Football Ligue 1

Classico : Un PSG des grands soirs fait sombrer l’OM

Au Parc des Princes, le match a rapidement tourné à la correction pour les Marseillais (4-0). Impressionnant de facilité et de justesse technique, le PSG a donné une leçon de football à un OM joueur mais suicidaire qui est clairement limité et en manque de créativité. Les Olympistes ont décidé de revenir sur ce match révélateur de la limite atteignable par ces deux équipes.

Un match dominé haut la main

Même si l’OM se savait inférieur, André Villas-Boas n’a pas changé sa philosophie de jeu et a reconduit son 4-3-3 composé d’un milieu Strootman – Lopez – Rongier, joueurs censés trouver des décalages dans la défense parisienne et récupérer des ballons hauts. Les premières minutes sont prometteuses puisque c’est Valère Germain qui frappe en premier sur un centre en retrait venu d’un beau mouvement collectif. Mais la vision de jeu de Marco Verratti au milieu de terrain et la complémentarité du trio d’attaque parisien Mbappé – Icardi – Di Maria a fait mal à l’OM. A la 10ème minute de jeu, Angel Di Maria fait la différence sur le côté droit et centre pour Mauro Icardi qui devance Boubakar Kamara et fusille Steve Mandanda en deux temps (1-0).

Premier but et première erreur marseillaise. Elle est à mettre au compte de Kamara qui ne tient pas le marquage sur le buteur argentin. Il s’est défendu de cette erreur en annonçant qu’il a entendu un « laisse » venant de derrière lui. Ruse de Mauro Icardi ou faute de concentration, l’OM est quand même mené 1-0. Un quart d’heure plus tard, l’OM se fait de nouveau punir. En effectuant un pressing haut et une relance propre de derrière, les bleus et blancs voient rouge sur une récupération de balle de Marco Verratti, seul aux 35 mètres, qui lance parfaitement en profondeur Mauro Icardi qui devance le portier marseillais de la tête (2-0).

On en oublierait presque son duel raté peu avant à la suite d’une magnifique talonnade de Kylian Mbappé. La démonstration ne fait que commencer puisque peu après la demi-heure de jeu, l’Italien se retrouve une nouvelle fois délaissé aux 35 mètres par le milieu marseillais parti au pressing trop haut. Il fait parler sa qualité de pied pour trouver une fabuleuse ouverture en profondeur en une touche de balle pour Di Maria qui joue collectif pour Mbappé (3-0).

Et pourtant, l’OM n’abdique pas et trouve quelques rares solutions collectives mais échoue dans le dernier geste, que ce soit offensivement ou défensivement comme le montre cette statistique : 4 buts pour 13 tirs dont 8 cadrés contre 0 but pour 11 tirs dont seulement 2 cadrés. Peu avant la mi-temps, le PSG éclaire une nouvelle fois la pelouse avec une action modèle. En difficulté face à la pression adverse, le gardien et l’arrière-garde parisienne font preuve d’une sérénité déconcertante pour trouver Verratti (encore lui) qui illumine le stade avec une passe géniale dans l’intervalle pour Di Maria. L’Argentin envoie en profondeur la fusée Mbappé lancée à la vitesse de la lumière qui s’en va éteindre Mandanda du pied droit (4-0).

Dernier éclair de génie, le rideau se ferme sur cette première mi-temps. Le 2ème acte est bien plus terne puisque le coach parisien fait tourner son effectif et son équipe réduit l’intensité. Les Marseillais, avec un Dimitri Payet remuant, un Dario Benedetto intéressant en décrochage et un Mandanda qui évite le 7-0, ont d’ailleurs cadré plus de frappes que leurs adversaires. Si certains auraient voulu voir un PSG avec autant d’engagement en seconde période qu’en première, ils peuvent être déçus des choix de Tuchel qui a préféré faire tourner son effectif. Les Marseillais, quant à eux, n’ont jamais vu la lumière et le passage en 4-4-2 pour avoir deux milieux défensifs et plus de pression sur la défense n’a pas changé le cours du match.

