Cyclisme

Le rouleau compresseur nommé Deceuninck-Quick Step

Alors que la saison cycliste 2019 touche à sa fin, il est l’heure de tirer le bilan ! Avec ses 67 victoires au compteur, la Deceuninck-Quick Step est dans la lignée de la saison précédente (73 victoires) et termine logiquement en tête du classement mondial des équipes UCI World Tour pour la seconde fois consécutive. La fougue de Julian Alaphilippe, la puissance d’Elia Viviani ou encore la jeunesse de Remco Evenepoel ont porté l’équipe belge durant toute la saison, totalisant à eux trois plus de 40% des succès de l’équipe belge.

Une polyvalence à toute épreuve

L’incroyable saison de l’équipe dirigée par Patrick Lefevere n’a rien d’étonnant au vue de la diversité et de la qualité des coureurs qui composent cet effectif. Arrivé en 2018, le sprinteur Elia Viviani s’est très vite imposé au sein du groupe avec 29 victoires en deux saisons (11 cette année). En 2019, il remporte le championnat d’Europe sur route à Alkmaar au Pays-Bas et lève également les bras lors de la 4ème étape du Tour de France. L’Italien a cependant décidé de relever un nouveau défi en s’engageant chez l’équipe française Cofidis. La Deceuninck-Quick Step pourrait s’en mordre les doigts.

A 37 ans, Phillipe Gilbert rentre peu à peu dans la légende du cyclisme belge. En reportant Paris-Roubaix, il devient le seul coureur en activité à avoir remporté quatre Monuments différents : le Tour des Flandres, Liège-Bastonne-Liège, le Tour de Lombardie et Paris Roubaix donc. Si le rouleur de la Deceuninck-Quick Step est un amateur de classique, (vainqueur de la Flèche Wallonne également) il est aussi friand des étapes de Grand Tour à l’image de celles de la Vuelta : sept victoires dont deux remportées cette année. Capable de s’imposer en solitaire sur des profils vallonnés, Philippe Gilbert était un véritable atout pour son équipe. En effet, ce dernier a décidé de rejoindre son ancienne équipe la Lotto Soudal, qui l’a vu exploser entre 2010 et 2011. « Quand j’ai appris que je ne pouvais prolonger avec mon équipe actuelle que pour une seule saison, c’était clair pour moi que je voulais changer. Le projet le plus clair était celui de Lotto Soudal. »

Quand l’asphalte s’élève, vous pouvez compter sur le jeune espagnol Enric Mas Nicolau. Dès sa deuxième année chez les pros en 2018, le Marjorquin signe une magnifique seconde place au classement général de la Vuelta, remportant par la même occasion la distinction du meilleur jeune. En 2019, le grimpeur de la DQS découvre pour la première fois le Tour de France et termine troisième meilleur jeune de la Grande Boucle. Il finit sa saison en beauté en remportant le Tour du Guangxi devant le Colombien Daniel Martínez. En fin de contrat avec la DQS, il a signé trois ans à la Movistar.

Kasper Asgreen lui, va vite devenir un élément incontournable de cette équipe. Du haut de ses 24 ans, il signe pro chez la Deceuninck Quick Step en début de saison dernière. Sa polyvalence lui a permis dès sa première course chez une équipe World Tour, de décrocher une belle 5ème place au contre-la-montre individuel du Tour de Provence. Le Danois va peu à peu s’affirmer dans cette discipline avec un top 15 lors de la Course des deux mers (Tirreno Adriatico), puis une 5ème et 2ème place au Tour de Suisse avant de s’imposer dans son pays natal pendant les championnats nationaux du Danemark. Une 8ème place au contre-la-montre individuel de Pau durant le Tour de France et une sublime 2ème place lors des championnats d’Europe le propulse au rang de véritable technicien de cette catégorie.

Julian Alaphilippe : une saison époustouflante

Cela faisait cinq ans que la Grande Boucle n’avait pas connu de maillot jaune français depuis Tony Gallopin en 2014. Julian Alaphilippe, (deuxième meilleur coureur du monde sur route à l’issue de la saison 2019) y a remédié de la plus belle des manières en cumulant 14 journées à la tête du classement général. Il décroche tout d’abord la tunique jaune après sa formidable victoire en solitaire lors de l’arrivée en côte à Épernay. Ensuite, la fameuse Planche des Belles Filles et ses 20% lui font perdre son maillot pour 6 petites secondes. Ce n’est que partie remise pour le natif de Saint-Amand-Montrond. Deux jours plus tard, le puncheur de l’équipe belge termine 3ème lors de l’étape entre Mâcon et Saint-Étienne derrière un certain Thibault Pinot et récupère le précieux paletot doré. Après deux semaines d’efforts intenses, il craquera dans les Alpes après avoir notamment remporté le contre-la-montre individuel de Pau devant le spécialiste Geraint Thomas, lors de la 13ème étape.

Si Julian Alaphilippe a réalisé un Tour de France exceptionnel, c’est aussi parce qu’il avait fait le plein de confiance lors des Classiques. Le numéro 1 mondial à l’époque n’a fait qu’une bouchée de la Flèche Wallonne, de la Strade Bianche et des 291 km de la Milan-San Remo. A noter également un maillot à poids lors du Critérium du Dauphiné et une 4ème place à l’Amstel Gold Race. Une saison pleine avec 12 victoires au total que « Loulou » n’est pas prêt d’oublier

La révélation : Remco Evenepoel

Cette saison, Remco Evenepoel est sans aucun doute la révélation du cyclisme mondial. Il est au cyclisme belge ce que Mbappé est au football français : une véritable pépite. Après avoir pratiqué le football à un haut niveau (il a notamment joué chez les jeunes au PSV Eindhoven et à Anderlecht), ce dernier se tourne finalement vers la petite reine. A tout juste 18 ans, le champion du monde junior s’engage avec la WT Deceuninck Quick Step. Remco Evenepoel, plus jeune coureur en activité, participe à sa première course UCI WT lors de la Clásica San Sebastián, qu’il remporte à la surprise générale. Il distance son compatriote belge Greg Van Avermaet de près de 40 secondes ! Il devient alors le 3ème plus jeune coureur victorieux chez les pros. Le nouveau prodige du cyclisme belge enchaîne cinq jours plus tard en remportant le contre-la-montre individuel du championnat d’Europe. Autant dire qu’il s’agit d’une première saison professionnelle plutôt réussie pour le natif d’Aalst !

En 2019, la Deceuninck Quick Step c’est :

  • 1ère équipe World Tour
  • 67 victoires
  • 2 Monuments (Paris-Roubaix, Milan-San Remo)
  • 8 étapes de Grand Tour
Crédit : Deceuninck Quick Step
Adrien LEROUX

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :