Basket-ball NBA

Kevin Porter Jr. : faire cavalier seul ?

Les Olympistes continuent leur sélection de rookie pour la saison 2019-2020. Cette fois-ci, on parle de Kevin Porter Jr., pick 30 de la dernière Draft NBA, un combo-guard athlétique plein de talent qui attire aussi bien l’attention sur, qu’en dehors des parquets. Personnalité complexe mais attachante, le rookie des Cavs tient à montrer qu’il peut s’imposer dans la Grande Ligue et qu’il n’a peur de rien. Futur steal de cette draft ?

With the 30th pick in the 2019 NBA Draft, the Milwaukee Bucks select…

… Kevin Porter JR ! Annoncé en début de saison dernière comme potentiel lottery pick, la côte de l’ancien freshman des Trojans d’USC a chuté après une année riche en émotion. En effet, le natif de Seattle défraie la chronique pour ses frasques hors du terrain, il est suspendu par sa propre fac pour mauvais comportement et traîne derrière lui une réputation de joueur difficilement contrôlable. Il ne jouera que 21 matchs en 2018-2019 pour des moyennes de 22.1 minutes, 9.5 points, 4 rebonds et 1.4 passes par match. Des stats bien insuffisantes pour convaincre les franchises de miser sur le joueur et oublier les doutes gravitants autour de lui. C’est ainsi que les Bucks sélectionnent ce bon Kevin en toute fin de premier tour, il sera envoyé dans la foulée à Detroit, en compagnie de Tony Snell et en échange de Jon Leuer. Malgré cela, le talent du gamin a tapé dans l’oeil des Cavs qui vont offrir aux Pistons du cash et 4 seconds tour de Draft pour s’attacher ses services. Et on peut comprendre nos amis de l’Ohio, le garçon a du potentiel et ne manque pas de la rappeler !

Du talent plein les mains

Né le 4 mai 2000, Kevin Porter Jr. n’a que 19 ans mais a déjà un bon bagage physique : 1m96, 98kg, 206cm d’envergure. Le gaucher est un arrière/ailier athlétique qui sait se servir de sa vitesse et n’a aucun mal à se créer des shoots par lui même. Ses capacités de dribble et d’explosivité font de lui un attaquant redoutable. Il affichait l’an passé des moyennes de 47.1% au tir et 41.2% derrière l’arc. Sa polyvalence et son profil physique lui permettent, comme il le confiait lui même à The Athletic, de « jouer aux postes 1, 2 et 3, et de défendre sur les postes 1, 2 et 3″.  Son évolution pourrait faire de lui un défenseur affûté. Ah oui, et surtout, quel flow incroyable, le genre de mec avec qui on a envie d’être pote.

Néanmoins, le jeune arrière reste un talent brut et, outre son comportement tumultueux, plusieurs aspects de son jeu doivent être améliorés. Kevin a faim de ballon mais peut-être un peu trop, car on peut dire qu’il croque sacrément. L’année passée, il perdait en moyenne plus de ballons qu’il ne distribuait d’assists. Son QI basket reste à développer et on constate aussi chez lui une grosse faiblesse au lancers francs, il ne tournait qu’à 52.2% la saison dernière. John Beilein, nouveau coach des Cavaliers, aura fort à faire mais il a l’habitude des jeunes – plus de 30 années en NCAA – et nul doute qu’il saura prendre son temps avec KPJ.  À Cleveland, les jeunes auront l’occasion de s’exprimer, entourés par des cadres, notamment Kevin Love, et cet environnement pourrait profiter au rookie à condition qu’il reste focus sur le terrain.

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Crédit image : fearthesword.com

Une revanche à prendre sur la vie

Le parcours de Kevin Porter Jr. est marqué par un événement tragique que n’oubliera jamais le joueur. Alors qu’il n’a que 4 ans, son père est assassiné après une dispute dans un bar. Une douleur que nul remède ne peut apaiser et un numéro 4 porté en hommage à un père parti trop tôt mais qui lui aura malgré tout offert l’amour du sport, et en particulier celui de la balle orange. Cette épreuve a forgé le mental de Kevin Porter Jr. et illustre chez lui une force de caractère dingue. Peur de rien, confiance en soi, le neo-cavalier n’est pas du genre à baisser les bras et n’hésite pas à monter en selle. Toujours interrogé par The Athletic, le rookie estime que si il était considéré comme un futur top 5 de la Draft avant la saison passée, il a « toujours le sentiment d’en faire partie ».

Alors, et si c’était lui le steal de cette cuvée de rookie 2019 ? Le talent, sans aucun doute, est bien là. C’est dans sa capacité à faire preuve de moins d’individualisme, que ce soit sur le terrain avec ses partenaires ou en dehors avec son comportement impulsif, que la réussite de Kevin Porter Jr. dépendra. C’est un joyau brut que les Cavs ont entre leurs mains et John Beilein aura pour tâche de polir celui-ci.

On ne peut finir qu’en te souhaitant une superbe saison Kevin, et il y a fort à parier que, de là-haut, une bonne étoile t’accompagne et est très fière de toi.

Crédit image : latimes.com
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