Des lacunes marseillaises…

L’OM n’a livré qu’une performance moyenne et non pas mauvaise : les Marseillais ont été corrects balle au pied mais n’ont pas marqué et ils ont été humiliés à cause d’une tactique qui leur a joué des tours. Par moment, on a senti qu’ils pouvaient sortir la tête de l’eau mais ont finalement sombré pour de bon.  Il y avait, dans l’approche du match, de bonnes intentions mais la qualité intrinsèque des joueurs n’a pas permis d’inquiéter le PSG. C’est donc un échec collectif avec des erreurs individuelles.

André Villas-Boas a normalement dû regarder le match de Ligue des champions entre Paris et Bruges. Comment se fait-il qu’il n’ait pas constaté que cette équipe possède une facilité déconcertante pour trouver des espaces et se défaire du marquage ? En pressant si haut, l’OM a libéré des espaces dans le dos de la défense et même des milieux qui ont été fatals. L’insuffisance d’impact physique proposé par les Marseillais a permis aux Parisiens d’avoir encore plus de temps pour distribuer de superbes passes. Les milieux ont en plus passé la plupart du temps à compenser le manque d’agressivité des attaquants. L’OM s’est sabordé en essayant d’aller chercher les Parisiens dans leur partie de terrain. Il faut savoir gagner la bataille du milieu quand deux 4-3-3 s’affrontent, ce que les Olympiens n’ont jamais su faire.

L’alignement défensif a également laissé à désirer. Face à la vivacité de Di Maria et Mbappé, les erreurs, en plus récurrentes de la part de la défense marseillaise (Bouna Sarr, Duje Ćaleta-Car), se payent chèr. Le coach olympien a pourtant fait travailler son équipe sur le hors-jeu cette semaine mais les efforts consentis ne se sont pas retranscris sur le terrain. Le 2ème et le 3ème but illustrent bien ces erreurs individuelles qui participent à l’échec tactique collectif, sans oublier l’errement de Boubakar Kamara sur le 1er but.

… aux prouesses parisiennes

92% de passes réussies, 7 tirs cadrés et des performances individuelles de grande classe au service du collectif, la 1ère mi-temps de Mbappé et ses coéquipiers est à revisionner. Le sort du Classico dépend fortement du PSG depuis quelques années mais cette année, les Olympiens n’ont strictement rien pu faire. Solide et surtout très technique pour ressortir les ballons, la défense parisienne a autant brillé que l’attaque. Le 4ème but montre à quel point l’écart est important entre les deux équipes. Contrôle en porte-manteau de Keylor Navas puis dribble de Presnel Kimpembe dans sa surface pour trouver Marco Verratti au milieu qui trouve Di Maria dans l’intervalle car le milieu marseillais est déjà dépassé. A la conclusion, Mbappé n’a pas besoin de forcer ses capacités de vitesse et de finition pour finir le travail en profitant des largesses défensives adverses.

Au niveau des performances individuelles, l’Italien Marco Verratti a réduit à lui tout seul au néant le milieu marseillais, il a encore une fois fait part de sa vision de jeu et de sa vista, que ce soit avec le ballon ou sans. Toujours bien placé, il a en plus été parfait techniquement avec plus de 90% de passes réussies dont une décisive. Il est aussi à l’initiative des 4 buts de son équipe. Angel Di Maria a encore une fois été décisif dans les matchs importants. Il a délivré 3 passes décisives grâce à des différences individuelles notables comme le crochet sur Hiroki Sakai ou le magnifique extérieur du pied pour son compatriote d’attaque français sur le quatrième but.

En plus, ce match est encore plus une humiliation parce que les joueurs parisiens ne donnent pas l’impression d’avoir eu à sortir de leur zone de confort pour vaincre les Marseillais. En première mi-temps, ils donnent une leçon tactique et technique, la preuve, les Parisiens ont couru beaucoup moins mais ont donné l’impression d’être partout. En deuxième mi-temps, ils se contentent de peu mais ne sont jamais inquiétés. Bref, le PSG a surclassé l’OM et on se demande quand est-ce que la roue tournera…

Crédits photos : L’Internaute
Jules Bourgat

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