Cyclisme

Guido Possetto : « Amener ces jeunes au plus haut niveau »

Fondée en 2014, la structure espoirs de l’Union Cycliste Monaco accompagne des jeunes cyclistes du Monde entier dans leur rêve d’accéder au haut niveau, en s’entraînant sur la Côte d’Azur et en participant aux plus grandes courses U23. Le directeur sportif de cette formation, Guido Possetto, a accepté de répondre à nos questions. 

Lancé il y a 5 ans, quel est l’objectif de l’équipe espoirs de l’UC Monaco ?

Notre but est de former des jeunes cyclistes qui viennent d’horizons différents. On souhaite les amener au plus haut niveau. C’est un travail difficile et long. Ces jeunes viennent pour la plupart de structures ou de fédérations peu structurées. Notre travail ressemble en quelque sorte à ce qui se fait au Centre Mondial du Cyclisme, en Suisse.

La saison 2019 vient de se clore, il est donc l’heure de tirer le bilan. Est-ce que la saison 2019 fut un succès pour l’UC Monaco ?

Notre saison 2019 fut marquée par notre participation au Tour de l’Espoir, au Cameroun. C’était une grande première pour nous de participer à une manche de la Coupe des Nations en Afrique. Représenter l’Europe sur ce genre de course est une reconnaissance de la part de l’UCI (Union Cycliste International) du travail que l’on fait depuis quelques temps maintenant. Nous sommes très fiers d’y avoir participé et d’y avoir récolté des performances remarquables. C’est ce genre de course qui nous apporte cette expérience sportive mais aussi humaine que nous recherchons.  Néanmoins, cette course, placée très tôt dans le calendrier, a décalé nos objectifs de la saison et il a été indispensable de lancer la préparation hivernale plus tôt.  Durant toute la saison, nous avons encore eu la chance de participer aux plus grandes courses U23 en France, Espagne ou encore en Italie.

L’UC Monaco permet à des jeunes du monde entier de s’entraîner sur la Côte d’Azur.

Tout au long de la saison, vos coureurs ont adopté une stratégie offensive, prenant part régulièrement aux échappés. Est-ce que cette stratégie offensive est quelque part votre marque de fabrique ?

Notre philosophie depuis quelques saisons est de ne pas mettre de pression sur les coureurs. Ils sont là pour apprendre à courir et à avoir un niveau tactique et physique à la hauteur. Prendre part aux échappés est le seul moyen d’être présent, d’être acteur de la course. Les résultats sont la conséquence de tout cela, et on sait qu’ils vont arriver tôt ou tard. Le plus important reste d’être acteur de la course et de montrer le maillot.

Votre saison a aussi été marquée par la déception de la Ronde de l’Isard. Alors que vos coureurs l’avaient très bien préparée, ils n’ont pas su être présents. Comment l’expliquez-vous ?

La préparation hivernale décalée, nos coureurs ont sûrement été en forme trop tôt cette saison. Néanmoins, nous avons su rebondir après la Ronde de l’Isard, ce qui nous a permis de réaliser une très belle fin de saison. De cela, nous en avons tiré des leçons.

Et comment remobiliser des jeunes coureurs après cela ?

Ce fut assez simple car les premiers déçus ce sont eux. On savait que ce qu’on avait proposé ne correspondait pas à notre niveau réel. On n’a pas baissé les bras et on est reparti de l’avant.

Vos coureurs viennent du Monde entier (France, Portugal, Ukraine, Irlande, Equateur). Selon vous, est-ce une contrainte ou un avantage ?

Les deux. Chaque saison, on renouvelle notre effectif et il faut trouver les bons coureurs, ceux qui ont une bonne motivation et une mentalité correcte. Le plus difficile pour eux est le changement. Ils changent d’horizon, ils débarquent sur un nouveau continent, c’est à nous de les aider dans ce cas. Mais ils viennent avec cette envie d’apprendre et c’est très certainement le plus important.

Certains suivent encore une formation scolaire. Cet aspect là est important pour vous ?

En effet, nous sommes ouverts pour que nos coureurs continuent de suivre leurs études. On aménage leurs calendriers, leurs entraînements etc… Le vélo ça peut marcher mais pas toujours et c’est important qu’ils aient une roue de secours.

Les fils d’Alexandre Vinokourov sont dans l’équipe Juniors de l’UC Monaco. Est-ce que leur père vous conseille ? 

En effet, notre équipe Juniors est en collaboration avec Astana. On essaie de les encadrer à un bon niveau et cela semble porter ses fruits, ce fut une bonne année pour les Juniors. Nous avons beaucoup d’échange entre nous et on essaie d’apprendre l’un de l’autre. Il ne connaît pas trop les spécificités des catégories Juniors et nous ne connaissons pas trop les rouages du monde professionnel.

Quelles sont vos ambitions pour la saison prochaine ? 

Nous sommes en train de finaliser notre effectif, le calendrier et les objectifs pour la saison 2020. On souhaite être de nouveau présent sur les plus grandes courses U23. On a aussi des ambitions avec quelques coureurs. On veut les aider à signer leur premier contrat professionnel. Chaque année, notre travail est de les aider à réussir à entrer dans le monde professionnel.

Crédits photos : UC Monaco, Ivan Blanco Vilar
Matthieu HEYMAN

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