’un temps additionnel interminable, les Lyonnais ne parviennent pas à recoller au score et le peuple marseillais peut exulter, première victoire en Ligue 1 depuis plus de cinq années face à l’OL.

Crédit image : liberation.fr

Des guerriers marseillais face à des Lyonnais apathiques

On ne peut que saluer la performance de soldats phocéens sur-motivés, dans une ambiance exceptionnelle. Une première période à sens unique et un second acte bien négocié malgré un but encaissé rapidement et un carton rouge peu après l’heure de jeu. Marseille peut profiter de sa deuxième place au classement après cette prestation collective encourageante pour la suite, porté par un Dimitri Payet brillant, bourreau de Lyonnais apathiques.

Pour ces derniers, en revanche, le constat est bien plus inquiétant. Les choix de Rudi Garcia ont été infructueux et son 4-2-3-1 composé d’Aouar et Thiago Mendes devant la défense n’a pas fonctionné. L’équipe a trop souvent été coupée en deux et l’absence de Tousart a pesé lourd dans l’équilibre du schéma proposé par l’entraîneur lyonnais. Le repositionnement d’Houssem Aouar après la pause a libéré le jeune lyonnais mais sa blessure a brisé son élan. De la même façon, les inspirations de Memphis ont cruellement manqué à un OL sans idée, sans envie et faible techniquement. La défense a trop souvent été en difficulté et n’a jamais su se relancer correctement. Seul aspect à retenir pour le club du Rhône ce soir, l’entrée de Rayan Cherki. L’attaquant de 16 ans est impressionnant de facilité technique et ne semble pas affecté par la pression. Son potentiel fascine et Lyon tient sans doute un joyaux rare entre ses mains. Malheureusement, il a semblé trop seul et ses quelques prises de balles n’ont pas suffi à relancer les lyonnais.

Marseille existe enfin dans les gros matchs, après deux victoires de rang face au LOSC et l’OL. Le nouveau dauphin du Paris Saint-Germain devra confirmer et prolonger cette bonne série après la trêve internationale, André Villas-Boas et ses hommes se déplaceront à Toulouse. Quant à l’Olympique Lyonnais, tout l’enjeu sera de se relancer après cette défaite qui précipite le club à la 14ème place du championnat. Leur prochaine échéance sera face à Nice, au Groupama Stadium le 23 novembre prochain.

Crédits photos : fr.sports.yahoo.com ; @OM_Officiel
Axel DAILLET

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :